Bonjour Je suis mariée et mère de 2 enfants. Au début ça se passait plutôt bien, même si je vis avec une personne qui s’énerve pour tout et pour rien, ce qui en soi n’est pas toujours facile à vivre. Puis avant l’arrivée du deuxième enfant, il a commencé à piquer des colères en rentrant du travail parce que des jouets traînaient dans la maison. C’est devenu un stress à chaque fois qu’il rentrait car avec 2 enfants en bas âge qui jouent, c’est difficile que le rangement soit parfait. Il décide quels sont les jours de ménage. Il fait aussi mais s’énerve si je suis absente ces jours-là, me dit parfois en partant qu’il faut que je lance le lave-vaisselle, qu’il faut que je fasse une lessive.. Je me suis mise à me justifier de ce que j’avais fait la journée. Il dit régulièrement à des amis ou la famille qu’il fait tout dans la maison. Il s’est mis à crier de plus en plus sur les enfants, à utiliser des mots inappropriés, à s’énerver dès le matin avant même de leur dire bonjour. Il n’est pas d’accord avec ma façon de voir l’éducation. Me dit que je suis rétrograde, le dit même en public. Ne tient souvent pas compte de mon avis concernant l’éducation, met la TV sans me consulter, me contredit devant les enfants. Quand je décide de sortir pour un repas de travail par exemple, il est fâché, ne me parle pas avant que je parte, ne me demande pas comment c’était quand je reviens. Je me suis mise à ne plus y aller. Il se plaint toujours de mes horaires irréguliers mais a refusé que je postule pour un poste à horaires réguliers car on perdrait les indemnités nuits/week-ends. Régulièrement il a cessé de me parler pendant 2-3 jours quand quelque chose ne lui convient pas, la plupart du temps par rapport aux relations intimes, si je ne fais pas le premier pas par exemple. Je me suis mise à avoir une pression par rapport à ça et ne plus me respecter. Il passe de moments où il est en colère et de moments où il est le père et le mari parfait. C’est ce qui m’a tenu jusque là.. Tous ces moments m’ont blessée et j’en suis arrivée à un trop-plein. Il le sait et me dit de ne pas détruire la famille, m’a fait du chantage au suicide, minimise ce que je lui dis avoir mal vécu. Il prend toujours une position de victime, même devant les enfants qui du coup me supplient de ne pas me séparer de lui. Il me promet qu’il va changer. On a failli se séparer il y a 2 ans. Il a changé pendant quelques mois puis le naturel a repris le dessus. Je suis dans une situation où je ne pense pas pouvoir continuer comme ça mais où je culpabilise, j’ai peur de blesser, j’ai peur de la suite et je me sens fragile psychologiquement pour supporter la séparation. Je me sens très mal et je ne sais plus comment agir..
Bonjour,
Merci de la confiance que vous nous témoignez en nous racontant ce que vous vivez avec votre compagnon. À vous lire, l'on comprend combien cette situation est éprouvante et combien vous avez dû vous adapter au quotidien pour éviter ses colères, ses réactions ou ses silences. Le fait que vous vous sentiez aujourd’hui épuisée, fragile et que vous ne sachiez plus comment agir est tout à fait compréhensible au regard de ce que vous décrivez.
VIOLENCE QUE FAIRE est une association qui a pour mission de venir en aide aux personnes touchées par la violence au sein du couple en les informant et les orientant vers des ressources adaptées à leurs besoins.
Plusieurs des comportements que vous évoquez sont des violences psychologiques et émotionnelles : les cris et les humiliations, le dénigrement de vos compétences et de vos choix, le contrôle de vos activités et de votre travail, le fait de vous demander de vous justifier, les silences utilisés pour vous faire céder, ainsi que le fait de vous culpabiliser ou de vous faire porter la responsabilité de la situation. Le chantage au suicide est lui aussi une forme de pression et de violence psychologique. Même si votre mari souffre réellement, vous n’êtes pas responsable de ses actes ni de sa décision de se faire du mal. S’il vous menace à nouveau de se suicider, vous pouvez prendre la menace au sérieux tout en sollicitant les professionnel-les ou les services d’urgence appropriés (ambulance 144 ou police 117), sans porter seule cette responsabilité.
