Bonjour, J'ai le sentiment que je vis un contexte de violence conjugal mais je n'ose me l'avouer. Certes j'aime mon conjoint avec qui nous avons une petite (j'ai déjà divorcé d'un mari, avec qui j'ai eu deux filles, qui lui m'insultait, et ne souhaitait plus que je vois mes amies car elles étaient bêtes. Bref, je culpabilise car j'ai l'impression de revivre la même chose aujourd'hui. Pour la petite histoire j'ai eu une maman (DCD aujourd'hui) diagnostiquée bipolaire et cela a été très dur à l'adolescence car elle prenait son traitement quand elle voulait, j'ai eu l'habitude de gerer une certaine "violence" et de prendre sur moi. Ici mon conjoint lui a des accès de colère, surtout depuis que la dernière (sa première à lui, cela doit lui renvoyer des choses...) et dernièrement il m'a une fois tiré les cheveux alors que j'avais la petite dans les bras (je précise qu'il hurle devant elle aussi et lui donne des fessées ou des petites tapes derrière la tete), il m'a poussé, prise par le bras... A chaque fois, il essaie de se faire pardonner avec un bisou. Mais depuis un mois, j'en ai assez, malgré tout l'amour que je lui porte.. et je ne sais pas comment faire... le quitter ? lui demander de se faire suivre (alors lui, son père est parti pour une femme plus jeune et l'a abandonné avec sa mère et sa sœur)... Merci de votre aide.
Bonjour,
Divorcée d’un ex-mari violent, vous subissez de la violence de la part de votre nouveau partenaire. Celui-ci est en effet violent physiquement avec vous, et se montre aussi violent envers votre petite fille (hurle devant elle, lui donne des fessées ou des « petites tapes derrière la tête »). Il tente ensuite de « se faire pardonner avec un bisou ».
La violence dont vous êtes victime est grave, il est important d’en sortir en brisant la spirale de la violence. La violence subie dans le couple peut avoir des effets destructeurs sur l’estime de soi, si bien que la violence semble presque normale et inévitable. La violence conjugale a aussi un impact lourd sur les enfants. Nous comprenons que vous en ayez assez de cette situation et que vous vous interrogiez sur ce que vous devez faire.
Vous nous demandez si vous devez quitter votre conjoint ou lui demander de se faire suivre. Nous ne pouvons malheureusement pas répondre à cette question à votre place. Cependant, nous pouvons vous proposer quelques pistes pour vous accompagner dans votre réflexion. Dans votre message, vous ne nous parlez presque pas de vos émotions, un peu comme si vous nous rapportiez la situation en spectatrice. Nous faisons l’hypothèse qu’ayant déjà souvent été confrontée à de la violence par le passé (avec votre ex-mari et peut-être aussi avec votre mère à l’adolescence), vous avez appris à prendre une certaine distance avec vos émotions. Cela va peut-être dans le sens de ce que vous nous dites quand vous écrivez que vous avez été habituée à « prendre sur vous ». Nous imaginons que cette attitude est sans doute pour vous un moyen de vous protéger. Cependant, pour pouvoir trouver les réponses à vos questions, il est important que vous soyez attentive à vos émotions pour pouvoir définir au mieux vos besoins. Voici quelques pistes que vous pourriez explorer : Comment cette situation de violence vous affecte-elle ? Quel impact a-t-elle sur vous ? Qu’est-ce qui serait le mieux pour vous ? Nous pensons qu’approfondir ces questions pourra vous permettre d’avancer et d’agir pour votre bien et celui de vos enfants.
Mener une telle réflexion sur soi n’est souvent pas facile et peut nécessiter le soutien d’autrui. Etre accompagnée par des professionnel-le-s dans ce cheminement est un appui précieux. Le centre de consultation LAVI de votre canton fournit une aide et des conseils aux victimes, il peut aussi vous aiguiller vers d’autres professionnel-le-s capables de vous suivre dans vos démarches (avocat-e-s ou psychologues).
Nous espérons avoir pu répondre à votre demande et nous vous souhaitons le meilleur pour la suite. N’hésitez pas à nous réécrire si des doutes persistent ou simplement pour nous donner de vos nouvelles.
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