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Domande e risposte

Comment canaliser ma colère ?

Domanda
25 Juin 2014 - old...

De 2010 à 2012, je suis sortie avec un garçon de mon âge. Au début de cette relation, nous avions déjà tous les deux dix-huit ans et notre passé amoureux (aucun de nous n’était donc vierge). Tout s’est bien déroulé, durant les six premiers mois. Puis, le temps a fini par dégrader mes sentiments envers lui. Très vite, je me suis rendue compte que je ne l’aimais plus. Je restais avec lui parce qu’il était gentil et fragile. Il avait tendance à être dépressif, voir suicidaire. Peut-être que je me trouvais des excuses pour ne pas le blesser, je ne sais pas. Ou tout simplement, je voulais « sauver » quelqu’un. Notre relation a toujours été compliquée ; J’étais sa meilleure amie, sa copine, sa soeur, sa mère, son point de repère,... Le temps passe. Neuf mois avant notre rupture, il vient le premier refus sexuel de ma part. Je n’en avais pas envie du tout. Mais là, il me reproche la situation que nous vivons. Le fait que je ne l’aime plus, selon lui, est uniquement ma faute. Il me fait culpabiliser. Alors je baisse la tête et j’accepte « juste pour cette fois ». Cependant, cette première fois a été la première d’une liste très (trop) longue. J’avais peur de le retrouver, le week-end. Je ne voulais pas qu’il me touche. Alors je faisais exprès de trouver des stratagèmes (souvent illusoires) pour qu’il n’ait pas envie. Malheureusement pour moi, il fait parti de ses garçons « actifs » sexuellement, qui veulent des rapports plusieurs fois durant un week-end. J’essaie de résister. Je me dégoûte de plus en plus. Je prends des douches interminables. Je pleure. Mais je ne comprends pas tout de suite pourquoi. D’autant que j’essaie de rester pour ne pas le blesser. Il finit par insister, parfois pendant des heures. Mais surtout, il devient violent dans les mots. J’ai le droit à des insultes durant l’acte. Ca me répugne. Au bout de presque deux ans, je réussis enfin à rompre. Je me sens vide. Comme une loque. Je me déteste dès que je me regarde dans le miroir. Mais étrangement, cela s’estompe subitement une fois que je suis seule, que je le sais derrière moi. Je ne réalise pas vraiment la torture psychologique à laquelle j’ai eu droit. Puis, je retrouve un copain, peu de temps après. Je ne ressens aucun dégoût pour lui, lorsque je m’imagine avoir des rapports. C’est que tout va bien, selon moi. Je ne suis pas une victime. Hélas, au cours d’une discussion sur nos anciennes relations intimes, mon petit-ami semble perturbé par mes récits. Il m’avoue alors que je suis une victime de viol. Le mot me heurte en pleine tête. Moi ? Mais non ! Mais si... Je réalise petit à petit. La souffrance commence alors. Les images me reviennent. Je pleure. Mais surtout, je suis en colère. Contre cet ex petit-ami. Je suis contente qu’il se soit éloigné de ma vie. Je ne veux plus le voir. Pourtant, la vie me joue un autre tour. Mon ancien petit-ami est un « copain » aux amis de mon actuel petit-ami. A l’époque, il a une nouvelle copine. Je le tolère. Je finis même par occulter ce qu’il m’a fait. Je ne lui ai jamais rien dit, d’ailleurs, à ce sujet. Cependant, il finit par rompre avec cette fille. Et là, étrangement, il vient me retrouver sur les réseaux sociaux. Il me demande mon aide. Je suis docile, je l’aide. Pourtant, je ne suis pas « tendre » avec lui ; je le bouscule volontairement dans sa peine. Ca a l’air de lui convenir quand même. Tant et si bien que, depuis peu, il m’écrit régulièrement. J’essaie d’être brève, de lui faire comprendre que je ne le veux pas dans ma vie, mais il n’a pas l’air de saisir. Comment le pourrait-il, puisqu’il ne sait rien ? Il n’a pas l’air d’avoir réellement percuté sur le fait qu’il a été mon bourreau. Tout ça pour en venir à mon plus gros problème : Je suis en colère. Souvent. Pour rien du tout. Je m’en prends à mon petit-ami pour des sujets futiles. Comme si je voulais faire payer mon ancien copain. Comme si j’avais besoin de crier, d’en vouloir à quelqu’un. J’en souffre parce que je culpabilise d’autant plus, après que je sois agressive avec mon petit-ami. Je ne veux pas le perdre. Comment canaliser ma colère ? Comment le dire à mes proches (seuls mon petit-ami et ma meilleure amie, depuis hier pour elle, sont au courant) ? Dois-je en parler à mon ancien petit-ami ou pas ? Et si oui, comment aborder le sujet ?

