09-10-2007
Bonjour Madame,
Nous vous remercions de votre question qui atteste d’un premier pas dans une démarche pour mettre un terme à votre violence, ainsi qu’à celle de votre époux.
Dans votre témoignage, vous décriez une violence réciproque entre vous et votre conjoint. Vous parlez souvent de provocation, que ce soit de votre part, « par jeu », ou de la sienne, lorsqu’il vous « envoie des chaussons à la figure ». L’un comme l’autre, vous êtes pris dans
l’escalade de la violence, passant d’une violence verbale, psychologique, à une violence physique, où des coups sont échangés. Aujourd’hui, vous sentez que ça va trop loin, que votre couple se trouve dans « un
cercle infernal ». La communication est rompue et vous êtes au bord de la séparation.
Vous nous dites être « très exigeante » et vous vous considérez comme tyrannique envers votre mari. Vos provocations et vos exigences, si elles sont répétées, peuvent être une forme de violence psychologique. Cependant, elles ne justifient pas les coups que votre époux vous porte, ni l’enchaînement qui s’en suit. L’un et l’autre, vous êtes
responsables de votre manière de réagir.
Nous ne pouvons pas nous prononcer quant à une séparation ou non, cette décision vous appartient. Toutefois, vous avez peut-être besoin de prendre du temps pour faire le point, à l’écart de votre conjoint, dans un lieu où vous ne vous sentez pas "sous tension".
Notre site propose des pistes pour
éviter les crises et
traiter le problème. À quel moment de votre parcours, la violence a-t-elle émergé au sein de votre couple ? Quels sont les événements qui précèdent les crises ? Quelles émotions sont éveillées en vous avant, pendant et après le recours à la violence ? Qu’est-ce qui pourrait vous empêcher de vous exprimer sous un autre mode de communication ? Pour vous aider à mettre un terme à votre violence et à comprendre à quel processus elle répond, vous pouvez faire appel à une association pour auteur·e·s de violence familiale et/ou conjugale. Pour la France, vous pouvez consulter le
guide méthodique des associations de lutte contre les violences au sein du couple aux pages 35 et suivantes, ou prendre contact avec l’
Association de lutte contre les violences ou l’Association Parenthèses à la violence, aux adresses suivantes :
Association de lutte contre les violences
11 rue Taine, 75012 Paris
01 44 73 0127
Association Parenthèses à la violence
Belfort
03 84 54 06 03.
Il faut toutefois distinguer les coups intentionnels et ceux qui ne sont qu’une réponse défensive aux coups de l’autre. À la lecture de votre texte, nous nous sommes interrogés quant à la nature de votre violence. Il nous a semblé que vous preniez beaucoup sur vous la violence de votre conjoint lorsque vous évoquez vos provocations. Vous allez même jusqu’à le protéger en répondant à ses coups « pour ne pas qu’il se dise qu’il [vous] a frappé ». Il fait reposer l’entière responsabilité de la violence au sein de votre couple sur vos épaules quand il vous accuse d’être seule à lui porter des coups, de l’humilier et qu’il en parle à sa mère. De plus, lorsqu’il vous dit ne pas frapper de toutes ses forces « pour ne pas [vous] faire vraiment mal », nous pouvons imaginer qu’il sous-entend pouvoir vous faire mal davantage. Autrement dit, nous pouvons percevoir ses mots comme une menace. Quand bien même vous êtes
responsable de vos comportements violents, en vue des violences graves que vous subissez, nous vous informons aussi qu’il existe des associations pour femmes victimes de violence conjugale. Vous trouverez une liste d’entre-elles sur le site de la
Fédération Solidarité Femmes France que vous pouvez contacter au 01.40.33.80.60 (n° vert) ou sur leur permanence téléphonique pour toute information concernant les violences conjugales, au 3919.
Vous ne précisez pas si vous avez des enfants ou non. Dans l'hypothèse où ce serait le cas, nous aimerions attirer votre attention sur le fait que la violence au sein du couple n’épargne jamais les enfants. En effet, qu’elle soit agie sous leurs yeux ou non, elle a des
conséquences sur leur développement. Il est important qu’ils puissent entendre que cette violence n’est pas acceptable et en être protégés.
Nous vous souhaitons de trouver la solution qui vous convienne et restons à votre disposition pour toute nouvelle question.
Bien à vous.