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Je veux qu'il s'en aille, comment le faire partir de chez nous ?

Pregunta
09 Janvier 2012 - old...

Bonjour, Je vis une situation difficile dans mon couple depuis deux ans. Nous avons connu de grandes difficultés financières et avons été escroqués lors de la réalisation de notre maison. Je travaille et mon mari est à l'AI. Il ne fait pratiquement rien à la maison si ce n'est le dîner pour moi et les enfants, mais il ne fait aucun effort et fait quasiment que des plats tout prêts. Il prend de nombreux médicaments et boit énormément. Sa première activité le matin est de m'insulter et il y prend un plaisir manifeste. Ce qui me sauve, c'est mon travail, lui dort encore quand nous partons. Le week-end et les vacances c'est l'horreur. Ce sont des insultes sur moi, ma mère, les voisins, et ceux devant notre fils de six ans. Ma fille, née d'un premier mariage, intervient parfois dans nos disputes. Le problème est que je réagis à ces insultes et de manière violente, tellement je suis à bout nerveusement. Pour se venger, il me frappe, casse des objets dans la maison, bref je n'en peux plus. J'exerce une profession qui fait que je suis connue dans tout mon village. Je ne sais pas comment agir. Je veux qu'il s'en aille, mais il n'a pas les moyens financiers de louer quelque chose. De plus, il me menace de prendre notre fils, de demander la garde alternée, de me salir auprès de mon employeur. Je ne veux pas faire intervenir la police et je suis financièrement coincée pour prendre un avocat et le faire partir de chez nous. J'attends de vos nouvelles Merci

Respuesta
16-01-2012

Bonjour Ségolène,

Vous êtes à bout et vous vous sentez "coincée" de toutes parts, entourée d'obstacles, ne sachant plus que faire. Après deux années de difficultés et de violence, il y a de quoi, rien d'étonnant donc à ce que vous éprouviez quelque peine à prendre du recul.

En vous insultant, en dénigrant votre famille et en cassant des objets, en menaçant de vous salir auprès de votre employeur, votre mari se rend coupable de violence psychologique, en plus de la violence physique. Vous seriez en droit de porter plainte. Qu'est-ce qui vous retient de faire appel à la police ? Elle pourrait procéder à l'expulsion de votre mari s'il vous frappe. Pendant combien de temps pensez-vous supporter encore les "week-ends d'horreur" ? Et les vacances ?

Vous dites vouloir qu'il s'en aille. Un rapport de police serait précieux pour prouver que violence il y a, ce qui vous donne le droit de partir avec vos enfants, ou de demander au juge des mesures de protection de votre personne (votre mari n'aurait ainsi plus le droit de s'approcher de vous ni de la maison). Il serait bon de consulter un avocat, à la fois pour connaître vos droits de manière plus exacte, et aussi pour demander la séparation. Si votre budget est très limité, vous pouvez demander l'assistance judiciaire gratuite.

Vous semblez vous inquiéter pour votre mari, qui ne saurait où loger. C'est à lui de demander de l'aide, de son côté. Vous nous dites qu'il consomme abusivement de l'alcool et des médicaments : existe-t-il un centre de prévention et d'accompagnement spécialisé dans votre région ? Il pourrait y recevoir un soutien gratuit pour la question de ses addictions, s'il est prêt à consulter. Et du point de vue financier, il a la possibilité de s'adresser à la commune en attendant que votre situation juridique soit réglée.

Cela dit, un point nous préoccupe particulièrement : c'est la présence de votre petit garçon au milieu de toutes ces disputes et des objets qui volent. Les enfants souffrent beaucoup plus qu'on ne le pense d'assister à des épisodes violents. En tant que mère, vous avez le devoir de protéger les vôtres. Sinon, qui le fera à votre place ? Ils ont besoin de vous. C'est à vous de trouver une solution pour sortir de la violence, et ce d'autant plus que vous nous dites réagir vous aussi de manière violente, tellement vous êtes à bout. C'est en effet une des conséquences de la violence répétée de votre mari. Ne laissez pas vos enfants souffrir plus longtemps du climat délétère qui règne à la maison.

Nous comprenons qu'étant "connue dans tout le village", vous hésitiez à faire des vagues. Mais les enjeux sont importants, et on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs. Vous pourriez dans un premier temps demander une consultation au centre LAVI le plus près de chez vous (Monthey : tél. 024  472 45 67 et Sion : tél. 027  323 15 14, ce dernier 24h/24) ou à Solidarité femmes Valais (079  628 87 80). Ce sont des services gratuits qui sont là pour aider les victimes de violence. Vous pourriez y discuter plus en détail des options qui s'offrent à vous. N'hésitez pas à les appeler sans tarder, vous y serez entendue et soutenue, en toute confidentialité.

Courage. Nous espérons de tout coeur que vous trouverez bientôt une issue positive à votre situation et que votre vie prendra une orientation différente. A vous et à vos enfants, nous souhaitons un futur fait de sécurité et d'harmonie.

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