Bonjour, Je me permets d'adresser ici une question pour mon père : Il se plaint d'être maltraité psychologiquement par sa compagne, avec qui il vit depuis 24 ans. Sous forme de chantage affectif en priorité. Cela a toujours été cyclique dans leur relation avec des phases de ruptures. Ma famille et moi sentons mon papa très vulnérable et ayant peur de la solitude et dans la crainte de cette femme également. Il dit préférer rester avec elle même si elle le maltraite plutôt que d'être seul, alors qu'il se dit conscient de cette situation malsaine et admet qu'il n'a plus d'estime pour lui-même et se sent prisonnier de cette relation. Les choses se sont accentuées depuis quelques mois car il a touché une très grosse somme d'argent suite à la vente d'un bien immobilier. Depuis, sa compagne exerce une pression sur lui en lui demandant des sommes colossales sous peine de le quitter en cas de refus. Il s'exécute et sa fortune diminue drastiquement de jour en jour. Cela m'inquiète énormément mais je me sens impuissante, idem pour sa famille proche. Comment pouvons-nous lui venir en aide? Quels sont les mesures protectrices à notre portée? D'un point de vue de son intégrité mais également de sa situation financière, qui pourrait à terme j'en ai peur, le laisser dans une situation précaire. Je vous remercie sincèrement d'avance de votre réponse et de vos conseils, car je ne sais pas où commencer et où m'adresser. Meilleures salutations.
Bonjour Fafou,
Nous comprenons votre inquiétude et votre sentiment d'impuissance devant la situation dans laquelle se trouve votre père. Il est toujours douloureux de voir souffrir ceux que l'on aime, d'autant plus lorsqu'on ne sait comment y remédier. La violence conjugale peut revêtir divers aspects et il semble bien que votre père soit confronté à la fois à de la violence psychologique et à une forme de violence économique.
En Suisse, la violence conjugale (que le couple soit marié ou non) constitue un délit et les personnes qui en sont victimes sont en droit de porter plainte si elles le souhaitent. Des tiers qui en sont les témoins sont également habilités à le faire. Une démarche délicate pour les proches, qui risquent par-là de nuire à la relation qu'ils ont avec la victime. La difficulté c'est que le plus souvent cette dernière est majeure, n'est pas sous tutelle et que l'on ne peut par conséquent pas l'obliger à entreprendre quoi que ce soit - même dans le but de la mettre à l'abri ou d'améliorer sa qualité de vie.
Vous nous demandez de quelles mesures protectrices vous disposez. A notre connaissance, aucune. Nous vous suggérons toutefois de faire appel à un/une avocate ou à un service de consultations juridiques (comme par exemple celui du Centre social protestant, qui est gratuit) afin de vous renseigner sur les éventuelles mesures à prendre, s'il y en a : en effet, votre père est libre de disposer à sa guise de sa fortune. Cela dit, si d'après vous il y a abus, il vaudrait la peine d'explorer le champ légal à ce sujet.
Votre deuxième question porte sur la manière dont vous pouvez venir en aide à votre père. Vous pouvez faire plusieurs choses : tout d'abord l'informer - l'informer sur la violence, sur ses aspects, sur ses effets, sur le piège qu'elle représente. Notre site offre de nombreux renseignements à ce sujet. Ensuite, lui faire connaître ses droits - comme celui de porter plainte, ou de mettre son argent à l'abri par exemple. Et enfin, lui communiquer les coordonnées de l'association Pharos, qui vient en aide aux hommes confrontés à la violence de leur partenaire. Les consultations sont données par des spécialistes et à notre avis cela pourrait être bénéfique à votre père, le soutenir, et l'aider à mieux saisir les enjeux de sa situation actuelle. Pensez-vous qu'il serait d'accord de prendre un rendez-vous ? Tél. 078 615 75 85. Pharos est basé à Genève. Si cela posait problème, il pourrait s'adresser également au département du CHUV spécialisé dans les formes de violence. Nous pensons qu'il aurait besoin du soutien de professionnel-le-s et l'encourageons à faire appel à l'un de ces services.
De votre côté aussi, vous pouvez continuer à lui offrir votre soutien et l'assurer qu'il pourra toujours compter sur vous, que vous êtes là pour lui. C'est important. S'il n'est pas prêt à demander une aide extérieure pour le moment, soyez patiente. Ce jour viendra. En attendant, respectez sa volonté et encouragez-le du mieux que vous le pourrez, jusqu'à ce qu'il trouve en lui la force de se libérer de la relation destructrice qu'il a avec sa compagne.
Gardez courage. Nous restons en pensée avec vous et formons nos voeux pour votre avenir et pour celui de votre père.
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