06-05-2009
Bonjour,
Nous faisons l'hypothèse que 17 années de mariage révèlent un projet de vie qui a été important pour vous, probablement fondé sur votre désir de maintenir l'union de votre couple, puis de votre famille avec la naissance des enfants. Pour y parvenir, vous vous êtes "habituée" aux comportements de votre époux en vous adaptant à ce qu'il voulait par peur de vivre un "enfer".
Les critiques répétées, les reproches récurrents, le fait d'ignorer son-sa partenaire en représailles, de lui interdire certaines activités en lui signifiant qu'il-elle n'est pas digne de confiance font partie des violences psychologiques. De la même manière, priver son-sa compagne de tendresse et de reconnaissance sont également des comportements de violence psychologique. Cette forme particulière de violence est fréquemment difficile à repérer car elle s'installe par l'emprise que peut exercer insidieusement un-e partenaire sur l'autre. Les professionnel-les qui ont analysé le mécanisme d'emprise le décrivent notamment comme une colonisation de l'esprit de l'autre, une invasion de son territoire pouvant provoquer de sérieux impacts au niveau psychique chez la personne victime. Parmi ces professionnel-les, Marie-France Hirigoyen, dans son livre intitulé :
"Femmes sous emprise" (cliquez sur ce lien pour obtenir les références) décrit l'emprise, ses effets et propose des moyens pour s'en dégager. Vous avez repéré la disparition de votre sentiment amoureux. Et en effet, comment nourrir ce sentiment lorsque la violence envahit la relation de couple?
La notion de "devoir conjugal" n'existe pas au regard de la loi. Au contraire, celle-ci interdit, même au sein du couple, toute forme de contrainte sexuelle comme imposer des relations à son-sa partenaire. Les affirmations de votre mari ont probablement pour objectif de vous soumettre à ce qu'il veut. Vous avez le droit de refuser de faire l'amour sans obligation de quitter le domicile et nous vous proposons de prendre connaissance de la page du site :
"La violence est interdite".
La violence psychologique et les contraintes conduisent à l'épuisement chez la personne victime. Nous comprenons que vous n'en pouvez plus et soutenons votre désir de sortir de cette situation. Refuser de vivre dans la violence requiert de l'énergie, et pour ne pas vous épuiser davantage, il nous semble important que vous soyez soutenue.
Afin de vous aider à définir de quelle manière parler à votre famille et à vos enfants, voici quelques suggestions. De la même façon que vous avez rédigé votre question sur le site, pourriez-vous dire ce que vous vivez à certains de vos proches, parent-es et/ou ami-es? Faire connaître les causes d'une situation, c'est déjà expliquer et permettre aux autres de saisir, par exemple, que votre volonté de divorcer résulte de l'ensemble des actes violents que vous subissez.
En ce qui concerne les explications à vos enfants, pour vous proposer des pistes de réflexion, il nous serait utile d'avoir des informations complémentaires, par exemple leurs âges et s'ils ont été témoins des violences contre vous. Que pensez-vous qu'ils ont compris de la situation?
Expliquer, c'est aussi choisir ce que l'on dit, à qui et comment. Pour y parvenir, vous pouvez également solliciter le soutien de professionnel-les spécialisé-es dans l'aide aux personnes victimes de violence conjugale. En cliquant sur "
Adresses et numéros utiles", vous accéderez aux coordonnées des associations de votre canton.
Nous savons que la violence risque d'augmenter, en fréquence et en intensité, lorsque l'auteur prend conscience qu'une séparation peut réellement se produire. Pour cette raison, nous vous encourageons à penser aussi à votre protection et celle de vos enfants. Les associations d'aide aux victimes sont également disponibles pour vous informer, vous orienter et vous accompagner dans la mise en place de moyens de protection adaptés à votre situation.
Face à l'inattendu, vous avez trouvé les ressources pour prendre conscience de ce qui n'est plus acceptable pour vous dans cette vie de couple. C'est une étape significative pour "en sortir". Nous vous souhaitons tout le courage nécessaire pour en définir le "comment" et restons disponibles pour y réfléchir avec vous.
Bien à vous