Un séjour chez mon frère pendant les fêtes de Noël m'a permis d'ouvrir les yeux sur son comportement envers sa femme. Avec mon mari, nous avions déjà asisté à des querelles dans leur couple et des excès de colère de sa part. Je me disais qu'il ne devait pas être facile à vivre tous les jours, qu'il avait un comportement d'enfant gâté et qu'il était incapable d'être heureux quoiqu'il lui arrive. En effet, marié à une femme charmante qu'il convoitait depuis toujours, père de 3 garçons adorables, propriétaire d'une très belle maison, avec une très belle situation professionnelle ... il a tout pour être heureux. Au cours de ses quelques jours chez lui, nous avons assisté à une crise de sa part envers les propos de sa femme qui était complètement démesurée. Il a fini par quitter la pièce en hurlant et nous insultant, tant sa femme que nous-mêmes qui partagions le même point de vue. A cette occasion, ses propos ont été terriblement agressifs, humiliants et révélateurs de reproches répétés envers ma belle-soeur. Après son départ, ma belle-soeur a disposé de quelques minutes ou elle s'est complètement effondrée, en pleurs, et nous a avoué que cette siutation était continuelle, sans qu'elle sache pourquoi, à n'importe quel moment il pouvait s'emporter et cette situation la terrifiait. Nous avons préféré ne pas revenir sur l'incident avec mon mari, éviter les esclandres malgré l'absence d'excuses de la part de mon frère pour ma belle-soeur ou nous-mêmes juste après la crise (il m'a présenté ses excuses quelques jours plus tard en me demandant d'oublier cet incident). Après quelques jours, lors d'une autre fête de famille, j'ai disposé de nouveau de quelques minutes en tête-à-tête avec ma belle soeur pendant lesquelles j'ai pu lui exprimer mon choc face à la violence de mon frère ainsi que mon soutien face à cette situation qui - lui ai-je expliqué - m'inquiète énormément et me paraît inacceptable. Ses pleurs et son apparent soulagement face à ma compréhension de sa situation me laisse aujourd'hui complètement démunie. Je ne sais comment l'aider car je suis la soeur de son mari. Je pense être néanmoins la seule personne à qui elle ai parlé "un peu" et la seule à lui avoir témoigné mon inquiétude face à la situation pour elle et les enfants dans l'avenir. Nous nous voyons 2 à 3 fois par an et les rapports téléphoniques se font toujours de couple à couple. Après beaucoup de lecture sur internet et la découverte de votre site, mon inquiétude redouble car ses propos et ses quelques témoignages sur son quotidien concordent complètement avec les descriptions que j'ai pu lire (isolement progressif, refus qu'elle fasse des activités personnelles, humiliations, tentative pour qu'elle cesse son activité professionnelle, envoi de SMS très agressifs qu'il efface ensuite dans son téléphone, menace de suicide répétée de sa part, ... et en même temps moments de grandes douceurs, cadeaux, attentions de la part de mon frère ....) Je ne sais comment reprendre contact avec elle sans la mettre dans l'embarras. J'aimerai qu'elle lise les informations disponibles sur ce site et pense lui envoyer par texto sur son téléphone portable pendant qu'elle sera au travail. J'ai peur néanmoins qu'elle se braque car elle m'a dit aimer mon frère, elle espère qu'il va changer et ne conçoit pas de briser la famille qu'ils forment avec leurs 3 enfants. Je me sens complètement démunie face à cette situation mais je ressens l'obligation de la soutenir, de n'importe quelle manière, peu importe qu'il s'agisse de mon propore frère. Je ne sais si vous pouvez me conseiller ou m'indiquer quelles démarches suivre pour soutenir ma belle-soeur avec le récit ci-dessus mais votre aide me serait extrêmement précieuse. Merci
Bonjour Madame,
Nous avons lu avec attention votre longue explication de la situation de violence vécue par votre belle-soeur, de la part de votre frère. Ce que vous en dites correspond effectivement à une dynamique de violence conjugale, caractérisée par un engrenage destructeur qui malheureusement va toujours dans le sens d'une aggravation, sauf si quelque chose est entrepris pour enrayer ce cercle vicieux.
Votre présence a déjà permis à votre belle-soeur de s'ouvrir à vous, d'oser franchir le premier pas qui consiste à dévoiler la situation de violence vécue. C'est un premier pas important. Il s'agit maintenant d'aider votre belle-soeur à parcourir quelques pas supplémentaires pour demander de l'aide dans une situation difficile et sans doute complexe. Vous êtes sans doute une personne ressource importante pour elle et vous pouvez tout à fait jouer le rôle de relais avec des informations que vous avez découvertes, comme l'existence de ce site, ou de lieux d'accueil et d'accompagnement des femmes victimes de violence. Votre idée de lui envoyer par sms les coordonnées de notre site est tout à fait adéquate et lui permettra de s'informer par elle-même des ressources possibles.
