Bonjour, J'ai besoin d'un conseil. J'habite un immeuble et j'entends régulièrement des cris et des pleurs chez mes voisins. Ce couple a 3 enfants. 2 garçons d'une dizaine d'années et la petite dernière a 16 mois. Je m'inquiète. La maman et le papa hurlent souvent. Dès le matin à 7h je les entends criez et j'habite deux étages au-dessus !! Cela fait 2 ans que j'habite ici, mais ca fait plus longtemps que c'est comme ca. L'année passée, durant sa grossesse, je pensais qu'elle n'arriverait pas à terme avec l'agitation qu'il y a dans son foyer. Je ne sais pas ce qui se passe !! J'entends crier, des meubles tombes, il y a des gros boum. Les enfants se mettent à pleurer,... J'ai entendu un *au secours* de la part de la dame dimanche matin à 7h. Elle a crié. C'est ca qui me décide à vous écrire. Une autre fois c'était * Noooon D*****! Pourquoi tu fais ca ?* Des cris de détresse. Mais qu'est-ce qu'il se passe chez eux ?? J'ai appelé la police une fois, à 7h le matin. Un policier est venu chez eux contrôler et apparemment tout allait bien. Je n'y crois pas. Ils font bonne figure mais en privé c'est pas du tout ca. Je suis inquiète pour les enfants. Le père leur parle mal, il est bizarre. Moi-même j'en ai peur. Que faire ???? Merci de votre aide.
Bonjour Soleil,
Avant toute chose nous vous prions de nous excuser. Nous avons pris du retard dans le traitement des questions reçues en ce début d'année.
Entendre les cris, les meubles qui se renversent, oui ça fait peur et nous comprenons votre malaise ainsi que votre inquiétude pour votre voisine et ses enfants.
Vous avez très bien fait d'appeler la police. N'hésitez pas à recommencer. Alertez-la sans attendre quand vous entendez des scènes de violence, même si le couple devait prétendre ensuite que tout va bien. Souvent, la victime nie les faits par crainte des représailles de son agresseur une fois qu'elle sera à nouveau seule avec lui - d'ailleurs il y a tout à parier qu'il la menace de lui faire payer le prix fort si elle parle.
Ces rapports de police, en apportant la preuve des interventions qui ont été nécessaires, pèseront leur poids dans le dossier au cas où votre voisine se déciderait un jour à se défendre sur le plan juridique.
Voilà donc une première chose que vous pouvez faire. En revanche, ne vous adressez jamais à l'auteur de ces violences lorsque vous le rencontrez. Vous risquez non seulement de vous mettre en danger vous-même, mais surtout d'attirer sur votre voisine un acte de vengeance.
Pour le reste, vous avez deux options.
La première c'est d'essayer de nouer le contact avec votre voisine si vous la rencontrez (uniquement lorsqu'elle est seule, évidemment). Attendez avant d'aborder le sujet de la violence qu'il y ait entre vous un début de relation de confiance et de sympathie, de petits échanges. Par la suite, vous pouvez l'informer sur ses droits : quitter le domicile conjugal avec ses enfants (art. 175 du Code civil), ou s'adresser au centre LAVI le plus proche (aide gratuite aux victimes d'infractions - la violence conjugale en est une) pour une consultation juridique et personnelle, ou encore appeler le numéro d'aide de Solidarité femmes (service spécialisé dans l'accompagnement des femmes victimes de violence dans leur couple); là existe également la possibilité de se réfugier avec les enfants pour échapper aux scènes pendant quelque temps et examiner avec des professionnelles la suite à donner aux événements (tél. 079 628 87 80). Vous pouvez également l'assurer de votre soutien en tout temps, si elle en a besoin, et lui faire comprendre qu'elle peut compter sur vous. Rappelez-vous qu'elle est probablement très isolée. Vous pourrez par la suite la rendre attentive à la nécessité de protéger ses enfants qui souffrent de la situation et à son devoir de mère dans ce contexte.
Si vous choisissez cette approche "du soutien direct", il vous faudra faire preuve de beaucoup de patience et de détermination à l'aider ! Elle n'est peut-être pas encore prête à entreprendre quoi que ce soit. La violence a des effets si destructeurs que les victimes doivent parfois passer par un long processus de prise de conscience et rassembler toutes leurs énergies pour oser faire le premier pas afin de s'en sortir. C'est souvent très décourageant pour l'entourage qui souhaiterait une issue plus rapide.
La deuxième alternative est, si vraiment vous craignez pour la sécurité des enfants, de faire appel à l'Office cantonal valaisan pour la protection des mineurs et de signaler le cas (tél. 027 606 48 40). Parlez de ce que vous avez constaté, des cris, du fracas, de la manière qu'a le père de "mal parler" aux enfants. La loi suisse permet à toute personne de dénoncer la mise en danger de mineurs, lorsqu'elle en a connaissance. Les autorités sont alors tenues de mener une enquête approfondie sur la situation de la famille et de faire un rapport.
Il va sans dire que si vous vous décidez à entreprendre cette démarche, il vous sera probablement très difficile d'établir un lien positif avec la maman, qui risque de vous en vouloir, imaginant qu'on va lui enlever ses enfants. A vous donc de peser le pour et le contre de ces deux options.
Nous espérons que ces quelques pistes vous aideront à y voir plus clair. Consultez également les pages de notre site sur les divers aspects de la violence, si vous ne l'avez déjà fait. Merci de vous préoccuper du calvaire que vivent votre voisine et ses enfants et de vouloir leur venir en aide, ils n'ont peut-être que vous. En leur nom, nous vous remercions, et nous vous souhaitons de tout coeur de réussir dans votre entreprise.
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Bonjour Madame, Avant tout, nous vous prions de nous excuser pour le retard dans notre réponse. Dans votre message, vous...
Bonjour Nesrine, Vous nous confiez que vous êtes en couple depuis quelques mois et que votre compagnon ne vous donne...
Bonjour Bird, D’abord, merci de bien vouloir excuser le retard de notre réponse. Vous avez surmonté votre réticence à...