Ce n'est pas vraiment une question, mais un appel aux changements. Je suis actuellement étudiante en dernière année de master. Je ne vis heureusement plus sous le même toit que mes parents, mais y rentre les week-ends. Mon père a clairement un profil de pervers narcissique et est psychologiquement instable (agressif, dépressif, bipolaire, manipulateur). Il est suivi par un psychologue mais il n'y a jamais eu d'amélioration dans son comportement. Ma mère subit son caractère depuis notre naissance. Les coups, la dégradation de sa personne devant nous, la coupure sociale (ma mère n'a plus aucun ami, ses seules loisirs sont d'aller faire les courses). Elle a fini par développer une schizophrénie lorsque nous étions enfant et est actuellement sous médications. Mais l'état psychologique dans lequel je les vois me donnent envie de vomir. Le rôle de paternel et son influence toxique s'étend bien entendu sur nous. Bien qu'ayant bientôt 26 ans, je ne sors jamais de chez moi lorsque je rends visite à mes parents. J'ai perdu tout mes ami(e)s résidant dans le canton où vivent mes parents et je ne peux pas sortir les voir sans provoquer un drame (conflits, état de stress, questions dérangeantes et mépris). Bref, l'atmosphère est invivable et aujourd'hui j'en ai marre de me taire. Mes parents sont d'une origine culturelle fermée où il y a beaucoup de tabou, leur aspiration à une "vie familiale idéale" qui se basent sur sauver les apparences a fini par m'écoeurer. Les deux sont très malades psychologiquement et continue à nourrir cet environnement dont j'ai pu échapper momentanément grâce à mes études. Sans vouloir créer une séparation familiale (bien que je ne vois pas d'autres moyens), comment pourrais-je sortir de ce bourbier ? Mes études sont bientôt terminés, mais l'emprise paternel est forte et je n'aurais jamais la liberté que je souhaite tant qu'il continuera à sévir et nous oppresser tous. J'ai également une grande soeur et 2 frères. Mes frères font leurs études dans d'autres cantons et tentent de mettre le pied le moins possible à la maison. Ma soeur vit actuellement chez eux. Elle travaille pendant la semaine. Mais elle vit tous les jours dans cet environnement toxique et se plie à la volonté de mon père et tente de calmer la situation en prenant toujours son parti lorsqu'il agresse ma mère. Celle-ci est peu éduquée, n'a pas de travail, est à l'AI, elle se rend bien compte que la situation n'est pas juste, mais elle subit toujours et le fera probablement jusqu'à la fin. Je n'aime pas cette vie qu'elle a, et j'aimerais pouvoir l'aider. La situation est dramatiquement compliquée. Elle dégénère et se stabilise en fonction du temps, mais l'ambiance générale est suffocante à vivre et sous stress perpétuel. Y aurait-il des pistes ou des aides probables dans ce genre de situation ?
Bonjour Madame,
Vous nous écrivez pour nous faire part de votre situation familiale très compliquée et essayer de trouver des solutions pour sortir de cette situation étouffante. Votre père, que vous qualifiez de pervers narcissique, exerce de la violence psychologique et physique depuis de nombreuses années sur votre mère qui souffre de troubles psychiques. L’influence « toxique » de votre père vous impacte aussi beaucoup vous, vos frères et votre sœur. L’ambiance à la maison est « suffocante et sous stress perpétuel » et vous n’en pouvez plus. Nous sommes touché-e-s par votre témoignage et regrettons de vous savoir confrontée à des choses si difficiles. Vous avez bien fait de ne pas rester seule plus longtemps face à ce que vous vivez dans votre famille.
