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Est-ce que porter plainte pour violence conjugale va interrompre le dialogue avec mon compagnon ?

Pregunta
18 Décembre 2006 - old...

Je suis avec T. depuis 4 ans et demi. Je l'ai aimé passionnément mais j'avais le sentiment de ne pas être assez bien pour lui. Il est sanguin (il est du Sud de la France), nous nous sommes souvent disputé jusqu'à la première gifle un an et demi après notre rencontre. Je n'ai jamais connu cela avant (dans des relations antérieures) mais ceci est d'autant plus douloureux que j'aime énormément mon compagnon et que je comprends sa violence comme un sentiment de menace d'abandon ou qu'il fait ce qu'il peut pour me comprendre et que ce n'est jamais assez. Je me sens moi-même coupable ou assez honteuse de n'avoir pas su éviter cela. Nous sommes perçus comme un couple ou l'adrénaline m0nte vite mais tout le monde l'aime beaucoup. Aujourd'hui, pour la troisième fois, j'ai des marques sur le visage. Je lui ai proposé l'année dernière une thérapie de couple à laquelle il commence à être réceptif mais j'hésite, devant cet hématome au niveau du visage (que je dois recouvrir avec une mèche de cheveux) à porter plainte pour signifier l'interdit absolu de lever la main sur moi. Je suis triste parce qu'il suit comme moi une analyse et que le dialogue était plus facile ces derniers temps. J'ai 31 ans et j'aimerai avoir des enfants, pourtant... Je pense que tout cela est un peu décousu. Je ne veux pas apparaître comme une victime, je crois que cela vient peut-être de là. Merci de répondre.

Respuesta
16-05-2011

Bonjour Nanouchka,
 
Vous nous décrivez votre compagnon comme quelqu’un de « sanguin » et vous ayant frappé suffisamment fort pour vous laisser des traces à trois reprises, notamment sur le visage.
Le fait de lui trouver des excuses, de vous sentir coupable et de croire que vous pouvez éviter les coups en changeant votre comportement, sont autant de réactions fréquemment annoncées par les femmes subissant de la violence conjugale. Mais ces mécanismes, qui font porter la responsabilité de la violence aux victimes et permettent aux hommes de se déculpabiliser, empêchent souvent les femmes victimes de réagir et de se protéger.
Vous nous expliquez votre ambivalence quant à dénoncer cette violence, par vos sentiments très forts envers votre compagnon et par le refus de paraître une victime. Pourtant, en posant des limites claires vous montrerez à votre compagnon que vous refusez d’être une victime.
 
Le fait de déposer plainte ne devrait pas couper le dialogue nouvellement facilité entre vous et donc empêcher le suivi d’une thérapie de couple, mais au contraire le motiver à prendre conscience que son comportement est interdit par la loi. En effet, craindre l’abandon ne justifie pas la violence. D’autant qu’il est aujourd’hui possible de porter plainte, puis de la suspendre pendant six mois le temps de voir si les violences cessent.
L’analyse que suit votre compagnon pourrait peut-être lui permettre d’apprendre à gérer cette violence. Il peut également aller consulter l’association Vires à Genève (tél : 022.328.44.33), spécialisée pour les hommes usant de comportements violents, qui propose notamment des réunions en groupe, ou la CIMPV (tél 022.372.96.41).
 
Par ailleurs, vous semblez énoncer votre âge et votre désir d’enfant comme une difficulté supplémentaire à la prise de décision. Alors, que c’est au contraire l’occasion de réfléchir à ce que vous désirez pour votre avenir, à ce que des enfants vivraient dans une situation où la violence conjugale apparaît, mais aussi à ce que vous attendez d’une relation de couple. Vous dites aimer votre compagnon énormément, mais pourquoi pensez-vous que vous n’êtes pas assez bien pour lui ? Les deux personnes du couple devraient être sur le même plan d’égalité et à ce titre respecter l’autre dans sa différence et ce qui fait son individualité.
 
Nous espérons avoir répondu à vos questions et vous souhaitons bon courage pour la suite de vos réflexions et démarches. Nous restons bien sur à votre disposition pour d’autres questions.

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