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Questions et réponses

Mon ami m'empêche de réaliser mon projet professionnel, il m'insulte et m'a déjà frappée. Je ne sais plus quoi faire.

Question
02 Mai 2007 - old...

Bonjour, Je n'arrive pas à savoir si ma situation est normale ou pas. Le garçon avec qui je vis est quelqu'un de bien, il est intelligent, et la plupart du temps trés doux. Il souhaite d'engager avec moi, et me reproche souvent de ne pas être prête. Si je ne suis pas prête, c'est parce que les choses se sont dégradées assez vite entre nous. Nous faisions les mêmes études, nous passions le même concours. Pour moi, c'était la première fois que je le passais, et la deuxième pour lui. Il a échoué et moi j'ai réussi l'écrit. Il a été insupportable pendant l'oral trés agressif. Il a trés mal vécu son échec et depuis il n'a pas rebondi. Il ne travaille plus. Il n'a pas souhaité repasser ce concours, et il m'a dit que si je le repassais, il me quittait. J'ai renoncé car je ne voulais pas le perdre. j'ai fait autre chose. Avec le temps, je regrette cette décision et je lui ai dit qu'après avoir renoncé une fois, j'avais envie de repasser ce concours. Il a recommencé à me menacer de rupture si je le faisais. Après tout s'est enchaîné. j'ai été moins agréable avec lui; Il a été de plus en plus agressif. Il a eu recours à la violence à trois reprises : j'ai eu des marques physiques, pas trés graves. Il m'insulte souvent en me traitant de pute, de salope, d'ordure. Il me dit que s'il n'a pas rebondi après son échec à ce concours, c'est à cause de moi, parce que j'étais "obsédée" par l'idée de moi même le repasser, et à cause de mes parents (qui m'encourageaient à le faire, y compris en sa présence). Il me dit que ce n'est pas féminin de vouloir à tout prix faire ces études (qui sont de trés hautes études), que si je l'aimais, je voudrais avoir des enfants, partir avec lui à l'étranger et m'occuper de ma famille, pas passer un concours. Il me dit aussi que je ne suis pas assez en symbiose avec lui, que je le coupe quand il parle (ce qui doit m'arriver en effet), que je me définis trop "en référence" avec mes parents et mes amies (il ne supporte pas que leur confie des choses, notamment sur son refus de me laisser faire ce que je souhaite dans la vie). Pour lui, s'il va si mal depuis deux ans c'est de ma faute, il dit que c'est parce que je suis une folle et il fait des références à mon ancien copain (il ne le connaît pas mais je lui en ai un peu parlé) en me disant que je reproduis des schémas, que je suis une malade mentale qui détruis les autres. Il pense qu'il va mal et qu'il n'a aucun effort à faire à ce titre: c'est à moi de éfermer ma gueule" et de l'aider. Sinon, pour lui, ça veut dire que je ne l'aime pas. l'aider, ça veut dire renoncer définitivement à passer ce concours, et m'occuper de lui, tout en continuant à exercer ma profession actuelle. Sa violence verbale me fait beaucoup souffir. Souvent il m'appelle à l'aide alors je reviens car je culpabilise beaucoup. Mais j'ai du mal à oublier tout ce qu'il me dit, j'ai du mal à accepter qu'il m'interdise de faire ce qui me plaît, alors je ne suis pas comme il voudrait que je sois. En même temps, son discours a de l'influence sur moi: je culpabilise sans cesse, je me dis que je lui fais du mal avec ces envies de carrière, et que je devrais arrêter. En même temps, j'ai peur de tout arrêter pour un homme qui insulte ma famille (il traite souvent mes parents de connards, de pervers, même en public devant ses propres parents), et qui moi même me dit des injures presque quotidiennement. Bref, je n'arrive pas à rester et je n'arrive pas à partir. J'ai peur d'être le monstre qu'il décrit. je m'en veux sans cesse et en même temps, je me sens de plus en plus minée de l'intérieur. Vu la situation, il n'y a pas longtemps, je suis tombée enceinte par accident, je n'ai pas voulu garder l'enfant. Il m'en a beaucoup voulu, m'a dit que je n'étais pas une femme car je "tuais la nature en moi". S'agit-il de violence psychologique? Que dois-je faire?

Réponse
07-05-2007

Bonjour Madame.

Dans votre message, vous nous confiez une situation qui s’est dégradée avec votre ami, un homme « bien, doux et intelligent» qui a changé, qui n’a pas supporté son échec, ce qui l’a conduit à se comparer à vous, pire encore à se sentir dévalorisé, voire inférieur ; il en est devenu toujours plus agressif et insupportable. Vous semblez très bien comprendre ce qui s’est passé pour lui, comme vous le dites « il a mal vécu son échec et n’a pas rebondi ».