De plus, le fait de vous mettre sous pression concernant les relations intimes est également préoccupant et relève d'un climat de violence sexuelle : vous avez le droit de refuser une relation sexuelle ou intime, à tout moment, y compris au sein du couple.
Ce que vous décrivez semble également s’inscrire dans un cycle de violence. Des périodes de tension et de colère peuvent être suivies de comportements blessants, puis de moments où votre mari redevient affectueux, présent et promet de changer. Ces périodes d’apaisement peuvent apporter beaucoup d’espoir et rendre la situation particulièrement difficile à comprendre et à quitter. Elles n’effacent toutefois pas les violences qui ont eu lieu. Vous avez d’ailleurs déjà vécu ce cycle : après votre tentative de séparation il y a deux ans, vous avez constaté un changement pendant quelques mois, puis les comportements sont revenus.
Au fil du temps, vous expliquez avoir renoncé à certaines sorties, vous être mise à vous justifier, à surveiller vos comportements et à ne plus vous respecter dans votre intimité. Ce sont des signes qui peuvent montrer à quel point l’emprise et l’adaptation à la violence peuvent progressivement réduire la liberté d’agir et la confiance en ses propres ressentis. Le fait qu’il puisse par ailleurs être un père et un mari attentionné ne rend pas ce que vous vivez moins réel. Les moments positifs peuvent coexister avec les violences.
Vous dites aujourd’hui : « je ne pense pas pouvoir continuer comme ça ». C’est une phrase importante. Vous n’avez pas besoin de décider aujourd’hui si vous allez vous séparer ou non. Vous pouvez commencer par chercher du soutien, vous informer sur vos possibilités et réfléchir à ce qui vous permettrait, à vous et à vos enfants, d’être davantage en sécurité. Vous pouvez avancer à votre rythme.
Nous vous encourageons vivement à ne pas rester seule avec cette situation. Dans le canton de Vaud, vous pouvez notamment prendre contact avec un centre LAVI (021 631 03 00), qui propose gratuitement et de manière confidentielle un espace d’écoute, des informations sur vos droits et les possibilités de soutien, sans vous obliger à entreprendre une démarche particulière. Vous pouvez également vous adresser à MalleyPrairie (021 620 76 76), spécialisé dans l’accompagnement des personnes confrontées aux violences conjugales. Ici, vous trouverez une écoute attentive, un soutien psychologique, des conseils juridiques et un hébérgement d'urgence pour vous et vos enfants en cas de besoin. Vous pouvez les joindre à toute heure, de manière gratuite et confidentielle, tout comme ligne nationale pour les personnes victimes de violences au 142.
Si vous craignez une réaction de votre mari à la suite de vos démarches, il peut être important de réfléchir avec une professionnelle aux moyens de préserver votre sécurité et celle de vos enfants, notamment avant d’annoncer une éventuelle séparation. Vous n’avez pas à organiser cela seule.
Enfin, le fait que vos enfants vous demandent de ne pas vous séparer de leur père peut être particulièrement culpabilisant. Mais les réactions des enfants face aux conflits et aux violences ne doivent pas vous faire porter seule la responsabilité de préserver la famille. Votre sécurité et celle de vos enfants sont également importantes.
Nous vous croyons et vous invitons à prendre au sérieux ce que vous ressentez aujourd’hui. Vous avez le droit d’être respectée, de faire vos propres choix et de vivre une relation dans laquelle vous vous sentez en sécurité.
Avec nos meilleures pensées.
Bonjour Madame, Vous avez bien fait de nous écrire. Mariée depuis 8 mois, vous avez subi des violences psychologiques de...
Bonjour, Nous vous remercions pour votre question. Il va sans dire que les hommes peuvent aussi être victimes de violence...
Bonjour Monsieur, Votre femme souhaite divorcer et essaie de vous enlever la garde de votre fille de 3 ans ainsi...