27-09-2007
Nous vous remercions de votre témoignage.
Vous avez vécu depuis l’âge de 20 ans une longue relation de sept année qui durant les deux dernières années s’est révélée très destructrice. Vous vous sentiez délaissée et ce sentiment vous a conduit à vous montrer jalouse et possessive. Votre sentiment d’impuissance s’est transformé en violence et celle-ci vous a conduit récemment à une séparation. Vous vous sentez responsable du tour qu’a pris cette relation et le deuil de celle-ci vous amène à avoir envie de disparaître. Vous vous demandez si « tout est de votre faute » et « comment enlever cette culpabilité » ?
Dans une relation, la violence peut apparaître chez les deux partenaires, parfois sous des formes très différentes, plus ou moins visible et repérable. Vous identifiez bien celles dont vous êtes responsable : vos coups, vous reproches incessants, vos tentatives de tout contrôler, vos envies de suicide. En même temps, votre question porte sur la part de responsabilité de votre ami. Sans que cela soit très clair pour nous, il nous semble qu’il se soit montré peu attentif à votre sentiment d’abandon, qu’il n’ait pas pu ou voulu vous rassurer sur ce qui vous a peu à peu insécurisé dans votre relation après quelques années. Si celui-ci a réagi violemment en risquant de vous briser le bras, il est responsable de cette violence physique.
Vous avez du faire face – seule semble-t-il - à beaucoup de difficultés : la présence de l’alcool ne faisait qu’empirer cette situation où il y avait de la violence, votre lien amoureux construit après autant d’année ne vous permettait pas facilement d’imaginer de vous séparer, et vous rencontriez en plus des problèmes de santé.
Autant de difficultés sans soutien ni compréhension de votre entourage nous paraissent expliquer facilement votre sentiment de désespoir et votre envie de disparaître. Cette envie nous paraît normale face à autant de pertes, du moins l’envie que s’arrêtel a souffrance qui les accompagne .
Vous avez certainement fait du mieux que vous pouviez et si vous êtes bien responsable de vos comportements, vous n’aviez visiblement pas les ressources pour trouver d’autres pistes sur le moment.
Aujourd’hui, en demandant une aide que vous ne trouvez pas dans votre entourage, vous venez de faire justement ce qui vous permettra de quitter ce sentiment de culpabilité. En vous montrant active et en acceptant de l'aide, vous pourrez développer les ressources qui vous permettront de vivre sans plus que cela soit « à travers quelqu’un d’autre » . Vous vivez un grand isolement et une aide pourra vous permettre d'affronter le fait de vous retrouver seule en ce moment. Pouvoir partager votre vécu vous aidera à ne plus ressaser votre culpabilité et surtout, à ne pas retourner votre colère et votre rage contre vous–mêmes, que ce soit par l’alcool, la fumée ou une tristesse sans fond.
Si votre détresse est compréhensible, il importe que vous ne restiez pas seule pour l’affronter et nous vous invitons à vous adresser à des professionnel-le-s. Ceux-ci pourront vous aider à reprendre confiance en vous et en la vie, sans porter de jugement sur votre personne, sans banaliser votre responsabilité, ni celle de votre ami ni celle des circonstances dans lesquelles vous vous trouviez.
Ne connaissant pas les ressources existant dans votre région, nous vous invitons à vous adresser à une structure pour femmes auteur-e-s de violence. Vous pouvez trouver un répertoire dans le
lien suivant aux pages 35 et suivantes.
A défaut d’y trouver une adresse qui vous convienne et dans la mesure où vous vous trouvez en grande détresse, nous vous encourageons à vous adresser au centre de consultation d’urgence du service hospitalier le plus proche qui pourra vous orienter vers les ressources de votre région.
Nous restons bien volontiers à votre disposition pour préciser certains points ou répondre à d’autres questions.
Nous sommes en pensées avec vous.