Bonjour, Nos voisins du dessous (un homme, une femme, deux enfants) se disputent souvent très bruyamment- cris, portes qui claquent, chien qui hurle. Un des enfants semble avoir un problème de santé - il pleure et crie beaucoup, ce qui semble déclencher des crises et de la colère dans le logement, surtout pour le père. Avec d’autres voisins, nous sommes inquiets. Nous ne connaissons pas leur situation concrète, ils ne sont pas très sociaux avec les autres voisins, mais nous ne voulons pas rester sans rien faire pour autant. Que faire pour intervenir tout en étant respectueux et sans jugement a priori sur la situation ?
Bonjour,
Nous vous remercions sincèrement de vous avoir écrit. Chez vos voisin-x-es du dessous, vous entendez souvent des disputes bruyantes, des claquements de porte et des hurlements du chien. Les pleurs d'un des enfants, ayant peut-être des soucis de santé, semblent souvent déclencher ces crises, venant surtout du père. Vous et votre voisinage êtes inquièt-x-es, à juste titre, et vous ne souhaitez pas rester passif-x-ves. Vous souhaitez trouver une manière respectueuse de leur venir en aide et d'être rassuré-x-es. C'est dans ce but que vous avez pris contact avec nous.
Nous saluons le courage que vous avez eu en recherchant du soutien pour faire face à cette situation difficile. Vous n'avez pas à porter cela seul.
Vous avez fait un pas important en nous contactant. L'association VIOLENCE QUE FAIRE a pour but d'informer et d'orienter toute personne concernée par la violence au sein du couple, y compris les témoins, vers des démarches d'accompagnement adaptées à leurs besoins.
Tout d'abord, si vous nous le permettez, nous souhaiterions vous poser quelques questions, à titre introspectif, afin de vous accompagner dans vos réflexions :
Le rôle de témoin que vous endossez est délicat et peut être intimidant. Ce rôle n'est pas choisi, et l'on peut se retrouver à être impliqué-x-e dans la vie de personnes que l'on ne connait pas. Néanmoins, face à ce que vous entendez et observez, vous avez eu le courage d'assumer ce rôle et de le prendre au sérieux. Vous cherchez une manière d'être un témoin actif.
Dans votre récit, la situation semble être particulièrement préoccupante étant donné la présence des enfants. À savoir que peu importe si les cris sont dirigés directement vers elleux ou non, iels sont considéré-x-es comme des victimes à part entière. Les cris et crises de colère du père s'apparentent à une forme de violence psychologique, qui ont des conséquences importantes sur le sentiment de sécurité et entraînent souvent un état d'alerte constant, de la peur, un isolement et parfois des symptômes physiques. Ces effets peuvent se répercuter tant sur les personnes directement visées par ces comportements, mais également les personnes qui les entourent, comme les enfants et même le voisinage.
Afin de briser le silence avec respect, parler brièvement avec votre voisine, pour lui montrer votre disponibilité en cas de besoin peut être un soutien important. Pour éviter qu'elle doive trop s'exposer ou se mettre en danger, vous pourriez lui demander comment elle va dans un premier temps, et si l'occasion s'y prête, lui partager vos observations et inquiétudes sans jugement, et sans condamner le père des enfants directement.
Si cela fait sens pour vous, une idée pourrait être de lui proposer que vous laissiez des numéros ou des contacts sur un papier dans votre propre boite à lait ou sous votre paillasson, pour qu'elle n'ait pas besoin de le prendre chez elle et risquer une réaction agressive de son conjoint.
Vous pourriez lui proposer de nous écrire si elle en a la possibilité ou de contacter le 142 (ligne nationale d'aide aux victimes, gratuit, confidentiel et joignable 24h/24, 7j/j) en cas de question ou de crise. Le Centre d'accueil MalleyPrairie (021 620 76 76) est une excellente option qui propose une ligne téléphonique gratuite et confidentielle, ainsi que des entretiens (aussi gratuits) avec interpète si besoin, des groupes de parole ainsi qu'un hébergement d'urgence pour les femmes et leurs enfants.
Vous pourriez dire à votre voisine, ou lui écrire sur ce papier, que prendre contact avec un service d’aide n’implique pas de devoir entamer des procédures. Elle peut avancer à son rythme, simplement poser ses questions et trouver des ressources qui répondent à ses besoins, psychologiques, financiers, sociaux, juridiques, etc. Il est également possible que, si elle se montre sur la défensive ou réagit fortement à votre démarche, elle se sente exposée, honteuse ou qu’elle ne soit simplement pas prête à parler de ce qu’elle vit. Cette réaction peut être une manière de se protéger face à une situation qui la met mal à l’aise. Cela ne signifie pas nécessairement qu’elle ne souhaite pas être aidée : parfois, il faut du temps pour mettre des mots sur ce que l’on vit, prendre du recul et laisser mûrir sa réflexion.
Nous vous encourageons à continuer à écouter votre instinct, et si vous craignez pour la sécurité de cette famille, n’hésitez à faire appel à la police (117). Un Office Régional de protection des mineurs dans votre commune (p.ex. Lausanne : 021 316 53 10) pourrait également répondre à diverses questions, et peut soutenir la sécurité et le bien-être des enfants impliqué-x-es dans ces dynamiques inquiétantes.
Si besoin, vous pouvez tout à fait préparer ces prises de contact en discutant de vos besoins lors d’une consultation auprès du centre MalleyPrairie et prendre ainsi les précautions nécessaires.
En effet, vous aussi pourriez bénéficier de ces ressources en tant que témoin, afin d’être entendu et soutenu. Nous tenons à vous rappeler que votre santé et votre sentiment de sécurité sont tout aussi importants. Vous avec le droit d'être épaulé dans cette situation.
Votre attention au bien-être de vos voisin-x-es est précieuse. Votre simple présence avec votre voisinage est déjà une ressource considérable. Nous espérons sincèrement que ces éléments puissent vous être utiles pour la suite que vous désirez donner à cette situation.
Nous restons naturellement à votre disposition pour toute autre question ou si vous souhaitez nous donner de vos nouvelles.
Avec nos pensées solidaires
Bonjour Nan, La première réponse que nous pouvons apporter à votre question est que votre façon d'intervenir est très adéquate...
Bonjour Naweletblues, Tout d'abord, veuillez nous excuser de vous avoir fait attendre. Nous avons reçu beaucoup de questions en même...
Bonjour Monsieur, Nous tenons tout d’abord à nous excuser pour le retard avec lequel nous répondons à votre question. Beaucoup...