1- Est-ce de la violence conjugale? Je pourrais écrire des pages et des pages. Je ressens un grand besoin d'en parler. Je ne sais pas par où commencer. Peut-être par dire ce qu'il ne fait pas: qu'il ne m'a jamais frappé, mais qu'il a frappé des objets et hurler après moi et s'est auto-mutilé devant moi (il s'est donné des (environ 10) coups de poings au visage). Les premières fois que c'est arrivé, je lui ai dit que c'était inacceptable, que je ne pouvais pas accepter cela, et il m'a répondu que c'était moi qui était violente, car je le menaçais de le quitter. Je me disais que ce n'était pas une menace, c'était une réalité, s'il continuait, j'allais devoir le quitter. Mais les épisodes étaient très espacés. Alors je pardonnais (plus ou moins, car je ressens énormément d'amertume). Puis il m'a dit que c'était un droit de mariage que de se fâcher contre son épouse, "que si on avait plus le droit de se fâcher contre son épouse, on avait plus le droit de se fâcher nulle part; s'il y avait un endroit où on devait se permettre de se fâcher, c'est bien dans son couple." C'était au début de notre relation. Je n'en croyais pas mes oreilles et en même temps, je doutais, je n'ai donc vérifier avec personnes. Après l'épisode d'auto-mutilation, je lui ai dit que je le quittais, mais je me suis repentie le lendemain en m'excusant de mon impulsivité et il m'a répondu qu'il ne pouvait plus vivre dans un climat de menace et de peur constante d'être quitté et que ça devait cesser. J'ai promis. C'était en mai 2014. Depuis, les choses se sont envenimer, la tension est extrêmement élevée dans la maison, je m'enferme en fait dans ma chambre, je suis en arrêt de travail et je fais de mini attaque de panique quand je suis en sa présence. Il me dénigre en me disant que je m'en fais pour des riens et que c'est lui qui souffre de violence conjugale de ma part. Je lui ai demandé de quitter le domicile familial autour du 15 janvier dernier et il refuse (la maison est à mon nom et c'est moi qui la paye) et il a consulté des avocats qui lui ont fortement recommandé de ne pas quitter. J'ai un ancien patron (environ 70 ans), très bon ami à moi, à qui je n'ai jamais parler de la situation, car il est ma seule référence pour avoir un emploi et je ne voulais pas contaminer la relation. Il le sait. Il m'a dit que la seule personne avec qui il accepterait de parler, c'est lui. J'ai consenti. Il a exigé de le voir seul. Je me sens insécure là-dedans. Mon ami a réussi à le convaincre de partir, samedi prochain, en prenant soin d'abord de mettre nos peurs sur papier. Sa liste était longue, pour ma part, j'en avais une seule: qu'il ne parte pas. Depuis, il me dit que si je ne me comporte pas bien, il ne partira pas, s'il sent ses intérêts en péril, il ne partira pas. C'est en fait ce qui cause mes crises d'angoisses parce qu'un rien dans mon comportement est utilisé comme créant chez lui des peurs de représailles. Je m'enferme ou fuit le plus possible. Je m'en veux, car je suis une femme brillante et féministe par surcroit et je suis tombée dans ce type de relation. Je l'ai vu depuis le début et je n'ai pas réagi. Et j'ai tout de même créé une famille avec ce type. Nous avons un garçon de 4 ans. La relation dure depuis 7 ans. Les comportements contrôlants ont commencé quand je suis tombée enceinte. Je n'avais pas le droit de manger ce que je voulais, je n'avais pas le droit de prendre des bains chauds, je n'avais pas le droit de sortir le soir. Il est mexicain et j'ai accouché au Mexique et il a signé contre mon gré pour une césarienne, alors que notre fils n'était pas prêt à naître. Il arrête ma musique quand elle ne lui plaît pas. Je dois lui demander la permission pour plein de petites choses (mais pas pour sortir). J'ai peur qu'il ne parte pas et j'ai peur qu'il revienne s'il partait enfin. Je fais des cauchemars comme quoi je n'ai plus de force et il faut que ça s'arrête. Je dois lui demander la permission pour lui parler ou lui poser une question: aujourd'hui, je voulais lui dire quelque chose, il a refusé. Il a voulu me dire quelque chose, je lui rétorqué que j'avais demandé à parler et il s'est mis à me dire ce qu'il voulait me dire en parlant par dessus-moi et en me dénigrant. Je lui ai dit: "tu sais, quand 2 soldats ont été bombardés et sont gravement blessés, peu importe qui a été blessé en premier et qui est plus blessé que l'autre, ni un ni l'autre ne peut s'aider, on n'a plus la capacité de s'écouter et d'être empathique l'un envers l'autre et chacun doit trouver ailleurs quelqu'un qui peut les aider à se guérir." Il m'a répondu qu'il était d'accord avec moi, mais que lorsque je lui disais cela, il comprenait que j'étais très en colère contre lui et qu'il craint que ma colère me porte à faire quelque chose contre lui et donc il ne pourra pas partir dans ces conditions là. Bon, je sais, j'ai trop écrit. On est peut-être juste un couple en crise avec une plaie ouverte et non soignée depuis trop longtemps. Merci de cet espace et de votre réponse. Suis-je la personne violente dans le couple? Suis-je en droit de lui demander de partir même si cela peut lui porter préjudice, car il est étranger avec un visa d'étudiant. Merci Il dit que c'est lui qui vit de la violence de ma part, que je ne respecte pas sa liberté, sa dignité. Il me dit qu'il a peur que je lui fasse du tort.
