31-05-2011
Bonjour Madame,
Nous vous remercions de votre nouvelle question.
Nous entendons bien que pour vous il est réellement difficile de rester calme et de ne pas "péter les plombs" lorsque vous rentrez du travail et que votre mari vous harcèle continuellement lorsqu’il a bu.
Ce deuxième message nous permet de mieux comprendre à quel point vous êtes victime de graves violences, quand bien même celles-ci n’excusent pas vos gestes. En effet, il existe des alternatives.
Que faire ?
Vous savez déjà d’une certaine manière ce que vous devriez faire. Vous le dites vous-mêmes lorsque vous nous écrivez : « je devrai mettre de la distance entre lui et moi ». En premier lieu, il conviendrait donc vous protéger de votre mari afin d’éviter de vous exposer à ses violences, et à termes de vous énerver au risque de reproduire à votre tour la violence qu’il vous fait subir.
En même temps, vous nous dites combien c’est difficile. Même en essayant de vous faire toute petite et silencieuse, il n’est pas supportable de survivre longtemps sans réaction face à quelqu’un qui vous maltraite. Vous nous dites bien qu’il vous insulte, vous harcèle, nous comprenons même qu’il vient vous réveiller et vous empêche de dormir en allumant la lumière. Ces violences à votre égard semblent d’autant plus graves que vous travaillez de longues journées et rentrez avec un besoin légitime de repos.
Votre mari vous prive d’un besoin fondamental à la vie, le repos. Il vous parle sans arrêt, il envahit votre territoire physique et mental par ses paroles. Sur le long terme, cela s’apparente à une torture psychologique qui pourrait vous atteindre dans votre santé. Tant que vous ne trouvez pas un moyen de mettre de la distance entre lui et vous, sa présence constitue un danger pour vous et le risque reste élevé que vous ne répondiez à sa violence par de la violence. Cela pourrait se retourner malheureusement contre vous.
Vous êtes victime de violence conjugale mais également du problème d’alcoolisme de votre mari. Ces deux dynamiques s’alimentent l’une l’autre et vous confrontent à une personne destructrice pour elle-même et pour vous.
Vous ne pouvez pas continuer d’attendre de votre mari qu’il vous laisse tranquille. Il nous semble que vous attendez qu’il mette lui-même une limite à ses comportements, que vous espérez un changement de sa part. Cette attente vous met dans une situation d’impuissance, puisque soit il n’en a pas les moyens pour l’instant, soit il fait le choix de ne pas respecter vos besoins et votre intégrité.
Et l’impuissance peut pousser à la violence. Si votre mari souffre certainement de ne pas avoir de travail et d’être dépendant financièrement, il a toutefois l’occasion de se reposer durant vos absences professionnelles, ce qu’il ne vous accorde pas. Ses problèmes principaux ne sont toutefois pas le chômage, mais son alcoolisme et son manque de respect pour lui-même et pour les autres.
La seule personne qui puisse vous protéger et garantir votre intégrité, c’est vous-même. Dans la situation difficile que vous traversez, vous pourriez bénéficier d’une aide de votre entourage et/ou auprès de professionnel-le-s pour mettre une distance qui nous parait nécessaire pour l’instant entre vous et votre mari.
Nous sommes comme vous convaincus qu’une certaine distance - au stade que vous nous décrivez - permettra de vous protéger. Et cette distance, en évitant la répétition de la violence, permettra peut-être aussi de protéger votre relation avec votre mari.
Nous ne vous cachons pas qu’avec les nouvelles informations que vous nous transmettez, nous sommes inquiet-e-s pour vous.
C’est pourquoi nous renouvelons nos encouragements à faire appel à un service spécialisé pour personnes victimes de violence dans le couple, comme les Centres de consultation Lavi aux adresses ci-dessous :
Av. de France 6
1870 Monthey
Tel : 024 472 45 67
Pratifori 27
1950 Sion
Tel : 027 323 15 14
Réfléchissez à cette possibilité en plus de la démarche que vous avez engagez auprès d’Alanon.
Et n’hésitez pas à nous recontacter si vous souhaitez obtenir d’autres réponses à vos questions, ou simplement pour nous donner des nouvelles.