06-02-2008
Bonjour Monsieur,
Nous vous remercions de votre témoignage qui traduit un certains nombres de questions autour des solutions à trouver pour votre problème de violence et tenons à nous excuser pour la réponse quelque peu tardive.
Vous nous expliquez, dans votre témoignage, que vous estimez que la
tension est montée ce soir-là entre votre femme et vous pour un sujet que vous jugiez bénin. Celle-ci s’est énervée, ce qui vous paraissait exagéré, vous le lui avez dit et elle vous a donné un coup de pied. A votre tour, vous lui avez répondu par un coup douloureux.
Vous dites ensuite avoir ressenti de la culpabilité. Pour finir, ce type de situations semble s’être produit quelques fois depuis votre mariage.
Le sentiment de culpabilité que vous ressentez est rassurant car cela signifie que vous êtes en mesure d’avoir de l’empathie pour une personne proche que vous avez
blessée. Cette capacité va sans doute vous être utile pour la suite afin que vous trouviez des solutions à vos difficultés. De plus, sortir du silence en est la première étape et vous l’avez franchie.
Votre témoignage décrit une violence physique de votre part et de la part de votre femme. Toutefois, vu que c’est vous qui nous écrivez, nous allons nous centrer sur votre souffrance et sur votre volonté personnelle de changement.
Nous entendons bien votre peine et votre colère face à l’attitude estimée exagérée de votre femme. Cependant, vous êtes responsable de la violence qu’elle éveille en vous. Vous dites ne pas vous sentir violent mais colérique. Il y a en effet une distinction à faire entre la violence et la colère. Si la colère est une émotion légitime, la violence n’est ni une émotion, ni légitime. Effectivement, il s’agit d’un comportement qui amène à des actes inacceptables qui peuvent prendre différentes formes et qui conduisent à des conséquences directes sur vous et sur votre entourage. Si vous avez des
enfants, même s’ils ne sont pas présents lorsque la violence monte, ils sont touchés et vous devez les en protéger. Vos comportements et vos actes relèvent de votre responsabilité. Il existe des pistes pour éviter des crises et donc choisir de ne pas réagir par de la violence. L’une d’elles est de chercher à nommer les émotions et/ou la colère qui font monter la tension en vous. Vous semblez déjà pouvoir identifier et nommer cette colère ; vous serait-il possible de détecter de façon plus précise d’une part les éléments déclencheurs de cette colère et d’autre part son apparition au niveau corporel? Etre à l’écoute de ses propres sensations permet de se rendre compte de ses propres limites.
Ceci nous permet de rebondir sur votre dernière phrase où vous nous faites part du fait que vous vous sentez « peu de limites (sur le plan personnel à ma propre personne) ». Nous faisons, suite à ce témoignage, l’hypothèse suivante :
Vous donnez l’impression d’être une personne qui maintenez enfouies vos émotions, vos soucis et, lors de conflits, vous resteriez donc apparemment calme jusqu’à l’atteinte de votre limite personnelle (nous avons tous et toutes nos propres limites, il s’agit de les connaître). A ce moment-là, vous auriez une réaction forte et vous donneriez des coups. Nous vous invitons à vous mettre à la place de votre femme : elle ne peut être que surprise et trouver votre comportement disproportionné. En effet, si vous ne lui dites pas et/ou montrez pas que vos limites sont franchies, elle ne peut pas s’en douter. Nous espérons que cet exemple vous permette de mesurer l’importance de pouvoir sentir ce qui se passe en vous et, par la suite de le lui communiquer.
Traiter votre problème de violence, comme nous l’avons déjà relevé, ressort de votre responsabilité et ne peut avoir qu’un impact positif sur votre relation. Nous n’avons pas connaissance d’adresses précises d’une région française particulière, du fait que nous sommes localisés en Suisse mais nous vous envoyons tout de même les adresses d’associations suivantes :
Association de lutte contre les violences
11 rue Taine, 75012 Paris
01 44 73 01 27
Alcv@wanadoo.fr
Association Parenthèses à la violence
Belfort
03 84 54 06 03
Vous pouvez aussi trouver des adresses dans le guide suivant, qui s’adresse aux personnes ayant des comportements violents dès la page 35.
Vous pouvez également obtenir des renseignements auprès d’un psychologue ou d’un centre médico-social d’urgence.
Nous espérons que ces pistes répondent à votre demande et nous vous encourageons pour la suite de vos démarches.
Nous restons bien entendu à votre disposition pour d’éventuels compléments d’informations.
Bien à vous.