Bonjour, voilà je vais essayer de vous résumer la situation. Je suis Suissess et en couple avec un homme d'origine Algérienne depuis 5 ans dont 4 ans de mariage. Nous avons une fille de 2 ans et 3 mois. Il a fait de la prison 2 fois la dernière fois il a été incarcéré alors que j'étais enceinte de 8 mois et il est resté en prison durant 2 ans. (Il est sorti il y a 3 mois). Il a toujours été lunatique et impulsif. Il peut devenir très agressif très rapidement pour rien et comprend toujours les choses de travers. Il prends souvent mes réfléxions ou conseils pour des agressions et après quelques minutes me parle comme si rien ne s'était passer et m'interroge même sur pourquoi je fais la tête ou je n'ai pas l'air en forme. Il avait également de très mauvaises fréquentations. Il les a toujours sauf que la moitié se trouve en prison en ce moment. Et qu'il sort beaucoup moins car il travaille depuis 1 mois pour une agence de placement en mission temporaire. Par le passé il m'a déjà frappé lors de disputes verbalement très violentes qui ont dégénérées, la dernière fois j'étais enceinte de 6 mois et après m'avoir donné plusieurs baffes il m'avais menacé de me donner des coups dans le ventre si je recommençais à crier. Je n'ai jamais porté plainte car j'étais sous son emprise et tellement amoureuse de lui malgré tout. J'arrivais toujours à lui trouver des excuses et c'est toujours moi qui faisais le premier pas pour me réconcilier. Durant ces 2 années de prison j'ai pris conscience de plein de choses et je me suis sevrée de lui si on peut dire. J'ai réappris à vivre sans lui et seule avec notre fille et mise à part les visites hebdomadaires au parloir je nageais dans le bonheur mais toujours avec la crainte du jour ou il sortirait. Cette crainte c'est malheureusement confirmée. Les chose depuis 3 mois son très compliquées. Il n'est ni mature ni responsable et a eu de la difficulté à faire sa place au sein de la maison et auprès de notre fille car au début il lui criait beaucoup dessus pour rien dès qu'elle pleurait un peu. J'ai eu très peur plusieurs fois qu'il la frappe surtout lors du ramadan ou il était sur le nerfs encore plus que d'habitude. Le problème qui se pose depuis plusieurs semaines c'est que je fais tout pour éviter de le laisser seul avec notre fille et qu'il souhaite la garder lorsque je travaille par exemple les week-end (lui a congé). Comme je ne peux pas me résoudre à la lui laisser ayant peur de ses réactions et de ce qu'il pourrait se passer durant mon absence il a pris l'habitude de me menacer d'enlever notre fille et de l'amener en Algèrie pour que je ne la revois plus jamais. Ces menaces étaient au départ très espacées mais à présent c'est plusieurs fois par semaines. J'ai droit par exemple à des "si tu continues de faire la maligne je la prendrai quand tu dors et lorsque tu te réveilleras on sera parti très loin" ou "imagine si un jour tu rentres du travail et nous ne sommes plus là et nos affaires non plus" ou "si un jour tu divorce j'espère que tu ne m'enlèveras pas mon permis b car moi je t'enlèverai R..."... Je suis totalement traumatisée, je n'arrive plus à dormir comme avant car je fais des cauchemars presque toutes les nuits et même parfois après qu'il soit parti travailler vers 5h du matin , je me réveille en sursaut n'entendant pas la petite pour aller voir en courant si elle se trouve toujours dans son lit. J'ai tout le temps envie de pleurer même au travail quand je repense à tout ça. J'ai tellement peur qu'un jour il me prenne ma fille c'est insoutenable. Le problème c'est que j'ai tout aussi peur des répercutions et de sa réaction si je le quittais du jour au lendemain et que je partais avec notre fille. Depuis quelques jours il joue avec mes nerfs en s'adressant directement à elle et en lui demandant si elle veut venir en Algérie avec lui voir sa grand-mère et il lui dit qu'il va bientôt lui faire un passeport Algérien. Je n'en peux plus et je ne sais pas quoi faire... En plus il me rabaisse régulièrement et même en présence de notre fille comme l'autre jour en me jetant ses vêtements sales à la figure car j'avais oublié de laver un de ces jeans... Lorsque j'essaie de lui expliquer que ce n'est pas en criant sur elle qu'elle va l'accepter ou quand je tente de lui donner des conseils de sécurité pour la centième fois comme "chéri ne laisse pas le couteau de cuisine traîner sur la table basse pour aller répondre à ton natel" ou "il ne faut pas laisser le manche de la poêle dépasser la petite pourrait l'attraper et se brûler" j'ai souvent droit à des "ta gueule" ou des "Nick oumek" (nique ta m... en arabe)... Est-ce cela de la violence psychologique? En suis-je bien victime? Parfois il est déroutant et je doute de moi car il peut aussi être très gentil et me parler si calmement comme lorsqu'il me dit qu'il trouve que j'ai changé et que je ne l'aime plus comme avant! Est-ce de la manipulation et est-ce fait exprès? Je ne sais plus quoi faire à part peut-être consulter un avocat... Je suis paralysée par la peur. J'en suis arrivée à avoir peur de rentrer chez moi de peur que cela ne dégénère et qu'il me menace encore. Auriez-vous des conseils??? Je suis si fatiguée et si perdu... Merci d'avance, minaco.