Risposta
07-07-2014

Bonjour Lenne,

Excusez-nous de vous avoir fait attendre aussi longtemps. Nous n'arrivons pas toujours à traiter dans les délais promis toutes les questions qui nous parviennent.

Votre tristesse et votre grande colère sont bien légitimes. Vous avez été victime de graves violences, tant sexuelles que psychologiques (viols répétés, harcèlement sexuel, insultes et humiliations), qui constituent toutes des délits punissables. Les viols en particuliers sont poursuivis d'office. Cela signifie qu'aucun délai n'est imparti pour porter plainte, contrairement aux insultes, par exemple, où le délai est de trois mois pour signaler les faits au plan pénal.

Avez-vous déjà réfléchi à la question de savoir si vous voulez dénoncer ces viols aux autorités ? Vous êtes en droit de le faire. Ensuite, la justice suivra son cours. Votre ex-petit ami sera convoqué, il devra s'expliquer et aura à rendre des comptes. On lui fera comprendre qu'il s'est rendu coupable d'actes graves méritant sanction.

Nous nous dites que votre problème c'est votre colère actuelle : cette colère dont vous parlez, qui est entièrement justifiée, trouverait là un exutoire à la fois sain et réparateur. Ce serait à nos yeux un bon moyen de la "canaliser" , pour répondre à votre question. D'autant plus que si jusqu'à présent vous avez tenté "d'occulter" ce que votre ex-petit ami vous a fait, il semble qu'aujourd'hui vous soyez prête à regarder la réalité en face. En nous écrivant, vous avez franchi le premier pas d'un processus de guérison, qui passe entre autres par le rétablissement de la justice.

Bravo d'avoir pu rompre, bravo pour tout le chemin parcouru depuis, bravo de nous avoir écrit et de vous être ouverte à votre amie. Il est important que vous puissiez parler de ce douloureux passé - tant dans votre entourage immédiat que dans le cadre d'un accompagnement spécialisé. Envisagez-vous de faire appel à quelque professionnel-le ? Le soutien d'un ou d'une thérapeute vous aidera à vous libérer du traumatisme et des symptômes qui s'en sont suivis. Lorsque le temps est venu de se reconstruire, il vaut la peine de se faire accompagner dans ce travail sur soi. Vous pouvez vous adresser à Solidarité femmes à Bienne (tél. 032 322 03 44) ou à La Chaux-de-Fonds (tél. 032  886 46 36) qui offrent écoute et soutien aux femmes victimes de la violence d'un partenaire ou ex-partenaire. Les entretiens y sont confidentiels et gratuits. Au besoin, on pourra vous y fournir les adresses de thérapeutes habilité-e-s à suivre des personnes souffrant des séquelles d'un vécu traumatisant. Par ailleurs, les services de Solidarité femmes sont également des centres LAVI officiels (aide aux victimes d'infractions) et vous pourrez aborder avec leurs collaboratrices la question d'une dénonciation pénale. C'est parfois une décision difficile à prendre et nous vous encourageons vivement à en débattre avec ces personnes spécialisées.

Une fois que vous aurez pu parler de ce qui vous est arrivé dans un cadre professionnel, vous trouverez probablement plus facile de vous en ouvrir à vos proches. Quant à aborder le sujet avec l'auteur des viols lui-même, nous vous conseillons plutôt d'attendre. Mieux vaut d'abord éclaircir la question de la plainte.

Ne vous découragez pas devant cette colère qui parfois vous submerge. Elle a sa raison d'être et votre petit ami actuel doit pouvoir le comprendre ! Petit à petit elle s'estompera, au fur et à mesure que vous ferez du chemin à l'intérieur de vous-même pour vous reconstruire. Ayez confiance, vous allez vous en sortir : vous semblez avoir du courage et beaucoup d'atouts ! Nos voeux et nos pensées vous accompagnent, que l'avenir vous fasse retrouver la sérénité. Bonne chance !

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