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Domande e risposte

Malgré de nombreuses démarches thérapeutiques, la problématique de la violence n’a jamais été abordée de front.

Domanda
17 Octobre 2016 - lil...

Bonjour! J'ai 67 (!)ans, suis une femme célibataire universitaire avec une vie professionnelle intéressante, etc. mais un lourd bagage familial d'origine. J'ai fait de nombreuses démarches psy dont une psychanalyse vers 50 ans mais cette problématique de la violence n'a jamais été vraiment abordée de front. J'ai connu de la violence verbale et physique (de l'humiliation surtout) dans ma famille d'origine puis de la violence partagée dans une relation sentimentale qui a duré dix ans, avec un homme qui avait lui-même été battu par son père. Ce compagnon avait travaillé sur sa violence à mon égard, moi je persistais à me considérer surtout comme victime tout en étant consciente qu'il s'agissait d'une violence - verbale surtout de mon côté - partagée. Ma honte est restée silencieuse. Depuis, dans les relations avec les hommes qui ont suivi, j'ai été violente verbalement, cherchant à abaisser mes partenaires, comme une manière de tester négativement leur attachement (?). Les relations n'ont pas duré. Une seule relation en a été totalement exempte, avec l'homme que j'ai longtemps considéré comme l'homme de ma vie mais qui, émigré de son pays, a choisi d'épouser une compatriote. Si je vous contacte, c'est que maintenant, dans une relation qui dure depuis sept mois à peine, je me retrouve depuis environ deux mois violente, verbalement ET physiquement, à mon effarement. Mon partenaire, lui, n'est pas violent de cette manière, il louvoie et sabote alors que je suis très frontale et directe. Il ne réagit par ailleurs pas directement à ma violence, me dit redouter avant tout mes départs quand je prends le large quand une situation m'est insoutenable. J'ai donc décidé de travailler enfin sur cette violence qui m'habite. Qui répond à ma peur de perdre et qui donc provoque la perte. Qui répond aussi à la colère qui m'habite contre un milieu d'origine minéral, mortifère et oppressant, colère que j'ai su utiliser par ailleurs de manière très positive. En ce moment, je ne suis pas déprimée. La relation qui est forte et comporte de très beaux côtés n'est pas rompue, nous nous accordons une pause pour faire le point de part et d'autre. Je suis très décidée à me confronter à ce qui est pour moi inadmissible, pire qui me fait beaucoup souffrir, dont je suis honteuse mais dont je peux enfin parler. Ma question? quel interlocuteur me conseillez-vous? J'ai un certain âge, beaucoup travaillé sur moi, ne me vois pas faire partie d'un groupe d'hommes violents... En vous remerciant.

Risposta
31-10-2015

Bonjour Madame,

Nous écrire représente un premier pas important dans la recherche de solutions et d’alternatives à la violence. Votre volonté d’aborder de front la problématique de la violence témoigne de votre courage à vous confronter à des aspects plus douloureux de votre vie.

Vous nous dites avoir été victime de violence par le passé, dans l’enfance et dans une relation de couple. Vous expliquez également avoir exercé de la violence verbale et psychologique à l’encontre de différents partenaires. Une seule relation a été exempte de violence avec un homme qui maintenant est marié avec une autre femme.

Aujourd’hui, vous êtes en couple avec un homme et vous exercez des violences verbales et physiques à son encontre. Vous avez décidé aujourd’hui de travailler sur les actes de violences que vous exercez et de vous confronter à la colère qui vous habite et la peur de la perte. Vous nous expliquez avoir également déjà fait un important travail sur vous-même dans le cadre de différentes démarches thérapeutiques. Vous démontrez une grande capacité d’analyse et faites des liens pertinents entre votre sentiment d’impuissance et la colère que cela peut engendrer à l’intérieur de vous. Ce sentiment pourrait représenter un facteur déclencheur de violence.

La violence verbale que vous exercez semble s’apparenter à une forme de violence psychologique. Cette forme de violence atteint la confiance en soi, l'identité personnelle et la force de vie du partenaire. Elle inclut les propos dénigrants, méprisants. La violence physique n’est pas toujours présente mais risque fort de se manifester avec le temps. Il semble que c’est ce que vous décrivez. Si rien n’est entrepris, le risque est d’entrer dans une escalade de violence. Il est de votre responsabilité de tout mettre en œuvre pour ne pas entrer dans un cercle vicieux destructeur et de stopper l’engrenage. Rien ne justifie l’usage de la violence qui ne peut pas être légitimée par les comportements et les attitudes du partenaire. Il existe toujours des manières différentes d’exprimer et de faire entendre ses besoins que d’exercer de la violence. De plus, la loi stipule que la violence au sein du couple est un délit.

La relation que vous vivez avec votre partenaire depuis 7 mois semble être pour vous suffisamment importante et forte pour que vous souhaitiez mettre en place des alternatives à vos comportements de violence. Nous vous encourageons à poursuivre cette démarche. Vous nous demandez vers qui vous adresser pour entamer ce travail. Dans le canton de Vaud, le Centre Prévention de l’Ale est un organisme qui soutient et accompagne des personnes, hommes ou femmes, vers des changements de comportement. Ils sont spécialisés dans le domaine des violences dans le couple. Ils pourront certainement vous conseiller et vous proposer des pistes qui pourront vous être utiles. N’hésitez pas à les contacter par téléphone au 021 321 24 00 du lundi au vendredi. Vous pourrez également leur faire part de toutes les démarches que vous avez déjà accomplies et du fait que vous ne souhaitez pas à priori faire partie d’un groupe de femmes auteures de violence.

Nous vous transmettons de l’énergie pour la poursuite de vos démarches et n’hésitez pas à nous écrire à nouveau en cas de besoin.

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