Je ne sais pas si je subis des violences psychologiques mais je suis au bout du rouleau. Mère de 3 enfants je vis depuis presque 6 ans avec le père de mon troisième fils, il me maltraite verbalement de tous les noms pendants des heures. Le peu que je fais c'est toujours avec des arrières pensées d'après lui je n'ai plus d'amies, je ne peux m'habiller comme j'aimerais, il reste des jours sans me parler et puis c'est la dispute et me reproche toutes sortes de choses qui ne sont pas vraies,. Mon entourage me dit depuis le début de le quitter mais à chaque rupture il me harcèle, menace de se tuer ou de m'enlever mon fils je ne sais plus quoi faire je suis consciente de la situation mais que faire?
Bonjour Mariefr,
Au moment où nous allions poster notre réponse à votre première question du 21 novembre, vous nous écrivez à nouveau, dans un autre état d’esprit. Nous avons rassemblé vos deux messages et vous trouverez ci-dessous notre première réponse, qui reste néanmoins valable.
L’ambivalence des sentiments est normale et la question que vous posez « pourquoi souffrir autant pour un homme qui n’en vaut peut-être pas la peine » est très importante . Vous posez par là toute la question de la dépendance affective. Essayez de réfléchir à vos sentiments et à vos besoin : Avez-vous besoin de lui tel qui est, voulez-vous maintenir cette relation ? Où n’avez-vous pas simplement un grand besoin d’amour, besoin d’un homme qui vous aime et vous fait du bien?
Ce besoin d’amour est très fort en chacune et chacun d’entre nous et votre partenaire a pu y répondre par moments. Il nous semble par contre que la souffrance que cette relation vous apporte est bien plus importante que les moments de bonheur. Si l’autre ne vous respecte pas, s’il vous abaisse et vous fait du mal, une relation harmonieuse et épanouissante n’est pas possible. Au contraire, vous êtes en danger – en ce qui concerne votre santé psychique et physique.
Peut-être est-il possible d’envisager de recevoir de l’affection et de l’amour autrement, par vos enfants, vos amis et peut-être par vous-même en premier ? Essayez de vous faire du bien, de voir des gens qui vous veulent du bien, de vous reconstruire tranquillement et de sortir de cette dépendance envers votre partenaire. Participer à un groupe de paroles de femmes victimes de violence conjugale ou avoir un soutien psychologique peut aussi être très aidant. (adresses utiles)
(Notre première réponse)
Nous pensons pouvoir affirmer que ce que vous vivez est bel et bien de la violence conjugale qui se traduit essentiellement par de la violence psychologique : Votre partenaire vous insultes, vous harcèle, vous isole de votre entourage, vous dicte comment vous habiller et vous comporter. Il ne vous parle pas pendant des jours et trouve des déclencheurs de dispute que vous ne comprenez pas. Plus grave, il menace de se suicider ou d’enlever votre fils si vous le quittez. Tous ces agissements vous mettent dans un état de confusion et de peur qui vous paralyse.
Les menaces d’enlèvement et le chantage au suicide sont des stratégies que votre partenaire utilise – consciemment ou non – mais qui ont pour fin de vous empêcher d’entreprendre des démarches dans le sens d’une séparation. Nous comprenons tout à fait vos craintes et pensons qu’il serait aidant de clarifier les risques avec une ou un professionnel. En effet, il est utile de connaître la loi et les conventions en matière d’enlèvement d’enfants afin de faire une évaluation la plus objective possible des risques. Vous pourrez aussi discuter des moyens de prévention à prendre en cas de séparation (comme par exemple organiser les droits de visite dans un lieu surveillé, etc).
Plus globalement, nous vous encourageons de contacter un centre pour femmes victimes de violence conjugale ou un centre d’aide aux victimes dans votre canton. Quand on se sent paralysé et que l’on craint le pire, il est important de « préparer » la séparation et de ne pas se mettre en danger. Votre partenaire vous met non seulement dans un climat de peur mais aussi de culpabilité avec les menaces de se suicider. Jusqu’à où devez-vous porter cette responsabilité? Chacune et chacun de nous n’est-il pas responsable de ses actes et de sa vie?
Vous avez bien fait de nous écrire, c’est un premier pas pour voir plus clair. Avoir des informations, aborder ensemble des solutions envisageables, être soutenue dans votre situation actuelle ainsi que dans les démarches que vous pourriez vouloir faire par la suite, tout ceci va vous aider à trouver la force en vous de prendre les décisions qu’il faut. Il existe une porte de sortie, nous en sommes convaincus.
Bien à vous.
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