Bonjour, Ma cousine est mariée et a une fille de 10 ans. Son mari qui est aussi le père de ma nièce lui fait subir des violences physiques et morales. Elle est tétanisée même quand il l'appelle. Sa fille a peur aussi. J'essaye de la convaincre d'aller voir la police ou d'autres institutions mais elle a peur car elle pense que son mari peut la tuer s'il voit la police arriver chez eux. Je n'ai pas été témoin des violences mais je la crois. Que puis je faire pour l'aider
Bonjour,
Nous vous remercions de nous avoir écrit et de nous témoigner votre confiance en nous faisant part de vos inquiétudes concernant votre cousine et sa fille. La situation que vous décrivez semble très préoccupante. Même si vous n’avez pas été témoin directement des violences, le fait que vous croyiez votre cousine et que vous preniez au sérieux ce qu’elle vous confie est déjà très important.
Vous expliquez qu’elle semble tétanisée, notamment lorsque son mari l’appelle, et qu’elle craint qu’il puisse la tuer si la police intervenait. Sa peur mérite d’être entendue et prise au sérieux. Les violences au sein du couple peuvent s’inscrire dans un cycle, avec des périodes de tension, des épisodes de violence, puis parfois des phases d’accalmie, de regrets ou de promesses de changement. Ces différentes phases peuvent se répéter et rendre très difficile la prise de décision ou le départ. La peur, l’emprise, les menaces, l’espoir que la situation s’améliore, ainsi que les préoccupations liées aux enfants ou aux conséquences d’une séparation peuvent également expliquer pourquoi une personne ne se sent pas prête à demander de l’aide ou à quitter son partenaire.
En tant que proche, il peut être très difficile d’assister à une telle situation. Vous pouvez ressentir de l’impuissance, de l’inquiétude, de la colère ou de la frustration face au fait que votre cousine ne semble pas vouloir entreprendre les démarches que vous lui proposez. Ces sentiments sont compréhensibles. Vous ne pouvez pas prendre la décision à sa place ni la contraindre à agir. En revanche, votre présence peut constituer une ressource précieuse : vous pouvez continuer à l’écouter, à lui dire que vous la croyez, à lui rappeler qu’elle n’est pas responsable des violences qu’elle subit et à lui faire savoir que vous serez là lorsqu’elle se sentira prête à demander de l’aide.
Une posture non-jugeante qui évite de lui mettre trop de pression pour qu’elle porte plainte ou qu’elle quitte immédiatement son mari est la plus favorable pour la victime. Vous pouvez aussi lui demander ce dont elle aurait besoin pour se sentir davantage en sécurité et lui proposer de l’accompagner dans les démarches qu’elle choisira. Par exemple, vous pourriez lui dire : « Je te crois. Je suis inquiète pour toi et pour ta fille. Je suis là pour t’écouter et je t’accompagnerai lorsque tu te sentiras prête. ». Le plus important est que la victime ne s'isole pas d'avantage.
Comme votre cousine vit dans le canton de Fribourg, elle peut s’adresser à Solidarité femmes Fribourg – Centre LAVI, 026 322 22 02 qui offre des consultations gratuites et confidentielles aux personnes concernées par la violence. Le centre peut également conseiller et soutenir les proches. En dehors des heures de consultation, le 142 est également accessible gratuitement et de manière confidentielle pour obtenir un soutien immédiat.
Si votre cousine craint pour sa vie ou ne se sent plus en sécurité à son domicile, Solidarité femmes Fribourg dispose également de solutions d'hébergement pour les femmes et leurs enfants afin de les mettre en sécurité. Elle peut donc s’y rendre avec sa fille de 10 ans. L’équipe pourra évaluer la situation avec elle, réfléchir aux mesures de protection nécessaires et l’accompagner dans ses démarches, sans qu’elle soit obligée de porter plainte si elle ne le souhaite pas.
Si vous pensez que votre cousine ou votre nièce est en danger immédiat, vous pouvez appeler la police au 117.
Votre inquiétude et votre volonté de l’aider montrent que vous êtes déjà une personne importante dans son entourage. Continuez à rester disponible, à l’écouter et à lui rappeler qu’elle peut demander de l’aide lorsqu’elle se sentira prête. Vous pouvez également contacter vous-même un centre spécialisé afin d’être conseillée sur la manière de la soutenir tout en prenant soin de vous. En effet, votre rôle n'étant pas évident, il est important que vous puissiez être soutenue si vous en ressentez le besoin.
Nous espérons que ces informations vous seront utiles et vous souhaitons beaucoup de courage pour accompagner votre cousine dans cette situation difficile. Notre porte demeure ouverte si vous avez de nouvelles questions ou si vous souhaitez nous donner des nouvelles.
Nos pensées vous accompagnent.
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