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Dois-je couper les ponts avec ma mère pour qu'elle réagisse ?

Question
31 Décembre 2013 - old...

Bonjour à vous, quelle tristesse que le site soit saturé. Ou bien quelle joie que des personnes osent poser des questions. Voici la situation : il y a 15 ans, ma mère a pris un amant et a divorcé de mon père il y a 11 ans. Elle est restée avec cet amant avec lequel elle s'est pacsée en cachette il y a 5 ans(elle devait se douter de la réaction peu enthousiaste de ses proches). Le 26 décembre, le père de ma mère décède. Le soir même, au lieu de soutenir ma mère dans son deuil, son conjoint fait une crise (comme il le fait environ tous les mois) et hurle sur moi (la fille) et mon mari. Il nous insulte violemment (mes enfants de 1 et 4 ans étaient présents). Ma mère décide d'appeler les gendarmes puis se rétracte. Mon mari prend les choses en main. Les gendarmes interviennent. Le conjoint fâché frappe mon mari. Le couple et les gendarmes discutent. Ma mère décide de se dépacser puis se rétracte et pardonne. Je n'en peux plus de cette situation. Je souhaite évidemment qu'elle le quitte car j'ai peur pour elle. J'ai prévenu mon frère, ma sœur, une cousine et mes tantes. Mutisme et non-réaction de leur part. Quelle réaction dois-je avoir ? Dois-je couper les ponts avec elle pour qu'elle réagisse ? (conseils de mon médecin) Je suis à bout.

Réponse
07-01-2014

Bonjour Papilou,

Nous comprenons que vous soyez excédée par la situation et que, par ailleurs, vous ayez des craintes pour votre mère. C'est  bien légitime. Son conjoint semble en effet être violent, et vous nous écrivez qu'il a une crise environ chaque mois.

Pour ce qui est des violences (verbales ou autres) exercées à l'encontre de votre mère, votre marge d'action est assez limitée : en fait, comme elle est majeure, vous ne pouvez pas agir à sa place, c'est à elle d'entreprendre les démarches nécessaires pour se protéger et mettre un terme à la violence conjugale qu'elle vit : par exemple en portant plainte contre son partenaire, en préparant son "plan de secours", en se réfugiant dès la prochaine alerte dans une maison d'accueil pour femmes confrontées à des violences, en posant des conditions très claires à son retour au domicile, etc. etc.
Cela dit, vous pouvez d'une part l'informer sur ses droits, par exemple celui de quitter le domicile conjugal (art.175) ou celui de porter plainte; l'informer également sur les services d'aide existants, comme le centre LAVI de son canton, aux prestations duquel elle a droit gratuitement (tél. 032 420 81 00), ou encore Solidarité femmes à Bienne, un centre de consultations spécialisé dans les questions de violence conjugale. Les entretiens y sont confidentiels et gratuits. Tél. 032 322 03 44.
En outre, comme toute citoyenne ou tout citoyen témoin d'une situation de violence,  vous avez si vous le souhaitez la possibilité de déposer une plainte pénale contre le partenaire de votre mère pour le tort qu'il lui cause (que ce soit des insultes, des menaces, des coups, ou toute autre atteinte à son intégrité physique ou psychique). Son compagnon sera alors convoqué par la justice ou la police et aura à rendre des comptes de son comportement. Il peut encourir des sanctions. Selon la gravité des faits, la violence conjugale est un délit poursuivi d'office ou sur plainte. On peut d'ailleurs porter plainte plusieurs fois, si l'auteur de l'infraction récidive.

En-dehors de ces questions de violences conjugales, votre mari et vous-même avez le droit, vous aussi, de porter plainte contre cet homme pour les violences verbales et l'agression physique dont vous avez été victimes le 26 décembre. Vous avez un délai de trois mois pour le faire, soit jusqu'au 25 mars. Réfléchissez à cette option, votre mari et vous. Une plainte est un bon outil dissuasif. L'avantage est que les faits sont consignés dans un dossier et que cela peut s'avérer utile par la suite, on ne sait jamais.

Quant à votre question sur la nécessité ou non de couper les ponts avec votre mère, nous sommes bien en peine de vous répondre. C'est à vous de voir quelles mesures vous avez envie de prendre, vous connaissez mieux que personne les tenants et les aboutissants de l'histoire. Mais si nous avions un seul conseil à vous donner, ce serait de ne plus aller rendre visite à votre mère avec les enfants : il vaut mieux leur éviter d'être témoins de ce genre de scène violente, c'est nocif pour eux. Vous pourriez expliquer à votre mère la raison de cette décision et lui proposer de venir seule chez vous, à l'avenir, pour rendre visite à ses petits-enfants. Car si vous ne pouvez pas protéger votre mère contre son gré, vous pouvez (et devez) du moins vous protéger vous-même et protéger vos enfants.
Il est certainement regrettable que le reste de votre parenté demeure sans réaction. Mais vous n'êtes pas isolée pour autant : si nous avons bien compris, vous avez l'appui de votre mari et celui de votre médecin. En outre, si vous le souhaitez, vous pouvez consulter le centre LAVI, puisque votre mari et vous-même avez été victime d'une agression : vous y trouverez un soutien juridique et psychologique offert par des spécialistes.
Nous espérons que ces quelques pistes vous aideront et vous souhaitons bon courage et bonne chance pour la suite. Que 2014 vous apporte une issue heureuse à cette situation !

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