Dans les situations de violence conjugale, nous conseillons vivement à l'entourage de faire ce que vous avez déjà fait, c'est-à-dire lui exprimer votre soutien, l'aider à parler de ce qu'elle vit et subit, lui témoigner votre compréhension et lui offrir votre aide. Vous pouvez rester à sa disposition pour le moment où elle souhaitera vous parler davantage, vous demander une aide particulière. Même si l'impuissance que vous ressentez actuellement est difficile à vivre, il n'est pas utile ni indiqué de lui forcer la main et de vouloir à tout prix faire intervenir dans sa situation. L'attitude la plus aidante est la disponibilité et la compréhension, sans jugement, des choix qui seront les siens. C'est ce que vous avez déjà fait avec elle et vous lui serez très certainement un soutien précieux en gardant cette attitude d'ouverture et de disponibilité.
Ce qui pourrait aussi être entrepris de votre part, ce serait une intervention auprès de votre frère. Il vous a présenté ses excuses quelques jours plus tard seulement, et en vous demandant de tout oublier. Vous n'êtes pas obligée d'accepter ses excuses et vous n'oublierez bien sûr pas cet incident. Vous êtes sans doute bien placée pour signifier à votre frère que son comportement n'est pas acceptable ni excusable si facilemement et que vous considérez que c'est un problème important et préjudiciable pour toute la famille de se comporter ainsi. Le déni dans lequel votre frère se trouve probablement (c'est une caractéristique des auteurs de violence de minimiser les faits, de chercher des excuses, de se déculpabiliser sur le dos des autres, leur femme, la société, leur patron, etc.) est un obstacle à une prise de conscience du problème et de ses conséquences et à une recherche de solution. Vous pouvez donc intervenir pour l'aider à sortir de ce déni et à reconnaître qu'un problème existe. Il ne s'agit pas de le culpabiliser ni de le juger, mais de le responsabiliser pour ses actes, tout en cherchant à le comprendre sur la souffrance qui l'habite et qui le fait agir ainsi. Peut-être pourrez-vous l'aider à parler lui aussi de ce qui le met dans des états pareils et de ce qu'il craint en agissant ainsi. Vous trouverez sans doute des informations utiles pour agir dans ce sens dans la partie du site réservée aux auteurs, voire en téléphonant à l'une des structures d'aide pour les auteurs de violence existant en Suisse romande. Il s'agit de trouver une voie entre la responsabilisation d'un côté et la compréhension (qui n'est pas une excuse) de l'autre. Votre frère a besoin d'entendre que ces actes sont des délits, qu'ils font mal, qu'ils ont des effets destructeurs et qu'ils ne peuvent être excusés sans autre. Il a sans doute besoin de traitement et pourrait trouver une aide appropriée dans l'une des stuctures pour les auteurs de violence. Lui en parler représentera une première aide dans ce sens.
Si vous avez l'impression que votre position claire d'alliée avec votre belle-soeur vous rend cette intervention trop difficile, vous pourriez voir avec votre mari, qui a aussi assisté aux scènes de violence, si lui serait mieux à même de parler à votre frère. Peu importe qui le confronte à ses actes, l'important est de ne pas rester dans le déni avec lui, car c'est une façon de le conforter dans ses agissements. Ses menaces de suicide montrent d'une part sa capacité d'utiliser la menace dans la relation mais aussi son désarroi et sa souffrance. En abordant ses comportements comme résultants d'une souffrance, vous pourriez sans doute l'aider à en parler. Et s'il refuse de s'ouvrir, vous pourriez tout de même lui donner les coordonnées des associations dans lesquelles il pourrait trouver de l'aide.
Il faudra sans doute du temps et plusieurs étapes pour que des issues à la violence soient trouvées. Vous pouvez néanmoins dire à tous les deux (votre belle-soeur et votre frère) que s'ils n'entreprennent rien, la violence va s'aggraver, comme c'est le lot de toutes les violences, et que les souffrances engendrées pour toute la famille vont décupler. La séparation n'est pas la seule issue, mais elle le devient généralement tôt ou tard si rien n'est entrepris pour enrayer cette dynamique relationnelle assez tôt. Si les deux partenaires sont conscients de cela, ils seront sans doute plus motivés à agir, ce qui signifie à ce stade demander un soutien, chacun de leur côté ou ensemble.
En espérant vous avoir donné quelques pistes utiles, nous restons bien sûr à votre disposition, ainsi qu'à celle de votre belle-soeur (dans la partie victime) ou de votre frère (dans la partie auteurs), pour d'autres informations et d'autres réponses.
N'hésitez pas à nous solliciter à nouveau, et gardez courage pour continuer d'offrir votre présence et votre disponibilité pour relayer l'aide à votre frère et votre belle-soeur.
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