16-05-2011
Bonjour Nikita,
Vous nous faites à nouveau part de votre ambivalence et vous nous demandez comment sortir d’une dépendance affective. C’est effectivement une question cruciale dans votre situation et nous allons essayer de vous apporter quelques pistes pour avancer.
Vous avez très bien réagi en résistant à votre envie d’appeler votre ex-ami et en « attendant que ça passe ». Vous vous êtes écoutée, vous êtes restée en lien avec vous-même, ce qui vous a permis de vous endormir et de vous régénérer. Vous dites que vous vous sentiez vide, seule, et que vous aviez envie d’être dans les bras de "votre bourreau". N’aviez-vous pas tout simplement envie d’amour, de tendresse, de vous sentir enveloppée, accueillie? Si vous êtes convaincue que vous ne rencontrerez plus jamais l’amour, c’est normal que vous ayez l’image de "votre bourreau" qui vous apparaisse quand vous sentez ce besoin d’amour.
Le besoin d’amour et de tendresse est normal et naturel, toute personne le ressent, et vous avez parfois reçu de l’affection de votre ex-ami. Le problème avec les personnes comme votre ex-ami, c’est que leur amour est conditionnel et égoïste, ils n'en donnent que si on se plie d’abord à leurs exigences, leurs besoins et leurs désirs. Si quelqu'un ne vous respecte pas, ne vous écoute pas et ne tient pas compte de votre avis, de vos demandes, de vos besoins, cela ne vous permet pas de développer une relation saine, harmonieuse et nourrissante. Au contraire, vous êtes effectivement en danger avec une personne incapable de vous respecter.
Vous est-il possible d’imaginer recevoir de l’affection, de la tendresse, de la reconnaissance, du respect, de la considération, etc. – qui tous sont des ingrédients de l’amour – par d’autres personnes que votre ex-ami, et peut-être par vous-même en premier ?
Se sentir vide est un premier pas pour prendre conscience de ses vrais besoins et pour ensuite chercher comment les remplir. Un proverbe dit qu’ On ne peut pas remplir une tasse pleine, il faut d’abord la vider !
Nous vous encourageons à parler avec des personnes qui peuvent vous comprendre, à chercher la compagnie de personnes qui vous respectent et à vous donner le droit de faire ce que vous aimez. Vous pouvez commencer par des choses simples, comme aller vous promener, lire, au cinéma (si vous aimez le faire évidemment), parler avec une copine, manger une glace, faire une sieste, etc., quoi que ce soit qui vous fasse du bien et qui vous remplisse de quelque chose de bon pour vous. C’est pas à pas que l’on sort de la dépendance, en s’accordant autant d’écoute et d’importance que l’on en accorde habituellement à l’autre. Pensez à vous, écoutez-vous, faites-vous du bien, chaque jour un peu plus, et vous diminuerez d’autant vos sentiments de dépendance.
Un accompagnement par un-e professionnel-le, ou un soutien thérapeutique peuvent aussi être d’un grand secours pour faire ce chemin. Ou comme vous le suggérez, un groupe de parole. Le Centre MalleyPrairie propose un groupe de parole pour les femmes victimes de violence conjugale à Lausanne. Vous pouvez vous renseigner à ce sujet en appelant le 021 / 620 76 76.
En parlant sur ce site, vous êtes déjà sortie de votre isolement, vous avez vu que vous n’êtes pas seule à vivre ce genre de difficultés, vous vous posez et vous nous posez des questions essentielles et nous poursuivrons volontiers ces échanges avec vous.
Vous êtes déjà engagée sur le chemin de prendre soin de vous!
Alors à bientôt peut-être et de toute façon, bonne route !