Bonjour Madame,
Merci de nous confier votre message. Nous allons tenter d’y répondre avec toute l’attention qu’il mérite. Selon votre témoignage, vous vivez des violences psychologiques au sein de votre couple. Vous voulez que votre conjoint quitte votre maison. Nous ignorons si vous êtes mariés, cela semble que oui, puisqu’il vous affirme qu’il a le droit de crier sur son épouse… (Ce qui est parfaitement faux). Toutefois le fait que vous soyez mariée a une importance dans la mesure où vous voulez vous séparer. Se séparer est un droit par contre, mariée ou pas, d’ailleurs. Mais si vous avez un contrat de mariage, vous pouvez demander la séparation ou le divorce par le biais du Juge, qui officiellement vous autorisera à vivre séparé de votre conjoint. Voilà pour la partie officielle. Nous joignons un lien où vous trouvez tous les renseignements utiles à une séparation ou un divorce.
Vous décrivez dans votre message un comportement vraisemblablement violent psychologiquement de la part de votre conjoint. Il nous apparaît qu’il a réussi à imposer un climat de doutes et pressions sur vous et vous rend responsable de ses problèmes depuis le début de votre relation. Nous relevons des faits graves commis à votre encontre, notamment de signer contre votre gré pour une césarienne. Mais également toutes les formes de contraintes, de contrôles et de manipulation. Il nous semble que votre conjoint utilise habilement vos réflexions et les sympômes de vos traumatismes pour vous culpabiliser et justifier ses comportements violents qui lui permettent de se déguiser en victime.
Ce qui nous réjouit, c’est, en vous lisant, que vous affirmez être une femme brillante. Heureusement que vous gardez une certaine estime de vous-même. Par contre vous décrivez des symptômes importants de votre santé que nous vous conseillons de traîter si vous n’avez pas encore entrepris des soins. En effet, la violence subie est destructrice et peut générer des traumatismes non négligeables. Nous vous conseillons de consulter un-e psychothérapeute, afin de réduire vos crises de panique et de retrouver une vie harmonieuse. Ceci nous semble très important aussi pour la santé et le bon développement de votre fils.
Vous nous demandez si vous êtes juste un couple en crise ? Nous pensons plutôt qu’il y a un fort déséquilibre dans la relation et que cette crise relève de la violence conjugale dont votre conjoint est l’auteur. Vous pouvez vous adresser à des professionnel-le-s de la violence conjugale dans votre région. Des personnes expérimentées peuvent vous recevoir et vous conseiller et vous aiguiller vers des services compétents, d’autant plus si vous craignez que votre conjoint ne respecte pas votre volonté qu’il parte ou qu’il revienne si il part. Vous avez le droit de demander à ce qu’il parte, vous avez le droit de vous séparer. Vous n’êtes pas responsable de sa situation par contre, il est responsable de ses comportements violents. Il est responsable de sa vie.
Nous espérons que votre situation pourra se régler le plus vite et le mieux possible pour votre bien et celui de votre enfant. Nous vous souhaitons tout le courage et la force possible et nécessaire à votre mission.
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