Il n’a pas été capable d’assumer, de se mettre face à son propre échec. Bien au contraire, il a évité cette vérité en retournant la situation sur votre histoire, vous faisant du chantage affectif en vous menaçant de vous quitter si vous osiez reprendre ces études que vous aviez réussies. Vous avez cédé à son chantage mais vous en êtes devenue « moins agréable » avec lui, ce que nous pouvons parfaitement saisir étant donné que vous avez fait cela pour lui et, à juste titre, il y a de quoi lui en vouloir de vous imposer une telle chose.

Son agressivité est devenue de la violence verbale et physique. Vous nous parlez de trois épisodes de violence physique desquels vous avez gardé des marques que vous qualifiez de « pas très graves ». De plus, vous nous confiez les insultes que vous recevez quotidiennement et qui vous font beaucoup souffrir, ce que nous comprenons. La violence, sous ses différentes formes, a des conséquences très importantes sur la personne qui la subie. L’usage de la violence au sein du couple est toujours un acte grave que la loi punit, il est important de le savoir. Rien ne peut justifier sa violence et lui seul en est responsable.

Votre ami ne se responsabilise pas face à ses propres comportements, comme il ne la pas fait face à son propre échec aux examens que vous avez, vous, réussi. Il vous fait vous sentir coupable de vos ambitions et de vos rêves qui ne semblent, en effet, pas correspondre, pas « être en symbiose » avec son idéal de femme et, plus largement, d’avenir. De plus, il semble ne pas supporter l’idée que vous vous confiez à vos ami-e s et à votre famille, en somme il craint que vous receviez d’autres points de vue que le sien qui pourraient le discréditer et, par conséquent, lui faire perdre du contrôle sur vous.

Comme il ne se parvient pas à se remettre en question, ni par rapport à son échec, ni par rapport à ses comportements envers vous, il vous culpabilise en remettant en question votre amour pour lui qui n’est pas comme lui l’entend, c'est-à-dire un amour-dévotion, l’amour d’une femme qui ne vivrait que pour et à travers lui.

Vous nous dites que vous vous rendez compte que tout cela vous a changée, qu’il est difficile d’oublier ses mots, ses gestes et de vivre avec les décisions qu’il vous impose ; vous vous sentez « minée » car sa violence a laissé des marques au plus profond de vous. Ceci est en dualité avec le fort sentiment de culpabilité qu’il a fait naître en vous. Ne vous sentez pas coupable de cela, il est naturel que son discours vous influence encore malgré vos prises de conscience car vous ressentez encore quelques sentiments pour lui.

Nous vous comprenons, il est très difficile de s’apercevoir que l’homme que l’on a tant aimé puisse nous faire tant de mal, il est très difficile de faire un choix et de sortir de ce type de relation car vous pouvez ressentir beaucoup de peurs quant à l’avenir.

Nous vous conseillons de ne pas vous brusquer et d’aller à votre rythme. Vous vous êtes essoufflée à vouloir le comprendre, l’aider et le soutenir au prix de vous être mise de côté. Il vous décrit comme un monstre et vous vous demandez si vous êtes la femme qu’il décrit, nous vous comprenons. Sortir de son emprise vous prendra du temps et des forces. Nous vous conseillons d’essayer de vous recentrer sur vous-même, sur votre personne, vos compétences, vos aspirations, vos rêves. Ceci ne veut pas dire que vous allez reproduire ce qu’il fait avec vous, cela implique de vous retrouver vous-même pour pouvoir prendre des décisions librement. L’amour est-il censé annuler tout épanouissement personnel au prix d’une frustration et de sacrifices douloureux et unilatéraux ? L’amour n’est-il pas un sentiment libre, dans sa nature-même, qui ne permet pas d’enfermer l’être que l’on aime ?

Vous avez dû faire un choix très douloureux pour toute femme, celui d’avorter. Cette décision a certainement été difficile à prendre et vous avez fait le choix qui était le juste pour vous. Cela ne vous enlève en rien votre féminité, comme semble vous le dire votre ami, bien au contraire. C’est un choix extrêmement difficile, tout comme peut l’être celui de mettre un terme à votre histoire. Vous avez été seule dans cette épreuve qui implique une forme de deuil. Si vous ressentez le besoin d’en parler, nous vous encourageons à ne pas rester seule, à vous confier à votre entourage et, pourquoi pas, à vous adresser à un-e spécialiste. Vous pouvez certainement trouver des orientations pour ce type de soutien auprès de votre médecin ou de la maternité. Vous pouvez aussi en obtenir auprès des services spécialisés dans l'aide au victime de votre région en faisant une recherche sur notre site.

Nous vous félicitons de nous avoir confié votre situation et espérons vous avoir apporter quelques pistes. N’hésitez pas à nous recontacter si vous en ressentez l’envie ou le besoin. Nous vous transmettons nos meilleurs vœux.

Bien à vous.

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