Bonjour Minaco,
Veuillez excuser le retard avec lequel nous répondons à votre message. Notre site a été très sollicité ces derniers temps ! Merci de votre patience.
Votre peur, votre sentiment "d'être perdue" et épuisée, sont bien légitimes, de même que votre constante envie de pleurer. Ce sont là des effets directs de la violence psychologique et verbale que votre compagnon semble exercer à votre encontre. Ces violences-là, dont le dénigrement et les insultes que vous décrivez, font autant de dégâts que la violence physique dont il a usé par le passé. Elles sont d'ailleurs interdites par la loi, comme toutes les formes de violence conjugale. Vous êtes en droit de porter plainte contre lui (il suffit pour cela de vous rendre dans un poste de police) et vous pouvez à nouveau porter plainte chaque fois qu'il vous menace ou vous manque de respect.
L'expérience nous dit que les phases de gentillesse entre les périodes de violence n'ont rien d'inhabituel, elles font pour ainsi dire "partie du tableau". De même que les doutes qui vous assaillent : c'est le même constat dans toutes les situations de violence, où le partenaire "agresseur" finit par instiller le doute chez sa victime, laquelle finit par se demander "si elle ne se fait pas des idées, au fond". Lorsque vous commencez à douter de vous, rappelez-vous comment vous vous sentiez lorsque vous étiez seule avec votre fille, que vous aviez appris à vivre sans lui, que vous aviez réussi votre "sevrage" (pour employer vos termes), souvenez-vous de ce bonheur que vous ressentiez d'être libérée et autonome. C'est là votre vraie réponse. Gardez toujours à l'esprit les multiples prises de conscience durant la période où il était en prison... et félicitez-vous de les avoir faites !
Cela dit, la situation semble se dégrader depuis trois mois et nous comprenons votre inquiétude, d'une part qu'il ne se livre à des maltraitances sur votre petite fille, d'autre part (et surtout) qu'il ne mette à exécution ses menaces d'enlèvement. Cette peur "insoutenable" que vous vivez n'est pas irrationnelle. Tenez-en compte, prenez au sérieux ces menaces, et envisagez des mesures sans tarder. Le risque existe bel et bien qu'il passe aux actes.
Certains pays ont signé avec la Suisse des conventions relatives aux enlèvements d'enfants vers l'étranger. Lorsque c'est le cas, les démarches sont facilitées. Un plan d'action est prévu et, au besoin, des mesures de sécurité peuvent être mises en place immédiatement sur le plan officiel (consulaire et policier). Or nous croyons savoir qu'il n'existe à ce jour aucune convention avec l'Algérie - mais nous pouvons nous tromper. Essayez de vous renseigner auprès du Département fédéral des Affaires étrangères.
Au vu de la situation que vous vivez actuellement et du stress intense auquel vous êtes confrontée, nous vous encourageons vivement à faire appel au centre de Solidarité femmes de Genève dès que possible : là, des femmes qui ont l'expérience de ce genre de situations sauront vous écouter et vous apporter un appui professionnel spécialisé, tant sur le plan juridique que personnel et psychologique. Vous pourrez examiner avec elles ce qu'il convient de faire pour parer au plus pressé et vous mettre à l'abri avec la petite. Les consultations sont gratuites et confidentielles. Tél. 022 797 10 10. Vous avez en outre la possibilité de loger avec votre fille dans la maison d'accueil de Solidarité femmes si vous le souhaitez, tant que la situation n'est pas clarifiée et tant que les menaces ne sont pas écartées. On pourra également vous mettre en lien avec un/une avocate (les honoraires des 4 premiers rendez-vous étant pris en charge par la LAVI - service officiel d'aide aux victimes d'infractions). Du moment que l'enlèvement d'enfants et les menaces constituent un délit, vous avez droit aux prestations prévues par la loi en faveur des victimes.
Avant de clore, nous aimerions encore vous dire de prendre soin de votre santé. Vous êtes à bout, vous souffrez de troubles du sommeil, de cauchemars et d'une tristesse apparentée à de la dépression. En avez-vous parlé à votre médecin ? Vous allez avoir besoin de toutes vos forces dans les temps qui viennent... Mettez donc toutes les chances de votre côté. Soignez-vous, mettez-vous à l'abri, faites-vous aider sans plus attendre.
Bon courage pour la suite, soyez forte, défendez vos droits de femme et de mère. Nous sommes en pensée avec vous, de tout coeur.
Bonjour Gisèle, Avant tout, veuillez nous excuser du retard avec lequel nous répondons à votre question. Notre site est très...
Bonjour, Votre question est très précise, cependant, si vous nous le permettez, nous aimerions vous poser quelques question afin de...
Bonjour Madame, Vous nous dites vivre depuis plusieurs années de la violence psychologique et physique de la part de votre...