Votre mère subit des violences graves et interdites par la loi qui nuisent gravement à sa santé psychique (et physique) déjà fragilisée. Tout d’abord, il ne faut pas que votre mère ou un-e autre membre de la famille n’hésite à appeler la police lorsque les violences éclatent ! La police est formée à intervenir dans ce genre de situations. Ceci aura l’avantage de protéger momentanément votre maman et de faire connaître votre situation aux autorités, ce qui facilitera d’éventuelles démarches futures. Ensuite, en raison des violences qu’elle subit, votre mère a droit aux prestations d’un centre LAVI qui offre une aide psychologique, juridique et financière aux victimes d’infractions. Il existe des centres dans tous les cantons (il faut contacter un centre du canton dans lequel est domiciliée votre mère). Ce service est gratuit, confidentiel et sans engagement. Ces professionnel-le-s pourront épauler votre mère dans toutes ses démarches. Vous pourrez même l’y accompagner si besoin. Du plus, nous imaginons qu’elle est suivie par un-e psychiatre ou un-e psychothérapeute pour sa schizophrénie. Cette personne est-elle au courant des violences dont elle est victime dans son couple ? Croyez-vous que votre mère pourrait lui en parler ? Plus de professionnel-le-s seront au mis courant de la situation, plus il sera possible de venir en aide à votre maman.
Nous comprenons que cette situation est aussi très difficile à vivre pour vous (et vos frères et votre sœur). Les mots que vous utilisez pour décrire ce que vous ressentez sont très forts. Vous avez l’impression que vous ne serez jamais libérée de l’oppression qu’exerce votre père sur toute la famille. Quels sont vos projets et envies pour votre avenir personnel et professionnel ? Il est important que vous puissiez échapper à la violence et à l’emprise de votre père pour préserver votre santé et votre bien-être. Nous imaginons que vous êtes encore dépendante financièrement de vos parents et que ceci peut limiter vos perspectives d’indépendance ? Étudiez-vous actuellement à l’université de Genève ? Si tel est le cas, la solution la plus simple serait de prendre contact avec le pôle santé-social de l’UNIGE qui offre une aide pluridisciplinaire gratuite (ou peu coûteuse) aux étudiant-e-s. Ce service offre des consultations psychothérapeutiques qui pourront vous aider à vous reconstruire et traiter les conséquences psychologiques de votre situation familiale difficile. Ce pôle offre aussi une aide sociale et financière qui pourra vous être très utile pour vous permettre de gagner en autonomie. N’hésitez pas à contacter ces professionnel-le-s qui sauront vous écouter, vous soutenir, vous renseigner et éventuellement vous aiguiller vers d’autres services d’aide compétents. Dans le cas où vous étudiez ailleurs, la plupart des universités et hautes écoles disposent de services similaires. Vous pouvez aussi vous diriger vers le service social de votre canton d’habitation qui pourra vous venir en aide sur le plan social et financier. Subissant vous-même des violences psychologiques de la part de votre père, vous pouvez également demander un rendez-vous avec un centre LAVI de votre canton. Vous n’aurez sans doute pas le droit aux prestations de la LAVI (à la différence de votre mère), mais vous pourrez tout de même bénéficier d’un entretien lors duquel vous recevrez des informations et des pistes d’action spécifiques à votre situation.
Il nous semble primordial que vous puissiez bénéficier d’une prise en charge professionnelle. Ne restez pas seule avec tout ça et ne perdez pas espoir, des solutions existent (même dans des situations très complexes) ! Vous arrivez au bout de vos études, vous pouvez être fière de votre travail. Il est important que vous puissiez poursuivre votre route plus sereinement.
Nous espérons que votre réponse vous sera utile. Vous pouvez sans autre nous écrire à nouveau pour nous donner plus de détails sur votre situation ou pour nous poser d’autres questions. Nous vous souhaitons de tout cœur un avenir plus épanouissant, à l’abris des violences. Bien à vous.
Bonjour Azda, Les informations que vous nous donnez sont très lacunaires pour que nous puissions vous conseiller et vous permettre...
 Bonjour balade, A votre question sur l'attachement qui conduit à une trop grande acceptation ou sur la crainte qui renforce...
Bonjour Isha, Pour répondre à votre demande d’aide psychologique sur Lausanne, nous vous proposons de vous adresser soit au Centre...