31-05-2011
Bonjour Madame,
Nous vous remercions de vos deux questions que nous avons regroupées ici en les numérotant. Dans la mesure où vous les avez déposées dans la rubrique consacrée aux auteurs, nous allons surtout répondre à ces aspects de vos deux questions : nous serons plus brefs concernant vos demandes comme victime.
Nous entendons que votre conjoint se montre violent verbalement vis-à-vis de vous-même et de vos enfants, il se montre aussi violent psychologiquement vis-à-vis de vous en vous rabaissant et en vous menaçant de les enlever, enfin il se montre violent physiquement envers vos enfants. Nous imaginons qu’en fonction des quatre enfants que votre conjoint s’est déjà fait retiré et de votre âge, il s’agit de petits enfants qui ont besoin de protection. Vous nous demandez dans votre première question comment réagir face à sa violence, dans la seconde, ce que vous devriez comprendre de ces comportements violent et comment vous en protéger.
Comment réagir?
Il importe en préambule de rappeler d’une part que rien ne justifie la violence que ce soit envers des adultes ou des enfants, et d’autre part qu’il est normal et sain que les enfants refusent et testent les limites qu’ils rencontrent. Les enfants le font largement en tentant de s’opposer, souvent dès leur plus jeune âge, à leurs parents.
C’est donc l’un des rôles des parents d’apprendre aux enfants à respecter certaines limites. Ces limites et les règles doivent être bien sûr adaptées à leur âge et à leur capacité. Pour faire respecter ces limites, les parents doivent effectivement user de leur autorité, ceci sans abuser du pouvoir et de la force dont ils bénéficient comme adultes et éducateur ou éducatrice. Si les deux parents ont des conceptions contradictoires des limites à faire respecter, cela risque de rendre les enfants confus et encore plus turbulents. Toute la famille risque alors de rentrer dans un cercle vicieux duquel il est généralement difficile de sortir sans une aide extérieure.
Vous avez déjà réagi de façon adéquate en tentant de vous opposer à ses comportements violents. Vous avez aussi essayé de dialoguer avec lui, mais votre conjoint ne semble pas prêt pour l’instant à tenir compte de votre avis, puisqu’il utilise alors aussi la violence envers vous, en vous menaçant. Les tentatives de votre conjoint de vous rendre responsable du comportement de vos enfants paraissent être une manière de se déresponsabiliser des comportements violents qu’il utilise envers eux. Ses menaces sont inacceptables et certainement inquiétante. En effet, dans la mesure où par le passé, la Justice de Paix ou le Service de protection de l’enfance a retiré la garde de quatre de ses enfants à votre conjoint, c’est que leur développement était certainement considéré comme gravement compromis par celui-ci.
En tant que mère,
vous êtes au même titre que votre conjoint responsable d’assurer la sécurité de vos enfants et un environnement favorable à leur bon développement. Dans la mesure où vos tentatives de modifier les comportements de votre conjoint sont restées vaines et qu’il vous menace,
les agissements que vous décrivez constituent des menaces suffisamment graves pour le développement de vos enfants pour que vous fassiez appel à une aide extérieure. C’est déjà ce que vous commencez à faire en ayant le courage de vous adressant à nous avec vos questions. Nous vous encourageons vivement à poursuivre cette démarche en vous adressant par exemple au pédiatre de vos enfants. Si vous pouvez lui parler des violences que vous et vos enfants subissez, il pourra certainement mettre des mots sur ce que vous vivez et vous orienter vers une aide spécifique. Vous pouvez aussi vous adresser dans votre canton aux deux adresses que vous nous transmettons un peu plus bas.
Il nous paraît nécessaire que vos enfants et vous ne vous retrouviez pas seuls, démunis et impuissants face aux violences de votre conjoint.
Que comprendre des comportements violents de votre conjoint ?
Les violences de votre conjoint semblent exister de longue date, puisqu’il s’est déjà vu retirer la garde de quatre de ses enfants. Votre conjoint souffre peut-être de troubles du comportements comme vous en faite vous-même l’hypothèse ? Il semble visiblement que malgré de nombreuses interventions, il ne soit pas en mesure pour l’instant de faire la différence entre autorité et violence.
En effet, l’autorité (dans le cadre de l’éducation de l’enfant) consiste principalement à leur mettre une limite pour leur propre sécurité, voire à leur indiquer qu’ils ne sont pas des adultes avec les responsabilités et la liberté que ceux-ci ont gagner au fil de leur croissance. Votre conjoint a peut-être lui-même fait l’expérience uniquement d’autorité abusive, qui se manifeste par l’usage d’un rapport de pouvoir pour son propre plaisir, sans tenir compte de l’autre, notamment pour les enfants de leur stade de développement. Votre mari exerce donc pas de l’autorité, mais de la violence en répétant vis-à-vis de ses enfants – et de vous - des comportements répétés atteignant leur intégrité psychique ou physique.
La violence est interdite et punie par la loi, et quelques soient les souffrances et les difficultés qu’a traversées votre conjoint, rien ne l’autorise à se montrer violent. Il existe un service qu’il pourrait consulter s’il était prêt à demander de l’aide afin de ne pas faire souffrir son entourage et prendre le risque de se voire une fois encore retirer ses enfants. En voici les coordonnées :
EX-PRESSION
Route des Bonnefontaines 30
1700 Fribourg
Informations : Le service téléphonique permet de contacter Ex-pression 7 jours sur 7 et une permanence est assurée deux heures par semaine pour accueillir les personnes.
Pour votre part, vous pouvez aussi trouver de l’aide pour vous protéger de ses violences.
Comment vous en protéger ?
Si vous avez la responsabilité de protéger vos enfants, vous avez aussi besoin de trouver de la force et des ressources pour cela, d’être accompagnée et entourée. Nous vous encourageons donc à demander rapidement aide et protection contre les violences de votre conjoint. Dans votre canton, vous pouvez vous adresser à des professionnel-le-s aux deux adresses suivantes :
Centre de consultation LAVI
Case postale 1400
1701 Fribourg
Informations : Toute femme victime d'infraction au sens de la LAVI (loi sur l'aide aux victimes d'infractions; p. ex. viol, abus sexuel, brigandage, séquestration) peut obtenir une aide psychosociale, des renseignements juridiques et être soutenue dans ses démarches. On l'informe sur ses droits lors de procédures juridiques et sur les possibilités d'indemnisation et de réparation pour tort moral. Lundi - vendredi : 9 - 12h, 14 - 18h et 19 - 7h Week-ends et jours fériés : 11 - 17h et 19 - 7h
Solidarité Femmes
Case postale 1400
1701 Fribourg
Informations : Aides aux femmes victimes de violences conjugales et d'infractions : • Permanence téléphonique jour et nuit, 7 jours sur 7. • Consultations ambulatoires : écoute, conseil, informations juridiques, intervention en temps de crise et suivi psychosocial à moyen terme. • Hébergement d'urgence de durée variable pour les femmes et pour leurs enfants dans un lieu protégé. • Accompagnement psychosocial pendant et après le séjour.
Comme annoncé au début de ce message, la réponse à cette partie de votre question est plus brève.
Nous restons bien sûr à votre disposition pour y répondre de façon plus détaillée comme à d’autres questions qui pourraient vous venir après nous avoir lu. Nous vous invitons pour cela à adresser votre question dans la partie consacrée aux victimes, en cliquant
ici.
Nous vous souhaitons beaucoup de courage pour la suite de vos démarches et sommes de tout cœur avec vous.