Bonjour, Voilà les étapes de la violence. - Il me demande quelque chose, - Je refuse ou dis que je n'ai pas envie, - Puis c'est la culpabilisation, - Jusqu'à que je cède. Mon problème c'est que je ne sais pas mettre des limites très et très tôt. Aujourd'hui après dès mois de disputes, j'ai rompu mais il me harcèle encore (SMS, menaces, insultes) Je ne sais plus quoi faire pour que ça arrête. Il a déjà eu des épisodes violent avec sa précédente femme et il a emporté le dessus et elle s'est fait condamné. J'ai peur pour moi, je n'arrive bientôt plus à travailler et suis indépendante, sans possibilité d'aller au chômage. Je suis encore en divorce de mon précédent mariage. Je ne suis pas mariée avec ce nouvel homme du coup, c'est un point positif. J'ai honte parce qu'à chaque fois que j'avais dit STOP et qu'il n'arrêtais pas, j'ai retourné la violence contre moi et aujourd'hui il utilise ça pour me faire culpabiliser. J'ai conscience qu'il ne m'a jamais aimé puisqu'il n'a jamais respecté un STOP de ma part. Je souffre et je ne sais pas si je peux poser plainte pour que ça s'arrête, j'ai peur de craquer. J'ai peur de ne plus arriver à travailler et de me dé crédibiliser aux yeux de mes clients. Je suis formatrice. J'ai peur de tomber et de tout perdre mes enfants, mon appartement, etc... Merci de me lire...
Bonjour Zab,
Nous vous avons fait attendre quelque peu, veuillez nous en excuser. Il arrive que nous ayons beaucoup de questions en attente.
Vous nous parlez de vos peurs, qui sont multiples en ce moment, et nous entendons votre souffrance comme votre manque de confiance en l'avenir et en vous-même. C'est bien légitime, vous venez de traverser une période difficile. La violence et les disputes continuelles sont destructrices et suffisent à expliquer votre état de doute actuel. Mais vous avez eu le courage de rompre. Bravo d'avoir su mettre fin à une relation qui vous faisait du mal, vous avez été forte. Et maintenant, en nous écrivant, vous commencez à chercher un soutien extérieur, encore une fois bravo. Oser demander de l'aide, oser parler de ce qui vous est arrivé et de ce que vous ressentez aujourd'hui, c'est le meilleur moyen d'éviter de "craquer" comme vous le craignez. D'un côté vous avez des ressources, vous êtes déterminée et vous avez pris conscience d'un certain nombre des choses, de l'autre il existe des associations et des services spécialisés prêts à vous épauler. Tout cela est très positif.
En plus des violences passées, vous nous décrivez le harcèlement que vous fait subir votre ex-compagnon. Sachez qu'il s'agit là d'un délit. Le harcèlement, de même que les menaces et les insultes, sont punissables et vous êtes en droit de porter plainte contre lui (vous avez jusqu'à trois mois après les faits pour déposer une plainte) et vous pouvez répéter la démarche aussi souvent que nécessaire. Nous vous conseillons de garder tous ses SMS, courriels ou autres messages reçus, ce sont des preuves qui intéresseront la police et la justice.
Pour votre protection, il serait bon de changer d'adresse courriel et de numéro de portable. Serait-ce faisable ? Ou d'avoir un deuxième numéro de téléphone pour votre usage personnel uniquement, ce qui vous permettrait de ne plus consulter l'ancien - ou seulement à l'occasion. Cela vous épargnerait ainsi le stress de toujours vous demander quelle nouvelle attaque vous attend. La meilleure stratégie est d'ignorer le harceleur et de ne jamais lui donner de réponse, de ne pas lui permettre de savoir quel effet ses messages ont sur vous. Ne lui montrez ni colère, ni pleurs, ni exaspération, gardez cela pour vos proches ! Cela ne ferait que l'encourager à continuer. Des livres ont été écrits sur le phénomène du harcèlement et vous y trouverez certaines recettes utiles pour tenir le coup. Et puis rassurez-vous en pensant que cette forme de vengeance ne dure le plus souvent que quelques mois et cesse d'autant plus rapidement que la personne visée réussit à faire la sourde oreille.
Vous évoquez aussi d'autres sentiments négatifs qui vous habitent, comme la honte d'avoir retourné la violence contre vous. Vous n'avez pas à avoir honte. Lorsqu'on se sent acculé, poussé dans ses derniers retranchements, désespéré et impuissant, on peut avoir des réactions que l'on n'aurait pas "en temps normal". On fait face comme on peut. L'être humain est ainsi fait qu'il peut se comporter de façon tout-à-fait inattendue dans une situation anormale ou dangereuse.
Etant donné que les menaces, les insultes et le harcèlement sont des délits, vous avez droit aux prestations gratuites du centre LAVI de votre canton (aide aux victimes d'infractions). Vous y serez soutenue et conseillée sur le plan personnel et juridique. Tél. 022 320 01 02. D'autre part, vous pourriez également vous adresser à Solidarité femmes Genève, où des professionnelles connaissant bien la problématique de la violence de couple sauront vous écouter, vous et vos enfants, vous comprendre et vous soutenir durant cette période difficile. Les entretiens sont confidentiels et gratuits. Tél. 022 797 10 10. Nous pensons que leur appui pourrait vous être bénéfique et vous aider à surmonter vos craintes comme vos doutes et vos incertitudes, jusqu'à ce que vous repreniez votre envol vers de nouveaux horizons.
Vous avez un travail, c'est un grand atout. Vous avez des ressources et du courage. Ayez confiance en vos propres facultés ! Nous sommes certaines que vous réussirez à redémarrer. Gardez espoir. Nous restons en pensée avec vous et vous souhaitons bonne chance pour l'avenir.
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