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Questions et réponses

Il a déposé une nouvelle plainte contre moi, je suis anéantie, tout est mensonge.

Question
17 Juillet 2013 - old...

Bonjour, Je vous ai écrit 2 deux reprises. Je vous remercie de vos réponses qui m'ont donné du courage. Je suis allée à la séance de conciliation début juillet et je dois dire que celle-ci ne s'est pas déroulée comme je le souhaitais. En effet, le procureur a simplement proposé un retrait de plaintes avec un délai de 3 mois sans reprendre les faits et en mettant dans le même panier le fait que j'ai subi du harcèlement et des coups et celui que j'aie jeté ses habits. Je suis sortie dépitée. De plus, mon ex ami a fait savoir qu'il avait déposé plainte contre moi pour diffamation. En effet, il dit qu'il ne m'a jamais frappé et refuse de payer les frais d'assurance maladie. Il dit que c'est moi qui l'ai frappé. C'est très dur pour moi. Je pensais avoir au moins la reconnaissance de la justice pour ce que j'ai vécu et je me retrouve avec une plainte supplémentaire. C'est très difficile car malgré tout ce qu'il s'est passé, j'ai toujours des sentiments pour lui. Je l'ai croisé dernièrement avec une femme et je peine à faire le deuil de cette histoire et j'aurais besoin de comprendre comment on en est arrivé là. Je vous remercie de votre écoute si précieuse.

Réponse
31-07-2013

Bonjour Macaron,

Vous êtes déçue par la décision de justice qui ne vous a pas donné une réelle reconnaissance des violences en plaçant sur pieds d’égalité les violences que vous avez subies et le fait que vous avez détruit des habits appartenant à votre ex-ami. Vous êtes dépitée car, d’une part, votre ex-ami dit avoir déposé une nouvelle plainte contre vous pour diffamation et, d’autre part, vous éprouvez encore des sentiments pour lui. Vous avez de la peine à faire le deuil de votre histoire et vous aimeriez comprendre comment vous en êtes arrivés là….

Vous avez raison, c’est très difficile pour une victime de comprendre le fonctionnement de la justice et ses conclusions. C’est une des raisons qui motive l’orientation proposée vers un bureau LAVI qui permet, entre autres, de cheminer  dans les méandres de la justice avec de meilleures informations sur son déroulement et les risques non négligeables de déceptions diverses.

Nous comprenons aussi la difficulté de renoncer à une histoire d’amour dans laquelle vous avez placé beaucoup d’attentes. Et plutôt que d’éprouver de la colère à l’égard de votre partenaire vous réfléchissez à la part de responsabilité qui pourrait être la vôtre, vous doutez de vous, en un mot vous souffrez et après avoir été blessée physiquement, vous êtes meurtrie psychologiquement.

Nous choisissons de ne rien changer à ce début de réponse, bien que nous prenions connaissance à l’instant de votre nouveau message. Vous y faites la description de la plainte mensongère dont vous avez pris connaissance et vous vous révoltez contre tant de contre-vérités. Vous êtes fatiguée et, dites-vous, cette histoire n’a que trop duré. Vous souhaitez être respectée. En cela encore vous êtes dans votre bon droit…. Mais n'oubliez pas qu’ici ce n’est pas la Justice qui s’exprime, mais une association qui a choisi d’être au côté des victimes et de leur « vérité » et cette position ne présume en rien du résultat judiciaire.

Notre expérience nous permet de dire que la séparation, c'est-à-dire, la rupture de l’engagement affectif, est un contexte à risque très élevé de poursuivre, voire d’augmenter les violences de part et d’autre. Les tensions qui se perpétuent au-delà de la séparation emportent avec elles des « ruminations obsessionnelles » sur le ou la partenaire. Le désir (le besoin conscient ou inconscient) de détruire l’autre efface la possibilité de ressentir les conséquences des violences passées. Votre colère à la lecture de cette nouvelle plainte peut être salvatrice dans le sens que vous prenez à nouveau conscience du « vrai » visage  de votre partenaire. En quelque sorte, vous avez aujourd’hui la possibilité de choisir entre différentes attitudes. Nous en relevons deux: la rage (« il me doit des excuses, voire plus… »)  et le lâcher prise construit sur l’estime de vous-même (« je me sens atteinte dans mon intégrité, je mérite le respect »).

Vous avez forgé votre conviction : cet homme ne vous mérite pas: il semblerait que le droit à être autre que ce qu’il a décidé que vous soyez, vous est dénié. C’est aussi une façon de poursuivre l’exercice de la violence et de maintenir la relation et le pouvoir qu’il a sur vous. Cette situation est dangereuse. Ne restez pas seule et adressez-vous à un service spécialisé comme le Centre d’accueil MalleyPrairie qui propose des entretiens ambulatoires (021 620 76 76). Vous  pourrez construire, avec une professionnelle, une stratégie pour réfuter ces accusations mensongères et, parallèlement, prendre soin de vous face à la nouvelle agression que vous subissez.

Nous vous souhaitons le courage nécessaire pour traverser ce qui pourrait être une dernière épreuve avant de retrouver le calme et la sérénité nécessaires à votre futur.

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