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Questions et réponses

Comment puis-je aider mon amie qui subit des violences conjugales?

Question
07 Février 2007 - old...

Bonjour, J'ai un amie que le mari a envoyé à l'hôpital avec une fracture du nez et une double fracture de l'avant bras, après consommation excessive d'alcool. Tous deux sont d'ailleurs des alcooliques au 3e degré quotidiennement plus ou moins ivres!! Je suis allée la voir à l'hôpital et là le médecin m'a confirmé qu'il ne dénonce pas le cas, sous couvert su secret professionnel dont mon amie ne les a pas déliés Elle ne veut pas que cela se sache Elle m'a prié de ne rien dire à personne, ce que j'ai respecté En fait elle a peut que son mari, concierge dans une école, ne perde son emploi. Ils ont une fille de 15 ans ,qui a ma connaissance n'est pas maltraitée. Maq question :si je dénonce le cas à la police, que se passera-t-il? Et ils ont été convoqués par le conseiller social de l'école. Est-ce que lui peut dénoncer le cas ou est-il aussi tenu par le secret professionnel? J'aimerais aider cette famille, car je les aime bien, mais je ne sais comment agir! Merci de votre aide

Réponse
27-02-2007

Nous souhaitons à toutes les femmes victimes de violences conjugales d’avoir une amie aussi désireuse de les aider. La meilleure méthode serait certainement de lui confirmer que les violences conjugales ne sont pas normales au sein d’un couple, qu’elle n’a pas à les supporter, que seul l’auteur en est responsable et donc punissable par la loi. Vous pourriez examiner avec elle, pourquoi elle a peur que son mari perde son travail et surtout qu’elle en serait les conséquences pour elle (augmentation de la violence, problèmes financiers accrus… ).
Vous pourriez ainsi peut-être la rassurer en lui montrant notre site notamment le test permettant de savoir si elle est concernée et lui expliquant les différentes aides qui existent sur Genève (consultations conjugales, hébergement, aides financières…), mais aussi l’informer de l’existence d’une association  Solidarité femmes (tél : 022.797.10.10) spécialisée dans le domaine des violences conjugales où il lui serait possible de parler de sa situation.
Toutefois, sachez qu’on ne peut pas aider et protéger un adulte contre son gré, sauf en cas de gros troubles psychiques. C’est pourquoi les médecins ne pourraient dénoncer les faits seulement si votre amie les déliait du secret.
Dans le cas du conseiller social de l’école, il est en mesure de dénoncer la situation au Service de protection des mineurs en cas de danger réel pour la fille de votre amie, ce qui, selon vos dires, ne semble pas être le cas, d’autant qu’il s’agit déjà d’une adolescente. Néanmoins, sa présence dénote un souci de la part du réseau pour cette situation, probablement lié à leur forte consommation d’alcool, et un regard extérieur à la famille, toujours utiles dans les cas de violences conjugales.
Quant à aller faire vous-même une dénonciation à la police, c’est formellement possible à Genève depuis l’entrée en vigueur de la loi sur la poursuite d'office des violences conjugales. La police sera donc obligée de mener une enquête, mais si votre amie ne collabore pas, refuse de parler l’enquête n’ira probablement pas plus loin.
De notre expérience, nous savons qu’il faut souvent plusieurs départs aux femmes victimes de violence conjugale pour réussir à partir pour de bon, que les forcer ne sert à rien. Ce sera donc à elle de prendre la décision de se protéger, et c’est en étant présente à ce moment là et en la soutenant, que vous lui serez le plus utile.
Nous vous félicitons pour votre engagement et vous souhaitons bon courage.

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