06-01-2008
Bonjour Madame,
Nous vous remercions pour votre question à laquelle nous répondons avec un délai plus long qu’habituellement en cette période de nouvelle année.
Vous nous dites que vous vous montrez violente envers votre « petit ami » lorsqu’il refuse toute discussion et ne reconnaît aucun tort. Vous ne vous reconnaissez pas dans cette manière de réagir et souhaitez parler de ce qui vous arrive avec d’autres personnes confrontées à la même situation.
Si vous ne décrivez pas les formes que prennent vos comportements violents, vous identifiez clairement ceux de votre « petit ami ». Nous comprenons qu’ il vous impose de façon répétitive son point de vue, refuse la confrontation et la discussion en cas de désaccord. En d’autres termes, il ne tiendrait souvent pas compte de vos valeurs, de vos points de vue et des besoins que vous tentez de défendre. Cela revient à nier la personne que vous êtes, à ne pas tenir compte du fait que vous êtes un être humain à part entière, avec vos différences et vos besoins personnels.
Or chacun et chacune de nous a besoin de se sentir respecté-e et pris-e en compte dans sa vie, notamment dans nos relations les plus significatives, telles que celles qui nous lient avec nos partenaires amoureux.
Si votre « petit ami » refuse toute discussion et considère n’avoir jamais tort, il vous fait subir une forme de violence insidieuse – peut-être sans en être clairement conscient – en vous imposant sa manière de voir et en vous communiquant indirectement que c’est vous qui avez toujours tort, ce qui équivaut d’une certaine manière à vous communiquer que « vous ne comprenez rien à rien ».
Il nous parait tout à fait compréhensible et sain que vous réagissiez vivement à un tel manque de respect et à un tel déni de votre personne.
Toutefois, comme vous le relevez vous-mêmes dans la fin de votre message, votre colère n’excuse pas le fait qu’elle vous réagissiez par des comportements que vous qualifiez vous-mêmes de violent. Nous comprenons par là qu'à votre tour, vous ne tenez plus compte de votre ami dans vos propos ou vos gestes, que vous cherchez intentionnellement à l’atteindre et à le blesser, peut-être en profitant de votre connaissance intime de ses propres fragilités. Peut-être exprimez-vous votre rage par de la violence physique, qui pourrait se retourner contre vous. Votre « petit ami » n’est peut-être pas si « petit » et il pourrait être tenté de
justifier de nouvelles formes de violences plus facilement identifiables en arguant que la personne violente, c’est vous…
Afin de trouver des alternatives au mode de réaction que vous avez actuellement, votre demande de pouvoir partager avec d’autres personnes confrontées à une situation similaire est parfaitement adéquate. Une telle démarche vous permettra de mieux comprendre ce qui se passe en vous face à la violence insidieuse de votre ami et augmente vos chances que ce mode de relation
ne dégénère pas au fil du temps.
Nous vous proposons de contacter une structure spécialisée pour personnes confrontées à la violence dans le couple dans votre région –
notamment les services de Solidarité Femmes qui pourront vous orienter vers un groupe de partage ou un groupe thérapeutique adéquate.
En fonction de votre envie de parler avec d’autres personnes qui connaissent des difficultés similaires, vous pouvez vous adresser aussi à
l’association français d’analyse transactionnelle. Celle-ci met à disposition la liste des psychothérapeutes dont certains proposent des groupes thérapeutiques. Dans ce cadre vous pourrez trouver l’occasion d’échanger sur votre situation selon votre souhait.
Enfin, si ces pistes ne vous convenaient pas, vous pourriez envisager une thérapie de couple, tout en sachant qu’un conjoint qui ne reconnaît aucun tort ou problème sera a priori fermé à l’idée d’une telle démarche. Cette piste vous permettrait de clarifier ce que votre « petit ami » est prêt à faire avec vous pour que votre couple puisse se construire en non pas se détruire. Toutefois, si votre « petit ami » venait à se montrer physiquement violent ou proférait des menaces de violence physique, une telle démarche serait à éviter. En effet, il utiliserait sans doute ce que vous dévoileriez en thérapie contre vous, notamment en utilisant des mesures de rétorsions après les séances.
Votre capacité à identifer ce qui ne vous convient pas permet de croire que vous trouverez la piste qui vous aidera le mieux.
Nous vous souhaitons bonne suite dans vos démarches.
Bien sincèrement.