Bonjour, je vous avais écrit il y a quelques mois, et je reviens car la situation compliquée avec mon mari n'a pas changée. Je ne suis toujours pas sûre d'être sur le bon site (j'ai du mal à voir en moi une victime, je pense que d'une manière ou d'une autre, je provoque mon mari, et que je ne suis pas une bonne épouse- je râle, et suis fatiguée derniérement, ca enerverait n'importe qui), mais décharger ici fait du bien. Mon mari continue à avoir des crises, qui se traduisent la plupart du temps par un mutisme sélectif: il m'ignore, ne me parle pas, ne me regarde pas, mais se comporte normalement avec les autres. Suite à un épisode trés dur de mutisme (plusieurs semaines sans me parler), nous avons pu discuter un peu. Il en ressort qu'il veut du temps pour faire ses choses sans moi, et que je suis laide et ennuyante. Le temps a passé, tout allait plus ou moins bien. Les séances avec la psy (pourtant j'ai toujours pas abordé la question de la violence avec elle) me font du bien. Mais depuis quelques jours tout se redégrade. Devant son silence, je feins l'indifférence, et continue à vaquer à mes occupations, je prépare ses repas, demande comment sa journée de boulot s'est passée... comme il a vu que son mutisme n'avait plus d'emprise, il a recommencé les insultes "tu es une merde" "tu as une tête de bite" "tu me fais pas confiance, tu ne fais confiance que à tes parents et j'aime pas ca" "tout est de ta faute, tu es trop exigeante, je peux pas te donner plus" "tout est de ta faute" "tu es une épouse de merde"... Je ne fais jamais bien les choses. Soit je le délaisse, soit je l'étouffe... Depuis plusieurs semaines j'ai des maux de ventre terribles (je crois que je somatise)... j'ai donc refusé ses avances, et cela ne lui a pas plu. Il a fait la gueule plusieurs jours. Maintenant, il m'accuse de faire exprés de ronfler pour l'empêcher de dormir, et met l'oreiller entre nous pour tracer une frontière à ne pas franchir, gueule si mon pied par accident effleure le sien... Maintenant il veut que j'arrête de travailler, parce que cela "me fatigue" et n'est pas bon pour le couple. Et c'est hors de question. Un ami au courant de la situation me dit que c'est de la violence et que je dois partir. Mais j'ai encore des sentiments, même si j'enviseage de plus en plus de rentrer dans mon pays, de le quitter. Mais j'ai peur de sa réaction, de me précipiter et de le regretter, de me reprocher de ne pas avoir tout essayé. Comment l'amener à comprendre que nous sommes tous les 2 responsables de la situation et que tout n'est pas de ma faute. Comment lui faire comprendre que son comportement est destructeur, et que j'ai parfois peur de rentrer à la maison... Y-a-t-il un espoir? J'ai un peu la mort dans l'âme quand je pense à la séparation. Et une boule dans le ventre en permanence.
Bonjour,
Avant tout, nous nous excusons pour le retard. Nous avons reçu beaucoup de questions récemment et notre délai de réponse a donc été rallongé.
Vous nous réécrivez car la situation avec votre mari n’a pas évolué, il vous traite toujours aussi mal mais vous pensez que vous provoquez sans doute ces comportements. Vous ne savez pas quoi faire pour améliorer les choses.
Vous nous décrivez dans votre message plusieurs exemples de comportements de votre mari. Pour nous cela ne fait aucun doute, il s’agit bel et bien de violence à votre égard. Cette violence est surtout psychologique (il vous insulte, il vous ignore pendant des heures, il vous rend coupable de tous les problèmes et il veut vous contrôler en vous empêchant de travailler), mais aussi sexuelle (il vous harcèle de « ses avances » et se venge si vous refusez). Non seulement votre mari est violent envers vous, mais il réalise tout à fait que cette violence n’est pas acceptable puisqu’il agit normalement devant d’autres personnes. Si vous ne deviez retenir qu’une chose de notre réponse, ce serait cela : la violence est inacceptable, et rien de ce que vous faites n’est en cause dans cette situation. Vous dites que vous provoquez votre mari en « râlant » et en étant fatiguée (comportements qui arrivent pourtant à tout le monde), mais absolument rien n’excuse la violence. Votre mari a tout à fait le droit d’être en colère contre vous pour une raison ou une autre, mais il n’a pas le droit de réagir en étant violent ! C’est pourtant le choix que fait votre mari, plutôt que de discuter avec vous de ce qui ne va pas il préfère vous insulter. Comme vous le dites vous-même, il cherche par ce comportement à avoir une emprise sur vous, et si une technique ne marche pas il passe à une autre méthode jusqu’à réussir à vous blesser.
Vous n’êtes pas « une victime », votre mari a des comportements violents. Cela ne veut pas dire que vous soyez faible, mais cela signifie que votre mari fait le choix de ne pas vous respecter. Il est bénéfique face à la violence de pouvoir comme vous le dites se « décharger ». Vous avez apparemment mis un ami au courant, mais un-e professionnel-le pourrait vous aider davantage. Pourquoi ne pas vous confier à votre psy ? Qu’est-ce qui vous retient de lui en parler (sans utiliser nécessairement le mot « violence » si cela vous met mal à l’aise) ?
Vous avez remarqué que la situation ne change pas, et c’est effectivement presque toujours le cas avec la violence. La violence ne peut pas s’arrêter si rien n’est entrepris, au contraire elle augmente même le plus souvent avec le temps (avec le risque que les insultes deviennent des coups à l’avenir). Vous n’êtes pas coupable de la violence que vous subissez, mais vous êtes responsable d’assurer votre bien-être puisque votre mari le met en danger. Un auteur de violence peut changer uniquement s’il se remet en question et reconnaît qu’il est responsable de sa violence, ce qui semble loin d’être le cas pour votre mari. Vous dites n’êtes pas prête à le quitter, mais vous commencez pourtant à l’envisager ce qui montre bien que la situation devient intolérable. Deux choses se mettent en travers de ce projet : vos sentiments pour lui (et la peur de regretter cette décision par la suite) et la peur de sa réaction. Il est vrai que partir (sans nécessairement changer de pays) est douloureux, d’autant plus quand il y a toujours des sentiments. Toutefois, cela pourrait être votre meilleure chance pour vous protéger, à la fois pour votre bien-être et votre santé qui se détériore. Pour ce qui est de sa réaction, il y a parfois une augmentation de la violence lors de la séparation, mais c’est un risque que vous prenez également si vous restez. Il est important dans tous les cas d’assurer votre sécurité. Vous trouverez plusieurs conseils pouvant vous être utile sur ce lien. Il existe également dans la plupart des pays des associations pouvant vous aider face à cette situation difficile, aussi bien en vous écoutant qu’en vous proposant une aide concrète. Votre psy ou médecin de famille saura certainement vous orienter vers ces associations si vous le souhaitez.
N’hésitez pas à nous recontacter quand vous aurez reçu notre réponse, nous sommes là pour vous aider. Nos pensées sont avec vous.
Madame, Il doit être passablement difficile, après avoir partagé autant de temps avec une personne vous ayant fait subir autant...
Bonjour, C'est vrai, votre récit (voir aussi vos précédents messages) fait vraiment penser à une galère ! Et nous pouvons...
Bonjour Lamache, En te lisant, nous imaginons bien à quel point cette situation doit être difficile à vivre, et nous...