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Questions et réponses

Malgré la violence, je désire sauver notre couple, y a-t-il encore de l'espoir ?

Question
03 Octobre 2007 - old...

Bonjour, C'est la première fois que j'ose m'ouvrir et parler de la violence qui m'entoure. Mon mari a des accès de colère ou il me frappe, me gifle violemment, me secoue brusquement ou me pousse à terre pour me frapper. Ce n'était pas fréquent auparavant (quelques épisodes ces dernières années, que j'ai essayé d'oublier) mais depuis janvier 2007, ses accès de violence sont devenues plus fréquentes et importantes. J'ai eu une côte felée et samedi dernier, la violence a atteint son paroxisme: il a menacé de se jetter par la fenètre, à cassé une fenètre à coups de pieds, m'a battue violemment (je suis en arrêt de travail pour une semaine, un oeil au beurre noir, des écchymoses sur le visage et le corps). Pour la petite histoire, j'ai appris cet été qu'il avait une liaison extraconjugale; j'aimerais lui pardonner mais j'ai beaucoup de colère en moi et donc je ne lui parle pas forcément sur le bon ton. Il a toujours eu tendance à me rabaisser en me disant que je suis une moins que rien, et chacune de ses phrases se termine par des propos désobligeants du style "de toute façon, ça ne sert à rien que je t'explique ça, tu ne peux pas comprendre" ou encore "retourne chez ta mère" alors que ma mère est décédée dans des circonstances terribles et que j'ai beaucoup souffert de sa disparition. Alors je m'énère et je crie. Il me dit qu'il ne supporte pas ma voix "criarde" et que c'est pour cette raison qu'il me frappe (pour me faire taire). Il met toute la faute sur moi. Le problème est que je l'aime, j'ai deux enfants en bas âge et que je continue désespérement de croire que notre relation est possible. Il me dit la même chose. Il a rompu avec sa maîtresse mais continu de la voir. Il me reproche de ne pas comprendre qu'elle n'est plus qu'une amie. Une fois de plus c'est moi la nulle, celle qui ne comprend rien à la vie. Je suis allée chez le médecin pour un constat de coups et blessure. Mes questions: Est ce que le fait de crier sur lui est une forme de violence et est ce que ça lui donne le droit de me frapper? Il a accepté de commencer une thérapie de couple, existe-il d'autres solutions? Comment se sortir de cet engrenage, sachant que nous voulons tous les deux sauver notre couple et la famille? Existe il encore un espoir ou lorsque la violence est installée, il est déjà trop tard... Qu'en pensez-vous? Merci beaucoup pour votre aide...

Réponse
05-10-2007

Bonjour Madame
 
En vous ouvrant pour la première fois sur ce site et en osant parler de la violence que vous subissait dans votre couple, vous faites aussi le premier pas pour sortir de engrenage qui vous fait tant mal.
 
Vous nous parlez de plusieurs épisodes de violence que vous avez « essayé d’oublier ». Il y a quelques jours le comportement violent de votre mari a entraîné une côte fêlée. Vous avez fait établir un constat médical ce qui était une bonne idée. Le fait que votre médecin soit au courrant de la situation montre à votre mari que vous ne voulez plus passer sous silence la violence qu’il vous inflige. Vous avez nommé la violence physique et repéré la violence psychologique avec les dénigrements et les humiliations. Malgré les coups, la fenêtre brisée, les paroles blessantes, la liaison avec une autre femme, vous vous demandez si c’est vous qui portez la responsabilité de sa violence.
 
Les partenaires usant de violence arrivent souvent à faire croire à la personne qu’ils maltraitent que c’est elle la responsable de leur agissement violent. Ils utilisent de multiples excuses pour se déculpabiliser et vous faire porter « la faute », comme dire que « vous ne compreniez rien, que vous criez et vous énervez, que vous n’avez pas bien fait ceci ou cela ». Nous souhaitons vous répondre clairement que vos cris ne justifient en rien ses violences; vos cris ne relèvent pas non plus d’un comportement violent, ils ne sont pas un moyen de dominer l’autre, de l’intimider ou de lui faire du mal, mais juste une manière d’exprimer votre souffrance qui ne vous fait pas trouver de solution.
 
Aujourd’hui, vous ressentez de la colère, vous trouvez difficile de lui pardonner et de lui faire pleinement confiance après son infidélité. Nous ne savons pas si cette colère est aussi due à son comportement violent mais nous imaginons que tout se cumule. Que vous ressentiez de la colère et que vous lui « criez dessus », est à nos yeux une réaction plutôt saine. Votre mari touche à vos limites et ce n’est pas par hasard que vous commencez à en parler aujourd’hui et à faire des démarches pour sortir de ce cercle vicieux.
 
Malgré tout, vous aimez votre mari et vous voulez croire en votre couple et sauver votre famille. Vous avez réussi à lui faire comprendre l’importance de faire un travail ensemble et vous allez (bientôt) voir un thérapeute de couple. Dans les cas de violence conjugale, nous pensons qu’il est bien de faire également un travail séparé : il existe l’association VIRES à Genève pour les hommes exerçant de la violence dans leur couple. Il ne sera peut-être pas facile pour votre mari d’admettre sa responsabilité, mais il est vrai que pour sortir de l’engrenage de la violence il faudrait qu’il reconnaisse son problème par rapport à la violence. De plus, nous vous invitons à prendre contact avec des professionnelles de la violence conjugale pour être soutenue et pouvoir discuter de l’évolution de la situation à la maison, de vos besoins à vous, de vos craintes et vos espoirs. Ces consultations sont gratuites et confidentielles et donnent l’espace et l’écoute nécessaire pour reprendre confiance en soi et sortir du cercle vicieux.
 
L’espoir existe encore, à condition de s’engager dans un grand travail sur soi – essentiellement un travail à long terme pour le partenaire violent -ainsi qu’un travail de couple. Si votre mari souhaite comme vous sauver votre couple et qu’il se donne les moyens pour le faire, nous gardons espoir avec vous.

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