Depuis le début de mon mariage j'ai l'impression de n'avoir fait que tenter de résister à mon mari. Les chantages ont été quasiment immédiats, insultes, rabaissements et après quasiment 7 ans de mariage brutalité. Je suis persuadée que ce que je vis n'est pas normal, que je ne suis pas folle mais pourtant je suis complètement terrorisée à l'idée de le quitter. J'ai un emploi, car très vite j'ai compris que je devais absolument avoir une sécurité, même si je ne pensais pas que je pouvais en arriver à avoir aussi peur. Je n'ai pas envie pour le moment de rentrer dans les détails de ma vie, je ne sais pourquoi je sens que c'est le moment d'agir, il me harcèle en continue pour avoir un autre enfant et la tension monte de plus en plus car il ne supporte pas mon refus. J'ai tenu longtemps sans en parler, mais depuis une année j'ai commencé à le faire pour ne pas sombrer. Pourtant aujourd'hui je pense en avoir trop parlé et du coup je n'arrive pas à agir, je suis complètement terrorisée face à lui, je tente de ne pas provoquer de tensions mais chaque matin je me lève en me demandant ce qui va se passer. J'ai même l'impression d'avoir exagéré les choses, après tout il ne m'a pas vraiment battue, juste bousculée. Mais les mots, ses mots tellement destructeurs et destabilisant. Ses allusions au suicide, ses critiques................ en fait je n'y arrive plus, je suis tellement fatiguée. J'en arrive vraiment à me dire que tout le probème c'est moi. Que dois-je faire?
Bonjour Palomita,
Malgré la brièveté de votre récit, il ressort que vous êtes victime de violences conjugales de plusieurs sortes : violence physique : bousculade, brutalité et peut-être n’avez-vous pas pu en dire plus pour l’instant ; violences psychologique et verbale : insulte, rabaissement, chantage au suicide, harcèlement. Et vous le dites très bien, les mots sont destructeurs. Un auteur a relaté les choses ainsi : « les mots sont comme des mains, ils peuvent toucher, caresser, émouvoir, soulager, soigner mais ils peuvent aussi heurter, frapper, violer, pousser ou faire tomber l’autre ». Vous demandez quoi faire... mais, Palomita, vous avez déjà commencé à faire quelque chose. Peut-être même que ce premier pas est le plus difficile. Vous avez pris conscience que ce que vous vivez n’est pas normal, vous avez parlé, vous avez écrit.
Nous vous félicitons, c’est ce qu’il faut faire dans un premier temps. La peur que vous ressentez est une des conséquences de la violence et de l’emprise que votre conjoint agit par le pouvoir et le contrôle de vos émotions. La confusion est également une conséquence de la violence. Nous savons que le problème ce n’est pas vous, le problème c’est la violence. Celle-ci se maintient par le secret et le silence, parler est une façon de dire non, je ne mérite pas ce que je vis, je vais reprendre le contrôle de ma vie.
Comme vous ne dites pas dans quel pays vous vivez, il nous est difficile de vous orienter. Mais si vous le souhaitez, vous pouvez poursuivre le dialogue ici.
Vous parlez d’un deuxième enfant que votre partenaire veut vous imposer. Votre droit à dire non est inaliénable. Une question nous vient cependant à l’esprit, comment se sent votre premier enfant ? Pensez-vous qu’il souffre de cette situation ? Quelque chose vous préoccupe-t-il à son sujet ?
Soyez assurée de notre soutien et tenter de trouver de l’aide auprès de votre médecin en ce qui concerne votre santé.
Nous sommes là pour vous, n’hésitez pas à nous écrire à nouveau.
Bien cordialement
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