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Questions et réponses

Ma collègue me raconte ce que son mari lui fait subir et moi je deviens folle d'entendre ça.

Question
30 Mars 2013 - old...

Voila j'ai une collègue de travail qui elle habite en suisse et moi en France. Elle me raconte ce que son mari lui fait subir et moi je deviens folle d entendre ça et quelle ne bouge pas!! Elle me dit quelle a peur et quelle entreprendra jamais rien!! Avant il l a tapait maintenant plus mais il lui interdit plein de choses et la rabaisse l insulte. Il lui interdit de faire tourner le lave vaisselle en semaine donc elle doit tout laver a la main! Elle ose pas lui demander de l argent pour s achetée des cigarettes ou autre alors que lui s achete sans arrêt des choses et décide de tt par exemple il vient d acheter un nouveau canapé sans son accord! Et il décide comment elle doit s habiller et l insulte tjs de pute et quelle vieilli mal! Elle a la quarantaine et lui reste que sa maman comme famille mais il la éloigner d elle en déménageant plus loin la encore c'est lui qui a décider. Elle n ose pas regarder ce quelle veut a la tv et il haie les français mais elle ne sait pas pourquoi ! Il l accuse tjs qu'un voisin la regarde et quelle fait sa pute. Il ferme les stores tte la journée elle vit ds la nuit et son balcon il s est arranger pr tt cacher avc des pots de fleurs etc,... Elle culpabilise aussi car depuis une dizaine d année il est malade la sclérose en plaques ! Du a un accident de travail. Elle dit qu avant sa maladie il était pas comme ça que ça allait bien que rien n était comme maintenant! Lui profite de cette situation en lui faisant culpabiliser quelle soit en bonne santé donc elle fait tout a la maison et depuis un an la situation a empirer car il est a l AI a 100% donc a la maison toute la journée!!! Elle ne vas jamais en course il commande par le shop elle est enfermée du monde extérieur a part au travail et encore la bas travaille aussi son fils! Tout les midi ils doivent l appeler tjs a la mm heure! Et en présence de son fils évidemment sinon elle se fait insulter de sale pute qui baise ds les wc!!!!! Ses deux enfants n habitent plus a la maison et chacun d eux ignorent la situation il en Parle jamais font comme si de rien était! Une fois elle a demander a son fils d intervenir mais il est parti ! Elle a peur de la réaction de ses enfants de son entourage face a la maladie de son mari! Elle fait tjs ce qui lui demande sans aucun remerciements de sa part! Je suis certaine quelle fera jamais rien et ça me tue car c'est une personne tellement gentille!! Qui donne encore aux autres de sa gentillesse qui m écoute moi ds mes pb très relatifs aux siens!!! Je ne sais quoi faire!!

Réponse
15-04-2013

Bonjour Eléanore,

Nous entendons votre indignation et votre envie de "faire quelque chose", comme aussi votre perplexité. Il n'est effectivement pas facile d'être le témoin (ou d'entendre des confidences) de violence conjugale. Cela peut entraîner des sentiments très variés allant de la colère à la peur, en passant par l'incompréhension ou l'impuissance.

Avant d'en venir à ce que vous pourriez faire pour aider votre collègue, nous aimerions vous confirmer que vous décrivez plusieurs formes de violence : physique (par le passé) et psychologique (dénigrement, insultes, jalousie exacerbée) mais aussi économique et sociale (isolement, empêchement de sortir à sa guise, contrôle extrême). En Suisse, la violence conjugale est interdite et votre collègue est en droit de porter plainte contre son mari pour ces diverses formes d'abus.

D'après ce que vous nous écrivez, il ne semble pas qu'elle soit prête à entamer une telle démarche actuellement. Vous évoquez son sentiment de culpabilité et de peur : les deux vont souvent de pair et peuvent être les séquelles directes de la violence subie. Au fil du temps, les atteintes continuelles portées à l'intégrité de la personne qui en est victime finissent par détruire toute confiance en elle et instiller chez elle le sentiment erroné d'être responsable de la situation.

Sachez que malgré tout votre désir de l'aider et votre sens de la justice, vous ne pouvez pas agir à la place de votre collègue. Tout ce que vous pouvez faire, c'est l' INFORMER (détails suivent ci-dessous) et la SOUTENIR, d'une part en continuant à l'écouter, d'autre part en l'assurant que vous serez toujours là pour elle quoiqu'il arrive, et qu'elle peut compter sur vous. Ne lui dictez pas sa conduite (elle a déjà un mari qui le fait à longueur de journée) et ne laissez pas transparaître votre impatience : elle n'a pas besoin d'être exhortée ou entraînée. Au contraire, elle a surtout besoin d'être reconnue pour ce qu'elle est, d'être valorisée et respectée dans ses choix. Sur ce plan, vous pouvez l'aider en lui montrant votre estime chaque fois que vous en aurez l'occasion.

De quoi l'informer ? Tout d'abord sur le phénomène de la violence en soi. Notre site lui consacre plusieurs pages, peut-être les avez-vous déjà lues. Ensuite sur ses droits : non seulement celui de quitter le domicile conjugal en vertu de l'art. 175 du Code Civil, mais également celui de consulter gratuitement le centre LAVI de son canton (aide personnelle, juridique et concrète aux victimes d'infraction - la violence conjugale en est une). Vous en trouverez la liste sur notre site, sous "adresses utiles" et "Région" + "Thème : services spécialisés pour victimes". Et enfin, vous pouvez l'informer également sur les autres possibilités de soutien offertes aux femmes victimes de violence (sous toutes ses formes), comme les centres de Solidarité femmes par exemple, où votre amie pourra consulter des professionnelles de manière tout à fait confidentielle. Les entretiens y sont gratuits. En cas de besoin, les femmes peuvent aussi y séjourner, le temps de reconsidérer leur situation et faire le point, dans le calme et avec un soutien spécialisé (adresses au même endroit sur notre site).

Armez-vous de patience. Tant qu'elle ne sera pas prête à franchir le pas, le meilleur moyen de l'aider est, comme nous vous le disions plus haut, de rester à ses côtés et de l'aider à reprendre confiance, tout en la renseignant sur ses droits et la réalité "extérieure".

Elle a de la chance de vous avoir comme collègue ! En son nom, nous vous remercions de l'intérêt que vous lui portez et du souci que vous avez de sa situation. Nos pensées vous accompagnent toutes deux. Bonne chance pour l'avenir.

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