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Mon mari nous menace et je le soupçonne d'abuser de nos enfants, que faire?

Pregunta
02 Avril 2007 - old...

Bonjour, Je suis à bout. Je me rend compte que je suis victime de violence psychologique dans mon couple. Le service de protection juridique des mineurs, auquel j'ai fait appel parce que mon mari a menacé ma plus grande fille (qui n'est pas de lui) de mort, me pousse à porter plainte. Mais comment prouver quoi que ce soit? J'ai peur que cela augmente la violence que je subit. Je me demande quels bénéfices j'ai à tirer d'une plainte. Est-ce que je ne vais pas m'épuiser pour une peine symbolique? J'ai peur de partir car mon mari, qui a été abusé enfant sous les yeux de sa mère, se montre "amoureux" de ses 2 enfants, qui ont deux et trois ans. Si je pars, comment pourrais-je les protéger? J'ai juste l'intuition qu'il n'est pas clair denas ses relations filiales. Il ne s'est rien passé (mis à part qu'il dort systématiquement avec son fils et prend des bains avec lui, même si je lui dit que ce n'est plus trè approprié). Il a fait une thérapie au CTAS, mais la violence n'a fait qu'empirer à mon égard. Il me traite de folle, d'hystérique, dit que je le manipule, pauvre merde et a menacé de me casser la gueule quand je lui ai demandé de virer la moitié de la prime de fin d'année sur le compte joint. Nous devons partir en vacances ensemble mercredi, et j'ai peur. Je n'arrive plus à dormir le soir avant qu'il ne soit lui couché, je vis dans l'angoisse. Comme il est convoqué devant la police le 25 avril pour les menaces envers ma fille, il m'a menacé de divorce s'il devait avoir une peine à cause de cette procédure. Pour lui, tout est de ma faute, il pense que ce ne sont pas les "trois mots prononcées dans certaines circonstances qui font de lui un coupable". Il m'a dit qu'il réunirait des preuves (avec ses parents) pour prouver que ma fille, qui est hyperactive avait tenté de tuer notre garçon de trois ans. Que faire? Si je pars, aurais-je la garde? Comment protéger mes petits lors d'une garde alternée?? Je me sens seule, impuissante, prise au piège... Angèle

Respuesta
12-04-2007

Bonjour Angèle,
 
Les menaces de mort proférée par votre mari sont effectivement punissables par la loi et ne dépendent pas du contexte dans lesquels elles sont prononcées, sauf bien sur en cas de blague. Votre mari minimise les menaces de coups (casser la gueule) ou de représailles (divorce, preuve contre votre fille) qu’il utilise. Ces menaces ont pour effet de vous faire peur et donc de vous empêcher de réagir, voire même de vous faire retirer votre plainte. Une peine permettrait peut-être à votre mari de prendre conscience de sa violence et à vous de lui montrer que vous n’acceptez pas ses comportements, que vous ne vous laissez plus faire.
 
Nous comprenons également que vous vous faites beaucoup de soucis pour vos enfants. Vous craigniez que votre mari, lui-même victime d’abus sexuels dans son enfance, produise à son tour des comportements abusifs sur vos enfants. Vous pensez les protéger en restant avec votre mari pour le surveiller, de peur qu’il ne profite de son tour de garde pour les abuser si vous divorcer, mais qu’en est-il lorsque vous vous absentez ? Vous ne pouvez pas toujours être présente auprès de vos enfants, mais faites confiance à vos ressentis. Vous nous dites que votre mari a déjà des comportements suspects : se montre « amoureux » (même s’il nous est difficile de comprendre ce que cela veut dire exactement), dort et continu de prend des bains avec son fils bien que vous lui demandiez d’arrêter.
 
L’intrusion psychique que représente l’abus sexuel peut détruire profondément les personnes qui en sont victimes, et créer des difficultés à mettre des limites. Votre mari, bien qu’ayant suivis une thérapie au CTAS, ce pour quoi nous le félicitons, semble avoir malgré tout instauré à la maison un climat que vous sentez à risque.
Peut-être serait-il utile de retourner, mais cette fois ensemble, au CTAS afin d’y exprimer, en présence d’une tierce personne, vos ressentis et vos inquiétudes.
Il vous est également possible de partager vos doutes et vos observations avec le Service de protection des mineurs qui se chargera de faire une évaluation de la situation et du risque potentiel.
C’est également eux qui interviennent, sur mandat du juge, en cas de conflit lors d’une séparation. Les enfants en bas âge sont généralement confiés à la mère. Vous avez le droit de préférer un droit de visite usuel à une garde alternée, voire de demander à ce que ce droit de visite se fasse dans un point de rencontre sous surveillance si vous avez de forts soupçons. C’est néanmoins le ou la juge qui prend la décision selon les rapports qu’il-elle obtient et notamment celui du Groupe de protection de l’enfant qui fait des évaluations thérapeutiques des enfants.
Vous pouvez prendre contact avec le Centre LAVI de Genève (tél. : 022.320.01.02) afin d’obtenir de l’aide et des conseils et ainsi ne plus avoir l’impression d’être seule face à cette situation. Nous vous souhaitons le courage nécessaire pour continuer dans vos démarches et restons à votre écoute si besoin.
 

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