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Questions et réponses

La situation devient invivable. Quels sont mes droits, si je pars avec notre enfant ?

Question
31 Juillet 2016 - pip...

Bonjour. Je suis une femme de bientôt 40ans ayant un enfant de 1an reconnu et portant le nom de son père. Ayant des dettes d'avant notre ménage commun et ayant été au chômage durant de longs mois, j'ai enfin trouvé un travail. N'étant pas sur le bail (j'ai emménagé chez lui), je ne paye pas de loyer à proprement parler. Nous avons convenu que je prends en charge le leasing de la voiture et les frais de garde de notre enfant. Je m'occupe aussi de payer la majorité des courses pour nous et notre enfant. Malgré cela, mon compagnon continue de me faire des remarques rabaissantes par rapport à ce qu'il paye (majoritairement ses frais médicaux), de dire qu'on ne vit que grâce à son salaire, que je ne fais rien (travail à 100%, 1h30 de trajets quotidiens, aller chercher notre enfant chez la nounou, faire les courses, s'occuper de notre enfant, faire les repas et certains jours la lessive), il s'est persuadé que je me fais un pactole pour moi. Lorsque je lui dis que je suis épuisée, il n'écoute pas et lorsque que j'ose lui dire ce que je ressens, il se fâche et part en menaçant de se suicider. Peut-on parler de violence lorsqu'il n'y a pas de coups, que tout est caché et psychologique? Et si oui, comment faire pour m'en sortir? J'ai peur qu'on me sépare de notre enfant, mais je ne pourrais pas tenir longtemps encore dans cette situation. Hier, après que mon compagnon soit parti en disant qu'il allait se plomber et se jeter au lac, je suis partie avec notre enfant dans ma famille. J'ai averti mon compagnon d'où nous nous trouvions et il m'a répondu que je pouvais y rester. Sauf que c'est dans un autre canton et que tout ce que je possède est chez nous. Que je ne peux pas non plus rester là avec notre enfant, vu que le papa a des droits vu la reconnaissance. Aidez-nous svp. D'avance merci.

Réponse
07-08-2016

Bonjour Pipa,

Après une période difficile au niveau financier et professionnel, vous avez retrouvé un travail et une certaine indépendance: vous assumez ainsi les frais de nourriture du ménage, de voiture et de garde de votre enfant. Cependant, votre compagnon dénigre vos sentiments, votre engagement et votre participation à l'entretien du ménage. Vous êtes épuisée et des disputes éclatent souvent. Dernièrement, après un chantage au suicide, votre compagnon vous a dit de rester où vous avez trouvé refuge, c'est-à-dire dans votre famille. Vous avec peur d'être séparée de votre enfant si vous mettez fin à cette relation qui est devenue invivable. Vous faites bien de nous écrire.

Le dénigrement quotidien constitue bien une violence psychologique, même si, comme vous le dites, elle ne laisse pas de traces aussi visibles que la violence physique. Néanmoins, comme toute violence, elle a des effets sur la personne qui y est confrontée: perte de l'estime de soi, symptômes physiques, épuisement, isolement,... C'est pourquoi vous faites bien de vouloir réagir pour éviter de rentrer dans le cycle de la violence. Au niveau légal, la violence est interdite au sein du couple. Cependant, la violence psychologique, comme la violence économique à laquelle vous êtes aussi confrontée, est difficile à faire reconnaître. Il n'empêche que vous avez le droit de quitter le domicile commun en tout temps, avec votre enfant, et cela même si c'est pour aller dans un autre canton. Vous pouvez donc rester dans votre famille si vous le souhaitez. Le droit de visite qu'a votre compagnon n'est pas annulé d'office.

Par ailleurs, nous comprenons que vous soyez exténuée ! Vous assumez quasiment seule les frais et la garde de votre enfant, et cela, ce n'est pas normal. Vous envisagez la séparation, mais avez peur d’être séparée de votre enfant. Il se peut que votre compagnon demande la garde partagée, mais ce n’est pas pour autant qu’il l’obtiendrait. Nous ne voyons pas pourquoi on vous retirerait votre enfant: vous avez un travail un 100% et vous êtes compétente pour vous en occuper puisque c'est ce que vous faites au quotidien.

Un autre frein à la séparation sont les questions financières et matérielles, mais ces dernières ne sont pas de bonnes raisons pour rester dans une relation violente. En cas de séparation, vous pouvez reprendre vos meubles et les frais concernant l'enfant sont généralement partagés, pour autant que chaque parent puisse assumer sa partie. Dans ce cas, vous recevriez certainement des allocations de la part de votre compagnon. De plus, si votre salaire est insuffisant pour vivre, des aides sociales sont possibles, par exemple pour vous aider à trouver un logement. Si vous souhaitez prendre du recul et du temps pour réfléchir, vous pouvez contacter le centre MalleyPrairie. Ce centre accueille, conseille et soutient les femmes confrontées à de la violence au sein de leur couple. Des possibilités d’hébergement transitoires existent. Vous pouvez les appeler au 021 620 76 76. Les entretiens sont sans contrepartie financière, alors n'hésitez pas à chercher de l'aide auprès de ces professionnel-le-s, qui se déplacent aussi dans différentes villes vaudoises

Nous espérons avoir pu répondre à vos questions et vous souhaitons le meilleur pour la suite. Prenez bien soin de vous et de votre fils.

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