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Questions et réponses

Nous vivons dans la peur, car mon père n'accepte pas le divorce et menace ma mère

Question
15 Mai 2006 - old...

Une personne alcoolique peut-elle un jour perdre la tête et être capable de n'importe quoi? Voilà mes parents sont entrain de divorcer, mon père a eu battu ma mère pendant de nombreuses années, depuis toujours il l'a menacé de la tuer, il n'accepte pas le divorce et traîne les choses, on vit dans la peur car on ne sait jamais de quoi il capable de faire... Il a perdu sa femme ses enfants et son travail, même qu'il ait une copine depuis 2 mois maintenant, il continue à m'appeler pour en faite savoir des choses sur ma maman, mais je ne dis rien, la plupart des appels se passe mal et on s'énerve, ja'i un caractère fort et une rage contre lui que je me révolte à plusieurs reprises, mais j'ai peur qu'il s'en prenne à ma maman pour mon attitude, il n'a aucun contact avec ma maman sauf avec moi... Aussi est-ce bien que la fille témoigne contre son père pour défendre sa mère? Je me demande les conséquences après et le témoignage et pour la fin du mois de juin, mon père ne sait pas que je pourrais témoigner contre lui... Que dois-je faire? Il est violent même trop violent... Merci beaucoup

Réponse
18-05-2011

Bonjour Bunny,

En vous lisant, nous ressentons bien le climat de peur et d'insécurité dans lequel vous vivez. Après de nombreuses années de violences, vos parents sont en train de divorcer et cela se passe mal. Votre père, que vous décrivez comme alcoolique et très violent, n'accepte pas cette séparation et vous téléphone souvent pour se renseigner au sujet de votre mère. Ses appels vous bouleversent, vous mettent en colère et vous craignez que vous réactions n'enveniment encore plus la situation.

Vous semblez également préoccupée par un éventuel passage à l'acte de votre père. Peut-il "perdre la tête", mettre ses menaces de mort à exécution ? Il est difficile de vous répondre car votre père lui-même ne sait peut-être pas jusqu'où peut aller sa violence... Mais ses menaces en tant que telles sont des faits suffisamment graves. Les menaces sont interdites et réprimées par la loi. Si nous avons bien compris, une procédure semble être en cours contre votre père; mais si ce n'est pas le cas, ce serait important de signaler ses menaces aux autorités.

Le fait de parler, de témoigner, n'est pas facile, car c'est souvent douloureux d'évoquer de mauvais souvenirs. Pourtant, la parole peut avoir un effet libérateur. Ce témoignage est peut-être l'occasion de "vider votre sac". Nous comprenons à quel point cette situation est délicate, mais il ne nous appartient pas de juger s'il est bien ou non qu'une fille témoigne contre son père.

Est-ce que vous avez l'impression de "trahir" en quelque sorte votre père par ce témoignage ? Car ce n'est vraiment pas le cas, vous essayez simplement de faire tout votre possible pour mettre un terme à ses comportements violents. Cela ne remet pas en question sa place de père; cela le met face à ses responsabilités, car il est évidemment le seul responsable de ses actes.

Pour le moment, vous semblez être dans une situation bien inconfortable, où vous portez beaucoup de "poids sur vos épaules". Cela n'est pas inhabituel, beaucoup d'enfants qui ont grandi dans un contexte de violence conjugale réagissent ainsi. Bien sûr, vous n'êtes plus une enfant, mais on peut imaginer que ce passé de violences à la maison a des répercussions sur vos réactions actuelles. Vous n'êtes pas obligée de tenir ce rôle de "médiateur" entre vos deux parents - rôle peu évident puisque vous êtes vous-même très impliquée émotionnellement. Même si cette situation a eu des répercussions importantes sur vous (et éventuellement sur vos frères et soeurs), vous n'êtes nullement responsable de la violence de votre père et de la souffrance de votre mère.

Y a-t-il d'autres personnes de votre famille ou de votre entourage qui peuvent prendre le relais et soutenir votre mère ? Nous ne savons pas si elle a déjà cherché une aide juridique ou un accompagnement psychologique; mais, dans le cas contraire, vous pourriez l'encourager à s'adresser à un organisme spécialisé dans ce domaine (vous trouverez toutes les adresses utiles en cliquant sur ce lien : www.violencequefaire.ch/fr/vic/adresse/index.php). Ce soutien pourrait lui être d'un grand bénéfice et vous soulagerait vous aussi, n'étant plus seule pour l'aider.

Nous espérons avoir pu vous apporter quelques pistes utiles et restons à votre disposition, si vous souhaitez nous ré-écrire. 
 

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