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Questions et réponses

J'ai réalisé que je vivais des violences et j'ai décidé de quitter mon mari; maintenant que mon départ approche, je suis déstabilisée

Question
11 Juin 2007 - old...

Bonsoir, ça fait quelques temps que j'ai réalisé - ou pense avoir réalisé ce qui m'arrive et pourquoi je suis si malheureuse et me sentais si enfermée dans une cage, dorée soit, mais avec une porte vers l'extérieur fermée. Quand j'ai réalisé que ce que je vis est une forme de violence, j'ai décidé de refuser la thèse de mon mari, qui me dit tout le temps que je suis malade ou folle et ai rencontré mon médecin et une personne de Malley à Lausanne. Les deux personnes, ainsi que ma mère, ma soeur et une amie (la seule qui me reste après dix ans de mariage) m'ont beaucoup aidées et fait prendre assez de confiance en moi pour que je décide finalement de quitter mon mari. Investie de cette force et de la croyance (enfin) que contrairement à ce que dit mon mari, ce n'est pas lui la victime de ma maladie, mais moi la victime d'un mauvais traitement, j'ai trouvé un travail à plein temps, engagé une procédure de divorce et trouvé un appartement. En ce qui concerne l'appartement, malheureusement, il y avait deux mois d'attente, pendant lesquels il m'a fallu me résoudre à cohabiter avec mon mari. Depuis, c'est encore plus l'enfer qu'auparavant. Il pleure tout le temps (devant moi pas devant les autres), me dit tout le temps qu'il m'aime, mais qu'il ne sait pas pourquoi, me dis que je le ruine et si je ne veux pas encore rester, mais surtout, il continue à me faire mal, très mal. Ce qu'il fait est subtil: il se pose en homme savant, me dit que je suis malade et que plusieurs psychologues et médecins lui ont confirmé son diagnostic, essaie de me faire lire des brochures sur les psychotiques borderline, se lie d'amitié avec mon premier ex-mari et me raconte tout, cherche une nouvelle femme et me raconte toutes ces qualités, ses sorties et ses espoirs. Mais le pire, c'est qu'il me fait culpabiliser au-delà du supportable par rapport à mes enfants. Il me dit que je ne les aime pas, que je leur fait beaucoup de mal, qu'ils ne sont pas francs avec moi, car comme je suis malade il faut me préserver et ne rien dire ou faire qui pourrait me contrarier. Il me rabaisse sans arrêt, tout ce que je peux dire ou penser, il me dit que ma perception est typiquement celle d'une personne malade. Petit à petit, je suis à nouveau totalement déstabilisée et reperds cette nouvelle confiance. Il est trop tard pour revenir en arrière, et je ne le souhaite pour rien au monde... j'ai déjà réussi à faire tant de chemin, et j'y suis presque... dans une semaine je déménage. Toutefois, j'ai à nouveau beaucoup de doutes et surtout ai besoin de raconter ma souffrance à quelqu'un qui la comprendra, qui me conseillera et me soutiendra pendant cette dernière ligne droite. Je suis partie parcequ'il m'a isolée du monde, rabaissée, enlevéle peu de confiance que j'avais en moi, parceque je n'en pouvais plus de devoir régler toute ma vie en fonction de ces éventuelles envies, sans plus le satisfaire en quoi que ce soit pour autant. Je pars parceque je ne supporte plus son harcèlement sexuel incessant, je ne peux plus me laisser faire pour avoir la paix, et il insiste quand même. J'ai décidé de partir, parcequ'à force de l'écouter et de faire ce qu'il veut, je ne sais plus vraiment qui je suis, ci ce n'est un amas de bouillie. Je savais que je serais seule, et je sais qu'il me faut être seule pour pouvoir me reconstruire (voire même me construire). Ce que je ne savais pas, c'est que mes enfants souffriraient et subiraient ce jeu à trois, mon ex, mon actuel et moi - un qui m'insulte devant les enfants (je ne suis même pas une mauvaise mère, je ne suis pas une mère, tout ce que j'ai apporté à mes enfants c'est du mal, je lui ai volé ses enfants pour les détruire, etc.); l'autre qui insiste lourdement sur le fait que je suis malade; et moi qui finis par les croire. Je n'ai pas besoin qu'on me dise que je ne suis pas malade, à vrai dire je crois qu'à force d'en prendre sans arrêt plein la figure je le deviens... j'ai juste envie de savoir si je me suis trompée ou si j'ai raison de continuer sur ma voie. J'ai lu des témoignages dans votre site et ils m'aident car certains d'entre eux me rappellent ma situation et quelque part au fond m'encouragent.... mais suis-je vraiment comme elles? ou suis-je vraiment malade.... En ce moment, exister me fait mal, tout le temps sauf lorsque je suis seule. Ne pas exister n'est pas une solution, j'aime trop ma mère et mes enfants pour cesser d'exister pour eux.... un peu de soutien pour ce passage ne serait pas de trop. Si vous pouvez m'aider, je vous en serais reconnaissante. C'est dur de passer cette période si seule... Merci d'avance pour ce que vous pourrez me dire...

Réponse
14-06-2007

Bonjour Ketch,

Votre message nous touche, car vous voilà en situation de découragement face aux dépréciations incessantes  et aux manipulations que vous vivez. Oui, parfois exister fait mal, et nous avons entendu votre souffrance.

Vous avez eu un bon réflexe en vous écrivant: ne vous laissez pas décourager! Comme vous le dites vous-même, vous avez déjà réussi tant de chemin, vous y êtes presque! Tenez bon, vous avez déjà compris beaucoup et surtout replacé les choses à leur place: la violence conjugale consiste à déplacer la responsabilité sur son partenaire et vous avez réussi à rétablir la réalité. N’hésitez pas à solliciter encore une fois Malley Prairie, pour obtenir les encouragements nécessaires.

Nous comprenons que vous soyez déstabilisée; nous savons que c’est une étape qui fait souvent partie du processus; d’autant plus que ces mois de cohabitation vous ont usée! Et d’autant plus encore que votre mari utilise des moyens subtils pour vous atteindre: il connaît apparemment très bien vos points faibles, et sait comment vous atteindre et vous faire mal.

Ne restez pas seule, continuez à bénéficier du soutien de vos proches. Nous vous souhaitons de tout coeur de parvenir à votre but, et de connaître un peu de la tranquillité à laquelle vous aspirez. Bon courage!

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