Bonjour ! Merci infiniment pour votre réponse :) Vous devez être débordées ! MERCI, vous avez bien compris ce que j'ai vécu et ce que je vis, et votre message m'a fait énormément de bien :) C'est horrible à dire, mais on dirait que Corinne Rey-Bellet n'est pas morte pour rien... Je voudrais tellement que les lois changent, car les victimes sont bien démunies devant la machine judiciaire... et leur bourreau. Je regrette que, dans mon affaire par exemple, le fait que l'agresseur ait porté plainte m'ait fait perdre à ce moment-là mon statut de "victime LAVI" (comme lors des séances concernant ma plainte) et d'avoir été obligée à la confrontation, qui n'a rien apporté, à part un sentiment atroce, insupportable, de peur, de mort... (il me manque les superlatifs) Tout au long de l'instruction, j'ai d'ailleurs vécu des mois et des mois la peur au ventre, c'était absolument invivable. Et quand le non-lieu a été prononcé, je n'ai pas eu le courage de faire appel... je n'avais de toute manière ni élément béton, ni argent... Je déplore aussi qu'on ne lui ait pas interdit de m'approcher à moins de X mètres ou de rôder trop près de chez moi (j'ai ensuite déménagé 3x). La juge d'instruction s'est montrée très dure et intimidante envers lui; elle a bien repéré ses manoeuvres et le remettait sans cesse à sa place ! Elle a fait ce qu'elle a pu, mais la loi ne lui a pas permis d'ouvrir un procès, trop peu d'éléments de preuve... Cela n'aura largement pas suffi à le calmer, car je suis persuadée que cet individu, qui n'en était pas à son coup d'essai, continue de sévir impunément. Vous-même ou une collègue avez sans doute déjà entendu l'une ou l'autre de ses autres victimes. Je regrette de ne pas avoir pu arrêter cela. J'avais posé la question à l'assistante sociale de la LAVI qui m'avait reçue à l'époque et cela ne se faisait pas alors... et aujourd'hui, ne fait-on pas de prévention dans les écoles ?? Excellente fin de semaine à vous aussi et cordiales salutations. Kaori
Bonjour Kaori,
Nous sommes content-e-s que notre réponse vous ait fait du bien ; nous voyons dans votre deuxième message comme cette procédure pénale vous habite encore : c’est tellement difficile de tenter de tourner la page quand on ne s’est pas senti-e suffisamment défendu-e ou protégé-e par la loi ! Pourtant, il semble que vous ayez rencontré sur votre chemin des gens qui vous soutenaient et vous comprenaient ; peut-être pouvez-vous vous appuyer sur ces aspects-là dans votre cheminement de reconstruction : certaines personnes vous ont reconnue dans votre souffrance, et elles ont fait leur possible pour vous aider : ceci peut être un point fort sur lequel vous rattacher quand l’émotion ne veut pas vous lâcher.
Vous soulevez aussi la problématique des lois ; de nouvelles lois concernant la violence conjugale existent, au niveau fédéral et dans plusieurs cantons, mais on remarque qu’une loi n’est pas LA solution qui éliminerait le problème: il faut encore l’appliquer, la faire respecter, et il faut aussi des éléments que l’on puisse considérer comme fiables, pour éviter les risques d’accusation à tort. Tout cela complique beaucoup les procédures, et ce n’est pas toujours à l’avantage des victimes, nous sommes d’accord avec vous sur ce point.
La prévention dans les écoles n’est pas encore systématique, mais plusieurs programmes sensibilisent au respect, de l’autre, de différences, à faire baisser la violence entre eux. Il existe aussi des programmes pour aider les garçons et les filles à se respecter lorsqu’ils sortent ensemble.
Voilà, Kaori, vous soulevez de véritables questions de société ; nous n’avons pas de réponses toutes faites, mais ce qui nous fait plaisir, c’est de voir déjà de nombreux progrès, même si tout n’est pas parfait !
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