Il y a trois ans, à 21 ans, lors d'un échange universitaire en Espagne, une nuit a mal tourné. Après une soirée fortement alcoolisée, je suis rentrée avec cinq hommes, deux copains et trois de leurs potes. Au départ, on s'était mis d'accord pour faire quelques jeux coquins chez l'un deux. Mais après quelques minutes, j'ai eu peur et j'ai voulu renoncer. D'après ce que je me souviens, je leur ai demandé d'arrêter. Mais tout reste flou, et eux ont affirmé par la suite que j'en avais envie, ce qui pour moi est faux. Ils me dégoutaient, leurs comportements me répugnaient. Je me souviens avoir été tournée dans tous les sens, pénétrée par trois de ces individus, et avoir vécu la scène depuis l'extérieur, comme si mon âme était au plafond. Après un temps interminable, j'ai fait semblant de vomir pour qu'ils mettent enfin fin à cela. Ils ont refusé que je termine ainsi et m'ont enfermée dans la chambre avec un de ces hommes. Je n'ai pas voulu continuer et il m'a finalement laissé partir. Avant de les quitter, je leur ai fait promettre de ne rien dire, je culpabilisais énormément. En rentrant, j'ai pleuré et j'en ai parlé à des amies, qui elles ont conclu à un abus. Trois ans après, j'ai fait du chemin. Je recommence à faire confiance à mes amis masculins et je n'ai plus peur qu'ils m'agressent lorsqu'on est seul. Je recommence également à prendre du plaisir sexuellement avec des hommes qui me respectent. J'ai pardonné à ces hommes. Il me reste toutefois une chose à régler, qui me trotte dans la tête depuis tout ce temps: ai-je été victime de violence (de viol?) ou est-ce seulement une partouze qui a mal tourné comme cela arrive le plus souvent? Ces hommes ont toujours affirmé qu'ils n'avaient rien à se reprocher et que j'étais la seule responsable. Pour eux, on était ivre, on avait pris du bon temps, point. Pourtant, il m'a fallu du temps pour me reconstruire et me respecter. Etant donné que la scène reste très floue, je n'arrive pas à être 100% sûre de leur avoir expressément dit NON à un certain moment. Même si je me souviens avoir souffert énormément. Ce doute me fait stagner et m'empêche de complètement tourner la page ...
Bonjour Baloo,
Avant toute chose, nous vous prions d'excuser le retard avec lequel nous répondons à votre message. Il arrive que nous n'arrivions pas à suivre quand notre site est très sollicité.
La réponse à votre question, qui était de savoir si vous avez été victime de violence et de viol ou s'il s'agissait "seulement d'une partouze qui a mal tourné" est très claire. Oui, c'était bien un viol collectif et il s'agit là d'un délit grave. Car même si vos souvenirs sont flous sur certains points, vous vous souvenez clairement avoir demandé à vos copains et à leurs amis d'arrêter, et ils n'ont pas tenu compte de votre avis. Vous vous souvenez de vos sentiments de peur et de dégoût, et aussi de votre stratégie de faire semblant de vomir pour pouvoir échapper à votre calvaire.
Le fait que ces hommes aient été alcoolisés n'enlève rien à leur responsabilité.
De plus, le fait que vous-même ayez été sous l'influence de l'alcool aggrave encore leur cas, puisqu'ils se sont ainsi rendus coupable d'abus sur une personne incapable de résistance. Sans compter qu'ils vous ont ensuite enfermée. La séquestration est également un délit.
Vous avez bien fait de nous écrire. Il est en effet important de clarifier les choses, de les nommer, et de remettre à leur juste place les responsabilités. Les hommes qui vous ont violée ont ensuite affirmé "n'avoir rien à se reprocher" et ils ont même eu l'audace de vous dire que vous étiez la seule responsable du viol subi. C'est intolérable.
Au vu de l'état de choc dans lequel vous vous trouviez alors, ils ont ainsi réussi à instiller le doute en vous. A votre souffrance se sont ajoutées la honte et la culpabilité, des sentiments que rien ne justifiait.
Vous avez depuis lors entamé le parcours de la reconstruction, et quels progrès vous avez déjà accomplis ! Bravo pour tout le chemin parcouru. C'est un travail qui prend du temps, ayez patience.
Vous nous parlez encore d'un doute qui vous fait "stagner", vous empêchant de tourner la page définitivement. Pour vous aider à franchir ce dernier cap, nous vous suggérons de prendre contact avec Solidarité femmes à Bienne où vous serez reçue par des professionnelles spécialisées dans les questions des violences faites aux femmes. Ce service est également un centre LAVI (bureau officiel d'aide aux victimes d'infractions). La confidentialité est assurée, de même que la gratuité des entretiens. Vous pourrez y aborder les points qui vous préoccupent encore aujourd'hui, que ce soit sur le plan psychologique ou sur le plan juridique. Nous pensons que ce soutien spécifique vous sera utile. N'hésitez pas à appeler pour fixer rendez-vous : tél. 032 322 03 44.
Nous restons à votre disposition au besoin. Tous nos voeux vous accompagnent, nous restons bien en pensée avec vous.
Bonjour Pataty, Votre message ne comporte que peu de détails sur votre situation. Nous ne savons pas si vous êtes...
Bonjour Malaugenou, Nous vous remercions de bien vouloir excuser le retard de notre réponse. Depuis 25 ans que vous êtes...
Bonjour Madame, D'après vos descriptions, il semble bien que vous soyez confrontée à diverses formes de violence conjugale : violence...