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Preguntas y respuestas

Il me démolit, ne me lâche pas, m'insulte et me harcèle sur mon blog. Puis-je porter plainte ?

Pregunta
19 Avril 2009 - old...

Bonjour, Séparée de fait depuis 1 an, j'ai subis toutes les violences psychologiques possibles durant mon mariage qui a duré presque 30 ans.Mon mari est un manipulateur pervers narcissique. Depuis qu'il est parti, il raconte que c'est moi qui l'ai jeté à la porte. Il m'a toujours trompée, menti,bafouée et niée. Il m'a harcelée au téléphone, au point que sur les conseils d'une inspectrice de police, j'ai changé de numéro de téléphone, ne voulant pas porter plainte pour épargner mes enfants. Je tiens un petit blog sans prétention, fait de billets d'humeur. Il m'a insultée en commentaires, que j'ai fini par bloquer. J'ai réautorisé les commentaires il y a quelques jours. Pressé de divorcer au début, il m'a supplié de ne pas entreprendre de démarches.Son avocate n'a plus voulu s'occuper de lui,tant il est odieux et arrogant.Nous allons au tribunal le 29, pour mesures de protection de l'union conjugale. Il s'est endetté volontairement, pensant ne pas avoir à payer quoi que ce soit. Je crois qu'il a peur. Donc, insultes et menaces sur mon blog, ce matin. J'en ai assez, il ne me lachera jamais, il ne supporte pas que je vive sans lui. Je suis démolie, il ne me reconnait aucun droit. Il me laisse sans ressources aucunes depuis Noël.Il paye juste le loyer et me verse généreusement, hilare, la somme de 50 francs par mois, pour subvenir à mes besoins et à ceux de mes enfants. Moralement, je suis à bout. J'ai tenu bon, mais j'ai peur de sombrer. Les idées noires sont de plus en plus présentes. Je dors peu, je n'ai plus d'énergie.Puis-je porter plainte ? Merci pour votre prochaine réponse.

Respuesta
26-04-2009

Bonjour Madame,

Vous vous décrivez comme "démolie" et "moralement à bout". Après 30 ans de violences psychologiques, vous avez de quoi être épuisée; nous comprenons votre découragement ainsi que votre perte de confiance actuelle en un avenir stable, juste, libéré. Le travail de sape auquel vous avez été exposée durant des années ne vous a pas laissée indemne; mais vous avez réussi à tenir bon, vous avez de la force et des ressources. Celles-ci continueront à jouer en votre faveur. Comptez sur elles.

Vous avez des droits, même si vous n'en êtes plus trop certaine : droit d'être en bonne santé, de vivre en paix, de dormir tranquille, de vous consacrer en toute liberté à votre blog, d'avoir de quoi subvenir à vos propres besoins et à ceux de vos enfants. Vous avez le droit d'être entendue, et que la véracité de vos dires soit reconnue. Vous avez le droit d'exister.

Et même si votre mari "ne vous reconnaît aucun droit", la société, elle, vous reconnaît les vôtres. Oui, vous pouvez porter plainte, et nous vous recommandons  vivement de le faire : les injures, le harcèlement et les menaces sont des délits. Il n'a pas le droit de vous les infliger. Consultez, si vous le souhaitez, la page de notre site dédiée à ce que dit la loi en la matière (cliquez sur ce mot) sous "actes poursuivis sur plainte". Vous y trouverez également des renseignements sur vos droits.

Dans quelques jours, vous irez au tribunal. Le juge fixera alors les modalités de votre séparation (finances, pension alimentaire, domicile, garde des enfants mineurs et droit de visite, etc.). C'est l'occasion de défendre vos intérêts et de vous faire entendre. Avez-vous un/une avocate ? A-t-il/elle déjà écrit à votre mari pour qu'il cesse immédiatement de vous harceler ? Cela, en sus de la plainte, aura un effet dissuasif. Sans compter que le/la  juge peut lui interdire d'entrer en contact avec vous, que ce soit par courriel, téléphone, SMS ou de toute autre façon.

Votre état d'épuisement actuel, ce sentiment d'être à bout et déprimée, est directement imputable au comportement de votre mari, et le/la juge en tiendra compte, mais encore faut-il pour cela qu'il/elle en soit informé-e. Votre avocat-e peut se charger de le faire, et vous pouvez également produire un certificat ou un rapport de votre médecin traitant pour appuyer votre position. Les effets de la violence commencent à être mieux connus, et donc reconnus.

A propos de médecin, en avez-vous consulté un récemment ? Le fait que vous ayez des idées noires, et votre "peur de sombrer", nous inquiètent. Avec le manque de sommeil et l'épuisement, ce sont des signes de dépression. N'attendez pas pour prendre soin de vous. Il existe maintes formes de traitement et vous avez l'embarras du choix. Vous retrouverez ainsi assez rapidement votre sommeil et votre énergie, deux précieux alliés dont vous allez avoir besoin dans les temps qui viennent.

Car vous allez continuer à tenir bon ! Mais plus toute seule dorénavant. L'heure est venue de vous entourer de "gardes du corps" sur le plan moral, médical, social, juridique, et partout où ils vous sembleront utiles. Avez-vous songé à consulter un service spécialisé pour les questions de violences conjugales (psychiques ou autres) ? Vous y trouveriez une écoute et un soutien professionnels, en toute confidentialité et gratuitement. A Genève, vous pouvez vous adressez à Solidarité femmes, tél. 022  797 10 10, qui vous soutiendra au besoin dans votre démarche de dépôt de plainte.

Nous sommes en pensée avec vous, vous souhaitons force et courage, et surtout de trouver très bientôt les alliés nécessaires. Car vous n'êtes pas seule, loin de là.

Bien à vous.

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