Bonjour, J'ai été victime de violence psychologique ainsi que des viols il y a plusieurs années de cela (ça a débuté il y a cinq ans et s'est terminé il y a trois ans). Je ne me souvenais de rien du tout puis ça m'est "revenu" mi-juillet. Je me fais aidé afin de "vivre cela au mieux" (ou en tout cas, essayé de survivre car c'est bien compliqué de se découvrir une "deuxième vie"). On me demande souvent si je veux porter plainte. Je ne pense pas que ce soit le moment, je n'en ai pas la force, ni le courage. Mais j'aimerais savoir comment cela se passe. Est-ce que ça vaut le coup de porter plainte s'il n'y a aucune preuve ? Si c'est parole contre parole, la parole de quelqu'un qui ne se souvient pas de tout et a l'impression d'être folle est-elle entendue ? Faut-il un avocat ? J'imagine que oui, y a-t-il une aide pour le payer ? J'imagine qu'il faut raconter ce qu'on a vécu, mais y a-t-il encore autre chose (examen gynéco' par exemple) ? Enfin voilà, je suis dans l'inconnu absolu et je cherche à avoir des informations pour savoir à quoi m'attendre si une fois je me décide. Bien que ce ne soit pas pour le moment. Merci
Bonjour Mi Lie,
Merci de votre patience ! Notre réponse s'est fait attendre...
Vous avez bien fait de nous écrire. La violence psychologique laisse autant de séquelles que la violence physique, et la violence sexuelle également. Ces violences constituent toutes des infractions et vous êtes effectivement en droit de porter plainte (pour des délits mineurs, le délai est de trois mois mais pour des viols, ce délai peut courir jusqu'à plusieurs années).
D'après ce que vous nous écrivez, vous avez vécu des violences graves et vous avez eu raison de vous chercher une aide extérieure une fois que s'est terminée votre "amnésie" temporaire (un des effets possibles après une agression sexuelle). Se reconstruire est faisable. Cela peut prendre du temps, et l'on n'oublie pas les événements vécus ni la souffrance qu'ils ont engendrée, mais on peut surmonter le traumatisme. Le fait de porter plainte peut, d'une certaine manière, aider à rétablir la justice, ce qui est important et représente un facteur de "cicatrisation".
Nous comprenons que vous ne vous sentiez pas encore prête à déposer plainte, bien que vous envisagiez la démarche. Peut-être que ce jour viendra. Bravo de faire le premier pas en glanant auprès de notre site quelques renseignements !
Pour répondre à vos questions, d'abord oui, "ça vaut le coup" de porter plainte, même si c'est parole contre parole. Si la personne auprès de qui vous avez trouvé de l'aide est psychologue ou psychiatre, un certificat pourra renforcer ou confirmer vos dires. Ensuite, encore oui, il serait bon de vous faire représenter par un/une avocate de votre choix. Enfin, non, un examen gynécologique ne se justifie plus vu le temps écoulé depuis les viols (à moins qu'il n'y ait eu des lésions encore constatables).
Quant à l'aspect financier, sachez qu'il existe en Suisse des centres LAVI (aide officielle aux victimes d'infractions) dans chaque canton. Leurs prestations sont gratuites et confidentielles. Vous y trouverez une écoute professionnalisée, des conseils juridiques, des adresses d'avocat-es, etc. Les frais d'honoraires des 4 premières consultations chez un ou une avocate sont pris en charge par la LAVI. En outre, la LAVI peut payer la part des frais de thérapie (en lien avec le délit bien évidemment) qui ne seraient pas couverts pas la caisse-maladie, car le but premier de cette loi est d'aider les victimes à se remettre du choc subi lors de l'agression. Elle vous donne également le droit d'être accompagnée par une personne de confiance de votre choix durant la procédure, de refuser d'être confrontée à l'auteur des viols, et de demander à être entendue par des personnes de sexe féminin (juge, police, etc.).
Le mieux serait de vous adresser directement à l'association Solidarité femmes à Fribourg : c'est non seulement un centre LAVI officiel, mais également un centre d'accueil pour les femmes victimes des violences de leur partenaire. Vous y serez bien reçue, informée et conseillée par des femmes spécialement formées aux questions qui vous préoccupent, et cela sans qu'aucune pression ne soit exercée sur vous pour que vous entrepreniez telle ou telle démarche. Il n'est pas non plus nécessaire de porter plainte pour bénéficier de ces services, qui sont gratuits. N'hésitez pas à appeler ! Tél. 026 322 22 02.
Nous vous souhaitons bon vent sur le chemin de la reconstruction et restons bien en pensée avec vous.
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