02-11-2007
Bonjour,
Nous comprenons que vous vous sentiez perdue dans la situation actuelle. Le fait que vous soyez enceinte maintenant vous fait peur; en effet ce bébé arriverait avant que vous ayez pu trouver un chemin pour sortir de cette dynamique de violence, avant que vous ayez pu réfléchir sur votre avenir et avant que votre mari puisse travailler sur lui. Nous ne sommes pas sûrs qu’il soit bon d’accueillir un enfant dans un moment aussi difficile de votre vie. Que pense votre mari du fait d’avoir un enfant maintenant ? Avez-vous pu en parler ensemble ?
Si votre couple s’attend à ce que cette naissance soit un « remède » à votre malaise, un miracle qui fasse changer votre mari, alors il y a fort à parier que cela ne se passe pas comme voulu et ce petit être risque de porter des problèmes lourds qui ne sont pas les siens.
La grossesse et la naissance peuvent être des tranches de vie durant lesquelles la violence du partenaire augmente. Ceci peut paraître paradoxal, mais le fait est que les attentes et le changement auquel le futur père est confronté, sont un facteur de stress et de tensions chez lui, ce qui entraîne davantage de conflits et de risques de violence.
Si vous décidiez de garder l’enfant, essayer vraiment de vous protéger – aussi bien physiquement qu’émotionnellement. Nous vous encourageons de discuter des différents scénarios de protections possible avec le
Centre de Consultation LAVI de votre région, ou alors avec le
service de consultation conjugale spécialisé entre autre pour tout ce qui concerne les conflits de couple, grossesse, IVG, etc. La décision est difficile à prendre, elle vous appartient. Mais l’aide par des professionnel-les pourront vous aider à éclaircir vos besoins, vos craintes, les enjeux soulevés par cette grossesse.
Vous nous dites aussi que le juge vous demande de décider si vous souhaitez déposer plainte ou non. Nous vous encourageons vivement à la faire car la justice peut affirmer clairement à votre mari que sa violence est dangereuse et inacceptable et éventuellement aussi le contraindre à suivre un traitement. Vous ne seriez ainsi pas seule à réagir.
Nous vous souhaitons de trouver la voie qui sera la vôtre et espérons que vous oserez vous protéger et vous abriter le plus loin possible de la violence.