Depuis vendredi saint, ma petite soeur, qui avait réussi à se débarrasser de son ami abuseur en septembre dernier après 15 ans de maltraitances physiques et psychologiques, est de nouveau en butte à ses attaques. La veille, elle avait osé se rendre dans un festival où, malheureusement, elle l'a croisé. Elle a immédiatement quitté les lieux, pour ne pas provoquer, mais dès le lendemain à 7h, le harcèlement a recommencé. Il dure depuis une semaine, sans interruption, sauf quand IL dort. Dès le vendredi, nous avons alerté la police, car il s'était présenté devant sa porte, mais ils n'ont pas voulu prendre de plainte car c'était jour férié. Le samedi, nous sommes donc allés au poste, et là on nous a répondu que pour poser plainte, il fallait prendre rendez-vous! Le rendez-vous est ce soir, une semaine après le début des hostilités, et toute la semaine durant, ma soeur a été harcelée, menacée, noyée sous les coups de fil en numéro masqué et les sms, les injures et les reproches et de soi-disant déclarations où il lui dit l'aimer mais qu'elle, elle ne l'aime pas, s'est servie de lui et est un monstre. Ma question, toutefois est celle-ci: Est-il normal que la police n'ait pas voulu prendre la plainte de suite, qu'il ait fallu attendre une semaine entière pour pouvoir le faire? Poser plainte quand on est victime de violence et de harcèlement est un acte délicat, difficile, qui demande beaucoup de courage, et mon sentiment est que la police a essayé de nous décourager. Ce n'est pas normal! Après une semaine du traitement qu'elle subit, ma soeur est de nouveau au fond du trou. Elle ne dort plus, ou mal, elle pleure, n'arrive plus à manger, crève de trouille. Et personne à part moi pour la soutenir. Et peut-être Solidarité Femmes qui ne répond pas au téléphone et rappelle...en numéro masqué (ironique non, de faire comme les harceleurs?) Ce n'est pas normal de devoir mendier de l'aide dans ces circonstances, surtout quand on voit les campagnes actuellement affichées sur les trams à Genève. Pour info, le poste qui a refusé de prendre notre plainte sans rendez-vous est celui de Rive.
Bonjour Sister,
Nous comprenons tout à fait votre réaction devant l'attitude de la police et nous déplorons comme vous les reports et délais pour porter plainte, spécialement en matière de violence conjugale. Nous recevons bien souvent le témoignage de personnes victimes qui se voient refuser l'enregistrement de la plainte au moment où elles se présentent au poste et donner un rendez-vous pour les jours plus tard. Nous le regrettons également vivement car nous sommes tout comme vous sensibles aux difficultés et efforts faits par les personnes maltraitées pour se rendre au poste ou pour demander de l'aide. Cela leur demande effectivement beaucoup de courage et nous sensibilisons aussi souvent que possible la police de la nécessité de prendre au sérieux les victimes et de les accueillir avec compréhension et bienveillance au moment où elles font le pas de dénoncer la violence qu'elles subissent.
Nous comprenons votre sentiment que la police aurait essayé de vous décourager à porter plainte, mais nous osons espérer que tel n'est pas le cas car ce serait problématique. Nous savons par ailleurs que les policiers sont souvent surchargés et qu'il ne leur est pas toujours possible d'intervenir au moment souhaité, en particulier pour un dépôt de plainte qui va les mobiliser au poste pendant plusieurs heures. La pratique de donner un rendez-vous pour cette démarche est relativement courante, et relative à leurs effectifs. Nous n'avons pas de pouvoir sur leur fonctionnement.
La situation que vous décrivez mérite à nos yeux d'être portée à la connaissance de la Cheffe de la police, afin qu'elle soit consciente des enjeux de l'attitude des policiers qui refusent d'enregistrer une plainte et des conséquences de cette attitude pour les personnes victimes, et qu'elle prenne en compte cette donnée dans ses responsabilités de gestion de l'ensemble des policiers. Vous pouvez lui écrire votre témoignage directement à l'adresse suivante : Mme la Cheffe de la police, Hôtel de police, Ch. de la Gravière 5, 1227 les Acacias.
Vous pouvez également signaler ce problème au Comissariat à la déontologie de la police, chargé des dénonciations ou plaintes contre la police, et qui peut agir directement auprès des policiers concernés. Il faudrait à ce moment lui transmettre la date et l'heure ainsi que le poste de police concerné (vous le dites d'ailleurs dans votre message). L'adresse de ce commissariat particulier est la suivante : Commissariat à la déontologie, Av. de Champel 8C, Case postale 385, 1211 Genève 12.
Vous parler de l'incohérence entre l'attitude des policiers en question et celle des affiches qui circulent sur les trams de Genève depuis plus d'un an, et nous ne pouvons que comprendre et valider votre sentiment. Nous vous encourageons vivement à transmettre votre indignation également au bureau du délégué aux violences domestiques du canton de Genève, chargé de l'application de la loi genevoise sur les violences domestiques, afin que le délégué puisse relayer votre incompréhension et votre indignation auprès des partenaires concernés, le corps de police en particulier.
Prendre contact avec Solidarité Femmes était une très bonne idée pour votre soeur et nous espérons qu'elle a pu être reçue par cette association dans l'intervalle. La plupart des services et associations spécialisés en matière de violence utilisent des numéros masqués, ce qui permet de rappeler les personnes victimes sans que leur partenaire sache qui les a appelées, mais qui pose parfois aussi problème, comme dans votre cas. Aucun service ne fonctionne 24h sur 24 et la possibilité de rappeler les personnes doit faire partie des prestations offertes, avec les désagréments éventuels que vous décrivez.
En conclusion, nous voudrions aussi souligner que la police peut être appelée en urgence à tout moment, via le 117, en cas de danger, menace, harcèlement ou violence. N'hésitez pas à appeler directement le 117 si votre soeur était à nouveau victime des comportements délictueux de son ex-ami.
Nous espérons que ces informations vous permettront de relayer votre indignation à qui de droit et nous tenons à souligner combien votre soeur a de la chance de vous avoir comme soutien auprès d'elle. Bien sûr, les professionnel-le-s doivent aussi jouer leur rôle, mais nous savons que l'entourage compte souvent davantage et que votre attitude aidante, soutenante et compréhensive représente une ressource inestimable pour votre soeur. Nous restons bien sûr à votre disposition à toutes les deux pour d'autres informations, questions ou demandes auxquelles nous répondrions bien volontiers.
Nous souhaitons de tout coeur que votre soeur et vous-même serez accueillies avec considération, chaleur et respect dans la suite de vos démarches et nous vous souhaitons bonne route.
Bonjour Madame, Vous étiez victime d'une mère maltraitante, que vous définissez comme perverse narcissique. Récemment, vous avez pris conscience de...
Bonjour Madame, Vous vivez des violences depuis 6 ans, et depuis 2 mois, vous êtes parties de votre domicile. Cependant,...
Bonjour Madame, Nous comprenons votre désarroi à la fin de cette grossesse que votre mari n’accepte vraiment pas. Il...