Bonjour, J'habite depuis 4 mois avec mon compagnon, et nous avons une relation très fusionnelle. Je décrirais notre relation comme extrémiste : soit tout se passe très bien, soit l'entente devient impossible. Récemment, nous avons eu une violente dispute, et j'ai dormi une nuit chez mes parents. Mon compagnon ne m'a jamais frappé, mais il casse souvent des objets et donne des coups sur les portes ou les murs. J'aimerais que cela s'arrange, et je lui ai déja dit que malgré mon caractère parfois difficile (je ne me laisse pas faire, contrairement à ce qu'il voudrait), rien ne justifie une telle attitude. J'ai peur de lui lorsqu'il s'énerve, et j'ai souvent eu l'idée de le quitter. Mais les jours passent et finalement nous avons aussi des moments très complices, je l'aime et je ne veux pas que notre relation se termine à cause de sa nervosité excessive. Je pense qu'il ne se rend pas compte de sa violence, et me jette toujours la faute. Je me remets souvent en question car il a l'air tellement convaincu que je suis coupable, appuyé par sa famille. Je tiens à préciser que lorsqu'il était petit, il a été témoint à plusieurs reprises de violences conjugales entre ses parents. Il a du mal à accepter que si nos disputes vont aussi loin c'est à cause de ses réactions. De plus, il me dit sans cesse qu'il veut qu'on se sépare, qu'il ne veut plus de moi et qu'il n'est pas heureux avec moi, mais lorsque les choses se calment il me dit que ce n'est pas vrai. Comment faire pour que la nervosité ne prenne pas le dessus sur une si belle relation ? Comment lui faire prendre consience de ses actes ? Je pense que lui-même aimerait mettre un terme à ces violences, mais il est persuadé que c'est à moi de faire des efforts pour qu'il ne s'énerve pas.
Bonjour !
Plusieurs des choses que vous nous racontez nous inquiètent beaucoup: casser des objets est une manière d’intimider et de maintenir l’autre dans la peur, de lui montrer de quoi on est capable. Ensuite, en reporter la responsabilité sur vous lui permet de se décharger de son sentiment de culpabilité ET de vous en inspirer à vous, de la culpabilité. Enfin, votre phrase « j’ai un caractère difficile, je ne me laisse pas faire, contrairement à ce qu’il voudrait » montre qu’il cherche à vous dominer et que vous avez déjà «appris» ce qu’il cherche à vous faire croire : c’est vous qui avez un caractère difficile. Selon nous, résister à une volonté de domination ne signifie rien d’autre que chercher à rester soi-même malgré tout l’amour qu’on porte à l’autre, ce n’est pas avoir un caractère difficile.
Nous craignons donc que vous ne minimisiez sa responsabilité et sa violence, et que vous vous en chargiez, du moins en partie.
Mais vous l’aimez, et cela nous le voyons bien: vous aimeriez que les mauvais moments disparaissent et qu’il ne reste que les beaux ! C’est dans les périodes de calme et d’harmonie que vous pouvez tenter de discuter avec lui de son attitude; vous pensez qu’il aimerait mettre un terme à ses violences: demandez-lui comment il pense faire, qu’est-ce qu’il prévoit pour changer de comportement (nous vous rappelons qu’il existe des lieux où les auteurs de violences peuvent apprendre à choisir d’autres modes de fonctionnement). N’acceptez pas qu’il dise que c’est à vous de ne pas l’énerver : même si l’on est énervé, il n’est pas acceptable de faire peur à son partenaire ! Vous verrez ainsi s’il a vraiment la volonté d’arrêter ses violences.
Enfin, nous avons noté que vous précisez qu’il a assisté à de la violence conjugale entre ses parents dans son enfance ; nous ne savons pas ce que vous en pensez et/ou ce que vous aimeriez savoir à ce sujet. N’hésitez pas à nous préciser votre demande si vous le souhaitez.
Nous restons à votre disposition, et vous souhaitons le meilleur pour la suite. Bien à vous.
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