Bonjour, Je connais une jeune femme de 33 ans, Mauricienne mariée à un Mauricien depuis 11 ans, 2 enfants de 6 et 10 ans. Après toutes ces années, elle a retrouvé l'amour avec une femme. Cette femme c'est moi et par honnêteté, elle a tout révélé à son mari. Lui ne tolère pas cette situation, il ne la comprend pas et ne veut pas qu'elle le quitte, soi-disant à cause des enfants. Mais en fait, il est profondément vexé et a honte vis-à-vis de sa famille et ses amis. Depuis qu'elle lui a appris qu'elle était tombée amoureuse d'une femme, il lui fait du chantage, la harcèle, l'insulte et la menace. Il l'a également brusquée et a essayé de monter toute sa famille (à elle) contre elle. Maintenant, pour l'éloigner de moi, il l'a envoyée avec les enfants en France chez sa soeur pour au moins 10 jours et ne veut pas retourner la chercher avant une semaine pour avoir le temps de fouiller dans ses affaires personnelles et préparer son dossier pour la séparation. Elle, depuis là-bas ne peut rien faire, de plus elle est au chômage et n'aurait pas le droit d'être à l'étranger. Elle n'a pas de sous pour rentrer avec les gosses et je ne peux pas aller la chercher. D'ailleurs, ca me fait peur qu'elle rentre sachant qu'elle se retrouverait avec lui dans le même appartement. Il serait tout à fait capable de la séquestrer et lui faire du mal. Il m'a d'ailleurs également menacée par son intermédiaire. Aujourd'hui, au vu de la situation et des agissements de son mari, elle est prête à divorcer mais, ne sait pas comment s'y prendre à cause des enfants. Il faudrait lui trouver un appartement dans lequel elle serait seule et à l'abri avec ses enfants. Elle n'a aucun revenu, aucun travail, aucune qualification professionnelle. Que nous conseillez-vous? Que faut-il faire en premier lieu? Qui aller voir? Comment la protéger? Je vous remercie d'avance pour vos conseils.
Bonjour Tilou,
Nous avons lu attentivement votre message et comprenons que vous vous fassiez du souci pour votre amie - d'autant plus que vous avez été, vous aussi, l'objet de manaces de la part du mari. Nous allons tenter de répondre à vos questions.
Tout d'abord, sachez que c'est surtout à votre amie qu'il incombe de prendre les choses en main et de se protéger ainsi que ses enfants. Vous-même n'avez qu'un champ d'action très limité. Mais vous pouvez bien sûr la soutenir et l'informer, c'est très important. Par exemple, vous pouvez lui communiquer certaines informations figurant dans les pages de notre site, en particulier sur ses droits (cliquez) ou les diverses formes de la violence, dont la violence psychique.
Les insultes, les menaces, le harcèlement (sans compter la séquestration que vous semblez craindre) sont des délits pour lesquels elle peut porter plainte. Il suffit de passer aux bureaux de la police et pour cela vous pouvez l'accompagner. D'autre part, puisqu'elle est victime d'un délit, elle peut s'adresser en tout temps au centre LAVI de votre canton (bureau d'aide aux victimes d'infraction) où des professionnels la conseilleront, la guideront et la soutiendront de manière confidentielle. Les entretiens sont gratuits. Tél.032 889 66 49.
Si vous estimez qu'elle est en danger, vous pouvez lui proposer de demander un séjour à Solidarité femmes, où elle a le droit de se réfugier avec ses enfants (tél. 032 968 60 10). Les deux premières semaines sont gratuites, ensuite des solutions peuvent être trouvées. Là, elle serait à l'abri, et également accompagnée par des spécialistes. Mais une admission ne peut se faire qu'à la demande de l'intéressée elle-même, c'est à elle de prendre contact.
Au cas où elle n'aurait pas vraiment pas besoin de se protéger d'un danger, elle pourrait chercher à se loger ailleurs, chez des amis ou dans sa parenté, en attendant de trouver un appartement. Elle en a le droit. L'essentiel c'est qu'elle emmène toujours ses enfants (on pourrait lui reprocher par la suite de les avoir "abandonnés" si elle part sans eux pensant bien faire, pour ne pas les bousculer).
Du point de vue financier, elle peut s'adresser au service social de sa commune, qui subviendra à ses besoins jusqu'à ce que le juge ait fixé le montant de la pension alimentaire. On pourra probablement aussi l'y aider à trouver un appartement.
Quant à l'aspect juridique, elle recevra des conseils au centre LAVI. Mais pour entamer la procédure de divorce, il faut qu'elle s'adresse à un/une avocate de son choix. En l'absence de ressources financières, elle a droit à l'assistance judiciaire gratuite (à voir avec son avocat).
Voilà pour l'essentiel.
Nous espérons que vous pourrez l'aider à trouver les bonnes personnes et qu'elle aura bientôt le soutien auquel elle a droit. Par ailleurs, il existe à Neuchâtel diverses organisations de lesbiennes, peut-être y aurait-il également une possibilité d'aide à ce niveau-là ? Renseignez-vous sur Internet, si vous ne l'aveu déjà fait.
Nous vous souhaitons à toutes deux de surmonter les difficultés actuelles. Bon courage, et bon vent !
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