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Preguntas y respuestas

Témoin depuis petite de la violence de mon père envers ma mère, je suis partie tôt de la maison mais je fais encore des cauchemars.

Pregunta
04 Octobre 2010 - old...

Bonjour à tous.. Alors voilà, j'ai 21 ans et je vis dans un appartement loin de chez mes parents. Depuis petite je vois ma mère subir des violences physique et mental de la pare de mon père. A l'âge de 19 ans je suis partie de chez mes parents. Je pensais que pour moi ça irait mieux mais je fais toujours des cauchemars ou je vois mon père frapper ma mère. Je peux en parler avec mon petit ami, il est très a l'écoute et très patient, même si je lui parle souvent des mêmes choses. Les scènes m'obsèdent et surtout je culpabilise. Je m'en veux de ne jamais avoir eut la force de m’interposer entre mes parents. J'y ai pensé souvent mais mon père me terrifie. Lorsqu'il est vraiment en colère il est capable de tout. Et j'ai toujours eut peur qu'il se venge sur ma mère car, bien sure tout est toujours de sa faute. La seule chose que j'ai réussi a faire c'est d'épargner a ma petite soeur la vision de ma mère prenant des coups mais malheureusement elle a entendu certaine disputes. J'ai toujours vu ma mère avec des bleu et même une fois avec un nez cassé. Et il ne l'a pas laisser aller se faire soigner. Une fois elle a voulu partir et mon père a eut peur et il s'est calmé un temps et a recommencer les violences mais cette fois en ne laissant pas de marques.. tirer les cheveux par exemple. Cela a été un vrai soulagement pour moi lorsque j'ai pu partir. Je tiens a dire qu'il n'a jamais touché a ma soeur et a moi mais qu'il m'a parfoit dis qu'il allait se suicider et il essayait de me monter contre ma mère. Elle, elle m'a dit qu'elle partirait quand ma soeur aura elle aussi quitté la maison dans 2 ans maximum.. mais je n'y crois pas. J'aimerai aujourd'hui l'aider a partir. Mais je ne sais pas comment faire. Elle ne travail pas n'a aucun revenu. Je pourrai l’accueillir chez moi pendant un temps mais ça ne suffirai pas. Je suis dépassée. Et j'ai peur de la réaction que mon père pourrai avoir.j'aimerai avoir des conseils et si il était possible d'avoir des conseils pour faire en sorte que cette histoire arrête de me pourrir la vie et pour que je puisse enfin passer des nuit sans cauchemars.

Respuesta
13-10-2010

Bonjour Nefer,

Nous avons lu attentivement votre message et comprenons que vous ayez en même temps un sentiment d'impuissance devant la souffrance de votre  mère (c'est très douloureux de voir souffrir ceux qu'on aime), et l'envie de vivre votre vie à vous, tout simplement, en laissant loin derrière le cauchemar des années passées.
Avant toute chose, nous aimerions vous féliciter d'avoir eu le courage de vous éloigner géographiquement de toute cette violence. Il vous a sûrement fallu de la force pour partir si tôt de la maison. Bravo ! Vous vous êtes créé un nouveau lieu de vie, une nouvelle relation, vous aspirez à retrouver la paix.
Vous avez bien fait de nous écrire.

La première chose que nous tenons à vous dire c'est que, même si vous avez toujours essayé, en tant qu'aînée, de protéger votre petite soeur, même si vous souhaitez aujourd'hui aider votre mère à partir, même si vous "prenez sur vous", vous n'êtes responsable de personne d'autre que de vous-même. C'est votre père qui est coupable de votre souffrance à toutes trois. D'ailleurs, ses menaces de se suicider n'étaient probablement qu'une façon de plus de mettre la pression sur vous. Rendez à César ce qui est à César. En tant qu'enfant ou adolescente, ce n'était pas votre tâche de vous interposer entre vos parents.

Votre mère doit se protéger elle-même (ou apprendre à le faire), et c'est également de sa responsabilité de protéger sa fille cadette. Vous ne pouvez agir à sa place. Ce que vous pouvez faire, en revanche, c'est la soutenir, lui proposer de faire appel à un service d'aide aux victimes de violence conjugale, ou même de nous écrire si elle le préfère. Nous entendons bien qu'elle a peur des représailles. C'est légitime. Vous pouvez lui dire qu'il existe des endroits protégés où elle pourrait être accueillie gratuitement avec votre soeur, et où des professionnel-le-s l'aideraient à envisager la suite et à s'organiser. Notre site donne diverses adresses d'aide, répertoriées par canton (cliquez sur ces mots). Du point de vue financier, elle pourrait certainement bénéficier d'un soutien si elle se décidait à partir de la maison. Chaque année, plus de mille femmes violentées sont ainsi dépannées en Suisse jusqu'à ce qu'elles reprennent pied.

Quant à votre soeur, qui est encore mineure si nous avons bien compris, si vraiment vous jugez que votre mère n'est pas prête à assumer sa protection et sa sécurité, ce que vous pouvez faire c'est de signaler la situation au service de protection de la jeunesse en faisant ce qu'on appelle un avis de détresse. On viendra alors à son aide. Pensez que votre soeur souffre autant aujourd'hui que vous avez souffert hier.

A part ces quelques suggestions pour remettre à des spécialistes le soin de secourir votre mère et votre soeur, il y a un deuxième point que nous aimerions aborder. C'est celui de vos cauchemars récurrents, conséquence directe des traumatismes subis lorsque vous étiez témoin des épisodes violents. Si vous souhaitez qu'ils "cessent de vous pourrir la vie", si vous désirez prendre de la distance par rapport à votre passé, nous pensons que l'aide d'un thérapeute pourrait vous être très bénéfique (les honoraires des thérapeutes en délégation et des psychiatres sont pris en charge par la LAMAL). Nous vous encourageons vivement à prendre contact soit avec le centre de MalleyPrairie (pour les victimes de violence conjugale), soit avec le centre LAVI (aide aux victimes), où on pourra vous donner des adresses, vous aiguiller et vous informer sur les possibilités d'aide qui s'offrent à vous.
Les consultations sont gratuites et confidentielles.
L'important, c'est que vous ayez un endroit où "déposer" votre fardeau et une personne spécialisée avec qui vous libérer petit à petit de votre culpabilité et de tout ce qui vous pèse. Ainsi, votre petit ami et vous-même pourrez  vous réserver plutôt le partage des bonnes choses de la vie !

C'est magnifique que vous ayez commencé par choisir la survie et  que vous vous soyez mise à l'abri. Maintenant, continuez sur cette voie en prenant soin de vous. Vous avez la tête claire, vous êtes pleine de ressources, nous sommes sûrs que vous arriverez à refermer la porte et que vos nuits seront bientôt peuplées seulement de rêves heureux.
Nous sommes bien en pensée avec vous.

 


 
 

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