29-02-2008
Bonjour Monsieur,
Nous vous remercions pour votre question qui témoigne de votre souhait de trouver des solutions à votre problème de violence.
Jusque-là, vous aviez le sentiment d’avoir toujours pu gérer votre agressivité et votre nervosité par des comportements de mutilation ou en frappant contre différents objets. Aujourd’hui, vous dites être passé de la violence physique retournée contre vous à la violence verbale contre votre petite fille. Vous vous montrez plus souvent colérique et avez plus de difficultés à maîtriser vos émotions, notamment votre colère. Vous constatez que votre fille, encore une enfant, est exposée à vos comportements de violence. Au travers de votre témoignage, nous comprenons que si elle était jusque-là en sécurité auprès de vous, elle l’est moins aujourd’hui. Votre relation avec elle semble s’être dégradée : vous lui lancez parfois des paroles dures pour « ses jeunes oreilles » lorsqu’elle vous répond, et, une fois, vous lui avez tapé sur les doigts alors qu’elle s’était blessée et pleurait. Vous vous sentez de plus en plus inquiet à l’idée de faire du mal à vos proches.
Envers votre femme, vous dites n’avoir jamais eu de comportements violents. De plus, vous la considérez comme une ressource lors de vos propres interactions avec votre fille car sa présence vous permet de vous « contrôler » et vous êtes ainsi rassuré. En même temps, nous ne savons pas si les mutilations et violences que vous vous êtes infligées jusqu’à récemment sont connues de votre épouse, si elle en a été la témoin. Si tel est le cas, cela a certainement eu un impact sur elle. Cela peut être perçu comme très violent et intimidant. Dans tous les cas, vous craignez que votre violence à l’égard de votre fille vous éloigne des êtres que vous aimez.
Aujourd’hui, votre demande est de pouvoir mettre un terme à ces comportements de violence et obtenir une aide pour traiter ce problème. Vous dites exercer une profession publique et craindre des représailles si votre problème devrait être divulgué. Cette dimension et l’aspect financier semblent vous avoir retenu jusqu’ici à entreprendre une démarche de changement.
Selon votre description, votre question ne relève pas directement d’un problème de violence conjugale, domaine spécialisé du site violencequefaire.ch. Pour cette raison, nous ne pouvons répondre de manière complète à votre demande. Il nous est possible par contre de vous faire part de quelques pistes afin de vous orienter.
Votre préoccupation démontre une prise de conscience du caractère violent de votre agressivité à l’égard de votre fille. Vous avez déjà porté une réflexion autour du thème de la violence et du
processus ascendant qu’elle peut prendre. Dans votre cas, c’est votre fille qui en est la victime directe actuellement. La violence n’est en aucun cas justifiable et acceptable et vous avez franchi la première étape en nous écrivant pour stopper l’engrenage : celle d’en parler. En tant qu’adulte et que parent, vous avez la responsabilité de la protéger. Nous vous invitons vivement à vous engager dans une démarche. Pour cela, vous avez besoin de soutien. En effet, il est important que vous puissiez reprendre du pouvoir sur vos émotions et vous interroger sur vos limites pour améliorer la relation avec votre fille et permettre que la relation avec votre femme ne se détériore pas.
En ce qui concerne votre souci de la confidentialité, nous vous rappelons qu’il est du devoir de tout intervenant-e, dans n’importe quel service ou association, de respecter le devoir de discrétion. Vous êtes en droit de vérifier les limites de la confidentialité assurée avant de dévoiler des aspects de votre existence dont vous craignez qu’ils vous pénalisent dans votre vie professionnelle. Quant aux prix des prestations dans les services publics, ils sont en général adaptés en fonction du revenu des personnes.
Vous trouverez ci-dessous des adresses de services qui pourront vous accompagner dans votre recherche de solutions :
Si la violence envers votre fille et envers vous mêmes à un impact sur votre compagne, vous pouvez vous adresser au service Violence et Famille, à l’adresse suivante.
Violence et Famille
Av. Vinet 19-19 bis
1004 Lausanne
Informations : Permanence téléphonique du lundi au vendredi, de 8h30 à 10h30 et de 14h00 à 16h00. En dehors de ces heures, possibilité de laisser un message avec réponse assurée dans les 24 heures.
• Aide les hommes et les femmes à mettre un terme à la violence familiale et conjugale, qu'elle soit physique, verbale, psychologique ou sexuelle.
• Entrevues individuelles et rencontres de groupe avec des travailleurs sociaux spécialement formés.
• Objectifs : apprendre à maîtriser sa violence, mettre fin aux comportements violents, réapprendre à vivre des relations égalitaires et harmonieuses et briser l'isolement.
Si vous souhaitez aborder prioritairement les débordements que vous répétez envers votre fille, vous pouvez vous adresser aux services suivants :
Association TELME
Av. de Riant-Mont 1
1002 Lausanne
Tél 021/324.25.15
Service de protection de la jeunesse
Bâtiment administratif de la Pontaise, Av. des Casernes 2
1014 Lausanne
Informations : Le SPJ protège des mineurs en danger dans leur développement. Possibilité de signaler une situation.
Consultation Interdisciplinaire de la Maltraitance Intrafamiliale (CIMI)
Ch.de Lucinge 16
1006 Lausanne
Tel : 021 310 73 10
Site web : www.cimi.ch Email : info@cimi.ch
Informations : Centre médico-psychologique spécialisé dans les consultations thérapeutiques et psycho-éducatives pour familles confrontées aux violences domestiques.
Nous vous souhaitons bonne continuation dans vos démarches
Bien à vous.