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Questions et réponses

Il devrait être parti samedi...

Question
30 Novembre 2006 - old...

Bonjour, ce n'est pas vraiment pour vous poser une question que je viens sur ce site mais plutôt pour être rassurée et pour pouvoir en discuter avec des personnes qui me comprennent et connaissent ce problème. Je vais essayer de vous expliquer mon histoire en grande ligne. Je me sépare de mon ami actuellement car j'ai enfin pu ouvrir les yeux sur la situation que je vivais. Cela fait un an et demi que je vis un véritable calvaire. Nous vivions ensemble et il me faisait régulièrement des crises où il n'arrivait plus à se contrôler. Il m'a dès le début rabaissé et ne parler souvent que de lui. Il a le même âge que moi mais il avait "tout vécu" et avait toujours raison. Je me faisais traiter régulièrement de "putes", "salopes" et j'en passe. Dès que j'essayais de me défendre ou de lui répondre, il me disait : ferme ta gueule je cause! Il surveillait tout mes faits et gestes, si j'avais 5 minutes de retard après le job, il m'appelait pour savoir où j'étais, qu'est-ce que je faisais, si je me foutais de sa gueule... tout ça c'était du pain quotidien! Et parfois, c'était la violence qui prenait encore le dessus, il me poussait contre les meubles, même une fois dans la cage d'escaliers de l'immeuble, me giflait, m'a même mordu la joue une fois et il finissait bien souvent par me prendre mon natel, mes clés et par m'enfermer dans la maison! Au mois de mars, mon père était intervenu suite aux marques que j'avais sur le corps, il avait demandé à mon ami de me rendre toutes les clés de l'appartement et de partir étant donné que le bail est à mon nom, c'est ce qu'il a fait. Mais je lui ai rouvert la porte comme je lui ai pardonné plus d'une fois, parce qu'il me disait qu'il allait changer, qu'il comprenait pas pourquoi il me faisait ça, que j'étais tout pour lui, et il avait même commencé une thérapie auprès d'un psychiatre mais je le sais maintenant, qu'il ne le faisait pas pour lui mais pour moi! J'ai enfin réussi à dire STOP lorsque je me suis rendue compte que j'étais vraiment dans un sal état psycologiquement et que c'était où je continuais ainsi soit je mettais fin à mes jours... Ces deux derniers mois ont été très difficiles du fait que par gentillesse ou par peur, je ne sais pas vraiment, j'ai accepté qu'il reste jusqu'au 1er décembre afin qu'il trouve un autre appartement. Il m'en a fait bavé, en me laissant plus dormir, en essayant de me pousser à bout et m'a même fait des menaces de morts à plusieurs reprises. J'ai dû appeler sa mère à plusieurs fois car je n'arrivais pas à appeler la police dans ces moments là. Samedi c'est le grand jour, il va enfin partir de l'appartement et je vais enfin pouvoir oublier ce cauchemar. Même si il veut tout me prendre au niveau matériel dans l'appartement, je me dis qu'au moins mon cauchemar sera terminé. Mais l'histoire, c'est que je suis tellement à bout de fatigue et de nerfs ces derniers jours que par moment, je ne sais plus trop si ce n'est pas moi qui a aussi un problème. Car il a raconté n'importe quoi à son entourage, et me dit sans cesse que plus personne de ses amis et famille ne veulent entendre parler de moi, que je suis une vraie folle, et que soit disant il a perdu 15kg depuis qu'il est avec moi! que c'est moi qui le poussait à bout à chaque fois même si il dit que certes, il n'avait pas à réagir ainsi! Par moment, je ne sais plus trop si c'est moi qui a peut-être un problème!! Voilà mon histoire en quelques lignes et je m'excuse d'avoir écrit un message aussi long. Je vous souhaite une bonne fin de journée et je vous remercie d'avance du temps que vous allez consacrer à lire ce message. Syriam

Réponse
16-05-2011

Chère Syriam,

Si nous vous avons bien lu, depuis samedi votre ami a quitté votre domicile et nous espérons que vous êtes véritablement libérée d’une grave situation de violence conjugale. Vous en avez vraiment bien décrit les conséquences sur la victime, en l’occurrence vous-même : le doute, la culpabilité, la détresse, l’isolement.

Nous vous félicitons du chemin que vous avez parcouru pour sortir du cauchemar que vous nous décrivez. Nous nous inquiétons néanmoins pour votre état de santé. Les conséquences de la violence sont multiples et nous vous encourageons à voir votre médecin afin qu’il puisse vous soutenir dans le cheminement douloureux de la reconstruction de ce qui a été détruit en vous par la violence que vous avez subie. Sans doute ne serait-il pas exagéré de consulter un service spécialisé de votre région, de participer à un groupe de parole ou de poursuivre ce dialogue que vous avez initié avec nous.

Une fois encore, bravo pour votre courage. Nous vous encourageons maintenant à ne pas rester seule dans les circonstances que vous traversez. Dans notre expérience la concrétisation de la séparation peut être une période très délicate.

Donnez-nous de vos nouvelles. Bon courage, vous n’êtes pas seule.

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