Bonjour, je vous remercie de votre réponse qui est tout à fait juste, mais que faire exactement? Si je porte plainte il va me tuer. Si je pars avec les enfants idem. Je n'ai aucun espoir dans un divorce car la faute n'existe plus et il a de l'argent et des avocats. La dernière fois que je lui ai demandé de ne plus travailler le dimanche il m'a battue. Et là la fin du mois arrive et ça va encore être les insultes et la peur au ventre pour les factures. Alors que faire? Il n'est pas un bon père mais les enfants l'aiment et il est gentil avec eux, et oui je reste car je ne suis pas sûre que déraciner les enfants soit bon pour eux même pour mon bien-être. Existe-t-il une solution pour que lui soit obligé de partir? Merci à vous,
Bonjour Catherine,
Pour répondre à votre question, oui, il existe une possibilité : en présence de violence conjugale, ce qui semble bien être le cas dans votre couple, la police ou les juges peuvent procéder - pour la protection de la victime et éventuellement celle des enfants - à l'expulsion du conjoint violent, qui doit quitter le domicile et n'a plus le droit de s'en approcher. D'autres mesures de protection peuvent être prises, comme par exemple l'interdiction de périmètre qui est signifiée à l'auteur des violences, ou encore l'interdiction de se trouver dans certains lieux en même temps que ses victimes.
Avez-vous des raisons de craindre une agression grave ? Qu'est-ce qui vous laisse supposer qu'il pourrait "vous tuer" si vous portez plainte ou si vous partez ? Vous en a-t-il menacée, directement ou indirectement ? Y a-t-il fait allusion ?
Si tel est le cas, soyez prudente et pensez à vous mettre à l'abri avec vos enfants (en allant loger ailleurs quelque temps) avant de déposer plainte contre lui. C'est plus sûr. Et à ce moment-là, il importera d'informer la police des menaces qui ont été proférées contre vous. C'est une chose grave qu'elle prendra au sérieux.
Vous nous écrivez que votre mari vous a battue. Il n'en a pas le droit. Toute violence est inadmissible et l'on peut porter plainte jusqu'à trois mois après les faits. La loi vous autorise par ailleurs à quitter le domicile conjugal si votre bien-être est gravement menacé, ce qui nous apparaît être le cas (art. 175 du code civil suisse) : vous voilà de nouveau la peur au ventre, avec la fin du mois et les factures... Cela a des répercussions sur votre santé, et affecte très probablement vos enfants aussi. Pensez-vous vraiment que les soustraire à ce climat malsain soit l'équivalent d'un "déracinement" ? Peut-être qu'au contraire, ils en seront soulagés et seront heureux de vous sentir plus détendue, loin des insultes et des reproches constants, prête à faire respecter vos droits et à exiger les égards qui vous sont dus.
Vous nous demandez que faire exactement : comme nous vous l'écrivions déjà il y a une quinzaine, nous vous recommandons vivement de prendre un rendez-vous au centre de MalleyPrairie (tél. 021 620 76 76). Les consultations y sont gratuites et confidentielles. Vous pourrez y examiner vos options plus en détail et y recevoir un soutien spécialisé. Vous pourrez également y aborder la question de la nécessité de vous protéger, non seulement dans l'éventualité d'un dépôt de plainte, mais aussi de façon générale pour l'avenir. Les professionnelles qui travaillent dans ce centre connaissent bien la question et sauront vous soutenir avec compétence, tout en vous laissant décider par vous-même de ce que vous allez entreprendre ou ne pas entreprendre.
Votre bien-être et celui de vos enfants est entre vos mains. Qu'allez-vous en faire ?
Nous vous souhaitons force et courage et restons en pensée avec vous.
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