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Questions et réponses

En tant qu'homme victime, je ne me sens pas compris.

Question
21 Mai 2016 - ger...

j'ai été victime de nombreuses violences de ma partenaire : insultes, dénigrement et gifle en novembre 2015, ceci m'ayant conduit à une tentative de suicide... d'ailleurs ma compagne (qui m'a heureusement décroché alors que j'étais inconscient) n'a pas souhaité appeler les secours... Les "fêtes" de Noel ont été l'occasion de nouvelles humiliations. En janvier, elle s'est servie de notre enfant comme arme psychologique (en lui disant assez fort pour que je l'entende : "ton père est un monstre, un malade mental"; sous l'humiliation et la douleur, j'ai été pris en charge aux urgences psychiatriques Depuis le mois de février, nous sommes physiquement séparés, elle fait tout son possible pour nous priver notre enfant de trois ans et moi de tout contact mutuel... Et ces derniers jours, je m'apercois qu'elle m'a caché des revenus frauduleux de sa part, un patrimoine important. Ceci m'ayant conduit à endosser seul toutes les dépenses du ménage : je me sens aujoud'hui escroqué. Et je m'aperçois que je suis en quelque sorte piégé : sur le site du ministère public, il est indiqué que je n'ai que trois mois pour porter plainte... J'ai eu trop honte pour porter plainte. Et pour un homme, ce n'est pas facile de s'avouer être victime de violences conjugales Je me sens abominablement meurtri et maintenant impuissant. Et le pire c'est de savoir notre enfant sous la seule garde d'une personne qui s'est conduit avec abomination. Je ne sais pas quoi faire...

Réponse
29-05-2016

Bonjour Gero,

Tout d'abord, nous tenons à nous excuser pour le retard avec lequel nous répondons à vos messages. Nous avons reçu beaucoup de questions dernièrement et notre délai de réponse a été rallongé.

Nous entendons toute la détresse présente dans votre message et comprenons cette souffrance, ainsi que vos sentiments de solitude et d'injustice. La violence conjugale qui touche les hommes est malheureusement encore entourée de beaucoup de tabous sociaux, et les hommes qui en sont victimes n'osent de fait que peu en parler. La honte et la culpabilité qu'ils ressentent les empêchent souvent de dénoncer la violence, mais ces émotions sont normales face à une situation qui, elle, ne l'est pas. Vous pouvez être fier de vous: vous avez fait le pas de dénoncer la violence que vous subissez de la part de votre compagne. Cette violence est grave et rien ne la justifie. Vous avez raison d'agir et de chercher de l'aide.

Comme vous le dites dans votre message, il existe davantage de structures s'adressant aux femmes. Cependant, plusieurs services existent pour venir en aide aux hommes victimes de violence au sein du couple. Apparemment, vous vous êtes déjà rendu au Centre LAVI, mais cette visite n'a pas été à la hauteur de vos attentes. Que s'est-il passé lors de votre rendez-vous pour que vous éprouviez une telle amertume vis-à-vis de ce service ? Nous imaginons bien qu'il est difficile de parler de la violence subie et de ses conséquences, que vous devez vous sentir seul face à ce que vous vivez. Peut-être y a-t-il eu un malentendu entre vous et la personne qui vous a reçu ?

Si vous souhaitez consulter un autre service, il existe une association genevoise spécifiquement destinée aux hommes victimes de violence conjugale: Pharos-Genève. N'hésitez pas à les contacter, ne restez pas seul face à ce que vous vivez.

Nous tenons également à vous rappeler différents aspects juridiques. Il est vrai que pour les actes poursuivis sur plainte, tels que les injures ou les violences physiques isolées ne laissant pas de traces (gifles), le délai pour déposer plainte est de trois mois. En revanche, le fait de ne pas porter secours à sa/son partenaire blessé-e ou en danger est un acte qui est poursuivi d'office. Lorsque votre compagne n'a pas cru bon d'appeler les secours après votre grave tentative de suicide, elle n'a pas répondu à son devoir de porter secours à une personne en danger. Les actes poursuivis d'office peuvent l'être dans un délai de cinq à vingt ans selon leur gravité.

Nous vous encourageons donc à poursuivre dans la voie que vous avez choisie, à savoir dénoncer la violence. Nous sommes conscient-e-s que cette démarche n'est déjà pas facile à entamer pour les femmes victimes et nous imaginons que ce doit être d'autant plus ardu pour les hommes, mais vous et votre enfant méritez de retrouver une vie sereine. Des professionnel-le-s sont là pour vous soutenir dans ce cheminement.

Nous espérons que notre réponse aura su vous aider et que vous vous êtes senti compris dans votre souffrance. N'hésitez pas à nous réécrire pour toute autre question. Nous vous envoyons nos meilleures pensées pour vous accompagner.

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