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Domande e risposte

Mon frère subit de la violence conjugale, que faire en tant que témoin?

Domanda
16 Octobre 2018 - 4my...

Bonjour, depuis plusieurs mois je suis témoin de violence conjugales subie par mon frère. Cette violence est tant physique qu’émotionnelle. Il me fait part de la situation et de l’enfer qu’il vit et a partagé plusieurs photos des coups qu’il resoit de sa femme. Je vis à l’étranger et lui dans le canton de Vaud. Ils ont un petit enfant de 3 ans et il m’a informé la semaine dernière que la mère avait levé la main sur le petit. Sa belle famille nie la situation et justifie les marques sur le petit comme étant dues à une anodine chute. Je suis démuni et ne sait que faire pour venir en aide et j’ai besoin de vos conseils. Merci.

Risposta

Bonjour Monsieur,

Vous nous écrivez car vous êtes démuni. Vous êtes témoin des violences que subit votre frère de la part de sa femme depuis plusieurs mois et vous souhaitez l'aider. Vous avez bien fait de nous écrire, il est difficile pour l’entourage de voir un membre de sa famille dans cette situation mais il est possible de sortir de la violence avec une aide extérieure et professionnelle.

Vous nous dites que votre frère subi de la violence physique (coups) et de la violence émotionnelle. Qu'entendez-vous par violence émotionnelle ? Sur cette page de notre site, vous trouverez des exemples de violence dite psychologique qui ont des conséquences importantes sur la santé de la personne qui les subit.

Les violences au sein du couple sont interdites par la loi en Suisse. Certains actes tels que les violences physiques laissant des hématomes, des brûlures et/ou entraînant des fractures sont poursuivis d'offices. C'est-à-dire qu'il n'y a pas forcément besoin de porter plainte pour qu'une procédure pénale soit ouverte à partir du moment où les autorités (police ou justice) ont connaissance des infractions.

En tant qu'homme victime, votre frère peut s'adresser au Centre d'accueil MalleyPrairie, qui propose des consultations pour les personnes victimes de violence conjugale dans tout le canton de Vaud (Lausanne, Bex, Montreux, Vevey, Nyon, Orbe, Yverdon-les-Bains et Payerne). Il peut les contacter au 021 620 76 76, 24h/24h. Ce service est gratuit, confidentiel et les professionnel-le-s pourront écouter et conseiller votre frère dans sa situation.

Les violences subies par votre frère sont illégales, il peut alors consulter les professionnel-le-s du Centre LAVI, qui propose une aide psychologique et juridique gratuite et confidentielle aux victimes d'infractions. Il existe plusieurs centres LAVI dans le canton de Vaud : Lausanne (021 631 03 00), Aigle (021 631 03 04) et Yverdon (021 631 03 08). N'hésitez pas à dire à votre frère de contacter un de ces centres du lundi au vendredi de 9h00 à 12h00 et de 14h00 à 17h00 pour obtenir une consultation personnelle.

Nous lui recommandons également d'établir un constat médical des violences subies, ce document pourrait l'aider dans ses démarches. L'unité de médecine des violences du CHUV offre gratuitement cette prestation dans plusieurs emplacements du canton de Vaud. Pour prendre un rendez-vous, il faut appeler au 021 314 00 60 pour Lausanne, au 024 424 42 20 pour Yverdon-les-Bains, au 021 966 64 77 pour Montreux et au 021 314 08 51 pour Nyon. Ces lignes téléphoniques répondent entre 8h00 et 12h00 et entre 14h00 et 16h00 du lundi au vendredi et de 8h00 à 12h00 les week-ends et jours fériés. Votre frère peut choisir le lieu qui lui convient le mieux. Le constat médical est important même s'il ne souhaite pas dans un premier temps entamer des démarches. Il peut conserver ce document jusqu'au moment où il décide d'entreprendre des démarches avec l'appui des professionnel-le-s. Cela ne l'engage donc à rien mais le prépare uniquement.

Vous nous dites également que votre frère et sa femme ont un enfant de 3 ans, sur lequel la mère a levé la main. Les enfants sont toujours affectés par les violences qui existent entre leurs parents. Il est primordial de les protéger, surtout lorsqu'ils sont directement visés par les violences. Votre frère doit penser à sa sécurité mais également à celle de son enfant dont il a la reponsabilité en tant que parent.

En Suisse, il existe une loi interdisant toute forme de châtiment corporel sur les enfants. Impliquer le Service de Protection de la Jeunesse (SPJ) peut être une bonne initiative pour protéger l'enfant de sa mère. Vous pouvez proposer à votre frère de les contacter au 021 316 53 53 du lundi au vendredi entre 8h30 et 12h00 puis entre 13h30 et 17h00. Lui et les professionnel-le-s du SPJ pourront ainsi mettre en place ensemble une solution adaptée à la situation. En tant que témoin ayant connaissance de ces agissements envers un enfant, vous avez également un rôle à jouer. Si ses parents n'entreprennent rien pour protéger l'enfant de ces violences, vous avez le devoir de faire un signalement au SPJ cité précédemment.

Votre rôle de témoin est difficile et des sentiments négatifs peuvent vous affecter tels que l'impuissance, l'anxiété et/ou la colère. Pouvez-vous parler de cette situation avec une personne proche ? Quelqu'un d'autre est au courant des violences subies par votre frère ? Nous espérons que vous ne restez pas seul face à ce poids à porter et que vous prenez soin de vous, comme vous prenez soin de votre frère en le soutenant et en nous écrivant.

Nous espérons que nos conseils vous seront utiles. N'hésitez pas à nous écrire à nouveau si vous avez d’autres questions ou si vous ressentez le besoin de nous donner des nouvelles de la situation. Vous pouvez également donner notre contact à votre frère pour qu'il nous écrive directement.

Nous vous souhaitons le meilleur pour la suite et nous vous envoyons nos meilleures pensées, ainsi qu'à votre frère et son enfant.

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